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"Code source"
de
William Gibson

Editeur :
Au diable Vauvert
 

"Code source"
de William Gibson



Hollis Henry, chanteuse de rock dans les années 90, est aujourd’hui journaliste free lance. Elle vient d’accepter de se rendre à Los Angeles pour signer un reportage sur le locative art, une forme d’art virtuel, pour Node un magazine branché en cours de création.
Ce qui aurait pu être un simple travail alimentaire comme un autre sera en fait pour Hollis une plongée dans un monde trouble où tout semble irréel à commencer par le magazine où elle travaille, dirigée par l’énigmatique Hubertus Bigend, propriétaire milliardaire de la compagnie marketing Blue Ant. Que cherche Bigent ? A mettre la main sur un container au contenu mystérieux ? Quel rapport avec le locative art ? La clé se trouve peut-être du côté de Chombo, personnage paranoïaque, ancien ingénieur en systèmes de guidage devenu « producteur » de cyber artistes.
Pendant ce temps, à New York, des pirates asiatico-sovietico-cubains (ou quelque chose comme ça), passés maîtres en dissimulation et contrefaçon, semblent sur le point d’accomplir une mission des plus délicates. Mais ils sont étroitement surveillés par un personnage qui pourrait être (ou pas) un agent des services secrets américains.
La publication d’un nouveau roman de William Gibson est toujours un événement. On ne peut ignorer en effet les livres d’un auteur aussi emblématique qui a créé un choc en 1984 avec la publication de son premier roman Neuromancien.
Aujourd’hui William Gibson continue de s’intéresser à l’impact des nouvelles technologies sur nos vies, mais au lieu de les conjuguer au futur, il s’intéresse au présent. Reste que le présent de Gibson a des airs de futur. Si le locative art, qui s’appuie sur des techniques de localisation comme le wifi et le GPS, est un concept qui date des années 90, il reste aujourd’hui à ses balbutiements et s’inscrit encore dans notre futur.
Toutes les nouvelles technologies de notre temps traversent le roman : dans Code Source on échange des données confidentielles, codées puis stockées sur des IPod, on écoute de la musique sur son Nano, on branche son Powerbook sur le Wifi, on se repère et l’on suit les autres grâce au GPS, on laisse toujours allumé son téléphone portable, et quand on cherche une information, on va sur Google ou Wikipedia. Dans un siècle, ou peut-être moins, les lecteurs devront se farcir un sacré nombre de notes bas de page pour comprendre quelque chose !
Entre thriller, roman d’espionnage ou catalogue des nouvelles technologies à la mode, William Gibson a parfois du mal à choisir. Mais il aime brouiller les pistes, et son livre pourtant conjugué au présent finit bien par ressembler à un livre de SF. Un livre de SF sur notre présent.
Code source n’est pas toujours d’une lecture facile, notamment parce que l’on suit l’action à travers trois points de vue. De plus, la partie thriller est assez faiblarde. Ce n’est de toute évidence pas le meilleur Gibson, et il a autant de chance de vous fasciner que de vous agacer. Reste que sa façon de traiter notre présent est intéressante par cette volonté de créer un portrait naturaliste de ce début de XXIe siècle.

Nicolas Botti

Code Source, William Gibson, traduction Alain Smissi, Au diable Vauvert, 504 pages, 22 euros.

Une autre chronique de ce livre est disponible dans le numéro 57 de sfmag vendu en kiosques du 20 avril au 20 juin 2008 et ensuite en PDF sur ce site dans la rubrique "e-books".
Dans ce même numéro de sfmag est disponible une interview exclusive de William Gibson par Nicolas Botti et Jean Michel Armand.






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