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  Sommaire - DVD -  G - L -  La Mouche (The Fly) - Edition Blu-ray (France)
"La Mouche (The Fly) - Edition Blu-ray (France) "
de David Cronenberg
 


Avec Jeff Goldblum, Geena Davis, John Getz
FPE Vidéo

Et voici un nouveau « vieux » best-seller de chez Fox qui a les honneurs d’une édition Blu-ray. Avant d’aller plus loin, et par rapport à ce qu’on pensait encore il y a quelques semaines (au moment de la chronique de « Commando »), le film est encodé en Mpeg 4, une double couche qui permet au film datant quand même de 1986 de posséder une fort belle image, pas renversante et magnifique comme celle de « From hell » (chroniqué aussi plus loin, cherchez bien...), mais qui constitue à ce jour et en comparaison avec la dernière copie DVD un plus sur le plan visuel. Les gommages de l’âge ne sont pas là, mais la précision et les contrastes sont bien plus présents. Donc, déjà, de ce côté-là, et pour un tel chef-d’œuvre, l’édition Blu-ray vaut le coup. Reste les bonus, on y revient dès le flash-back sur ce chef-d’œuvre terminé...
Seth Brundle est un scientifique de génie, consacrant son existence à ses travaux. Il révèle à la journaliste Veronica Quaife, Ronnie pour les intimes, la nature de ses dernières expériences : la téléportation. D’abord sceptique, Ronnie est convaincue quand Seth le lui démontre avec un collant. Mais en ce qui concerne les êtres vivants, le résultat ne marche pas encore. Pourtant, Ronnie accepte de ne rien divulguer dans son magazine sur ce que fait Seth en échange d’un livre qui suit ses progrès pas à pas. Ils deviennent amants et un matin, Seth comprend où est son erreur (comme quoi, deux petits coups et ça repart... Humour !) et le vérifie. Mais suite à un problème professionnel, Ronnie part. Croyant à une infidélité, Seth teste la téléportation sur lui... Et une mouche, qui s’est glissée par accident dans la machine. Le résultat se découvre quelques jours plus tard : la mutation homme-mouche s’opère, altérant les fonctions cérébrales de Seth, le dégénérant jusqu’à ce qu’il devienne un monstre.
Love-story maudite et magnifique pour les uns, histoire d’amour et surtout de mort, réflexion sur le vieillissement, la maladie, on peut trouver tout ça dans « La mouche », film de studio de Cronenberg alors coincé financièrement qui accepta le projet après l’avoir retravaillé (de son aveu, la première mouture était un remake basique du film original, sans réflexion aucune sur ce qui pouvait crédibiliser encore plus cette histoire et du coup, la rendre plus ambitieuse) et avoir imposé Jeff Goldblum en lieu et place de Pierce Brosnan souhaité par le producteur Mel Brooks. Ce même Goldblum qui suggéra Geena Davis, alors sa petite amie, pour incarner Ronnie, ce qui accentue certainement pas mal l’émotion de certaines scènes. Et de tous ces éléments, David Cronenberg en fit certes un pur film de studio mais qui lui appartient bel et bien, où on retrouve complètement certaines de ses obsessions, mises en images dans un style très clinique, froid, qui lui est propre. Pour lui, il s’agit du deuxième volet d’une trilogie commencée avec le magnifique « Dead zone » et terminée avec ce chef-d’œuvre qu’est « Faux-semblants ». Chacun de ses trois films gagnant un prix lors du défunt Festival d’Avoriaz, à savoir dans l’ordre, celui de la critique, du Jury et enfin le Grand Prix. Revoir « La Mouche » aujourd’hui permet de constater que le film n’a rien perdu de sa puissance, malgré « l’âge » des appareils informatiques de l’époque (qu’est-ce que ça vieillit vite, ces ustensiles !) : choquant, terrifiant, horrible et émouvant jusqu’aux larmes. Les ingrédients d’un chef-d’œuvre qui donnèrent enfin à David Cronenberg le statut de grand cinéaste que peu lui reconnaissaient encore. Bon, par contre, hein, son choix de la Palme d’Or quand il fut président à Cannes, ... Quant à cette édition Blu-ray, techniquement, tout est dit en début de cette chronique. Question bonus, hé bien c’est quasiment tout ce qui était sur l’édition DVD Prestige ! Pas belle la vie ? Donc, vous aurez le long making-of « Fear of the flesh » où tout est disséqué depuis les prémices du projet jusqu’à sa concrétisation finale (les problèmes, les réécritures, le désistement du réalisateur envisagé pour une raison que j’avais oublié, toujours aussi dure à entendre, etc...), les scènes coupées dont l’autre fin, le musée des horreurs où on visite l’antre d’un collectionneur de cinéma chez qui le maquilleur Chris Walas a laissé tous ses moulages initiaux. On a aussi droit à un jeu très PS3 avec une mouche qui se balade sur l’écran qu’on doit zigouiller, bon ça, c’est du pur ludisme. Mais bon, comme on le voit, avec une copie améliorée par rapport à la précédente et des bonus qui prolongent d’à peu près trois heures le plaisir de se « replonger » dans une telle œuvre, « La mouche » en Blu-ray constitue une excellente surprise au final. Pas parfaite, mais excellente au vu d’autres...

Film : 10/10.
Blu-ray : copie excellente, image 1080p Haute Définition 16x9 1.85 :1 - Bonus : 10/10 : scènes coupées - commentaires audio de D. Cronenberg - sélection des scènes préférées - making-of : « Fear of the flesh » - visite au « Museum d’histoire naturelle Brundle » - bandes-annonces.

St. THIELLEMENT



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