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  Sommaire - DVD -  M - R -  Pathfinder - Edition Blu-ray (France)
"Pathfinder - Edition Blu-ray (France) "
de Marcus Nispel
 


Avec Karl Urban, Clancy Brown, Russell Means, Moon Bloodgood.
FPE Vidéo

On voulait l’aimer ce film, l’adorer même. Imaginez un peu : une affiche à la Frazetta, des vikings, des indiens, le tout filmé en décors naturels dans les coins les plus sauvages (et froids, et je le confirme, parfois, il y fait très froid !) de la Colombie Britannique, bref « Pathfinder » était attendu comme le « Conan le barbare » de l’année, le nouveau « Treizième guerrier ». Lequel est toujours indétrônable en première place du panthéon du genre, plus que « Conan le barbare » qui, je ne le pensais pas lors de sa sortie, a quand même pris un petit coup de vieux. Hé ben non, « Pathfinder » est loin derrière ces deux références (dont un chef-d’œuvre). Ce n’est pas pourri non plus, loin s’en faut, mais le film pêche par un scénario très moyen, et aussi par manque de puissance brute et sauvage sacrifiée au profit d’images certes par moments splendides mais vides aussi... Ce qui en fait un curieux objet : on aimerait détester « Pathfinder », ne pas le garder et pourtant, il risque de trôner dans une DVDthèque, ou plus exactement dans le cas présent, une Blu-raythèque, pour être revu un de ces jours. Il y a des films comme ça...
A l’époque où l’Amérique n’était peuplée que d’Indiens, des vikings accostèrent les côtes les plus au Nord. C’est là que fut recueilli un enfant, baptisé Ghost, par une squaw qui tomba par hasard sur la carcasse d’un drakkar échoué. Quelques années plus tard, une nouvelle expédition de vikings revient, pillant, tuant et détruisant tout ce qui se trouve sur leur chemin. Le village de Ghost est rasé, celle qui lui était promise enlevée. Ghost part à sa recherche, et rencontrera son ancien peuple. S’il vient avec les vikings, il vivra ; s’il les combat, il mourra. Mais l’ultime survie peut transformer un homme issu de deux mondes différents en le plus redoutable des guerriers ayants jamais existés.
Ça en jette, hein ! Enfin, sur le papier, sur l’écran, c’est moins ça. Première remarque sur « Pathfinder » dès que la traque commence : c’est « Rambo » chez les vikings. Le premier, celui se passant sur le sol américain, où il par se cacher dans la forê, coursé par le shérif et ses hommes. Pourtant, derrière la caméra, il y a Marcus Nispel, jeune cinéaste allemand ayant pas mal œuvré dans la publicité, qui a failli signer « La fin des temps » avec Schwarzy avant que ce dernier ne le dégage pour « différents artistiques » et ne le remplace par le très standard Peter Hyams. Nispel qui signa le remake de « Massacre à la tronçonneuse » et le pilote bien barge et détesté de beaucoup (sauf l’auteur de ces lignes), « Frankenstein », série TV qui ne vit jamais de suite à cette excellente variation du roman de Mary Shelley. Et Nispel est un dingue, un malade qui n’hésite pas à faire tourner plus de dix fois une scène où un acteur doit prendre le canon d’un flingue dans la bouche et qui dégueule à chaque contact du métal avec sa langue (« Massacre à la tronçonneuse »), un dingue virtuose qui créé des plans magnifiques et qui a une folie qui transparait bien à l’image. Comme on peut parfois le voir dans « Pathfinder », sauf que là, il a oublié de donner de la rage et de la hargne à sa mise en scène pour coller parfaitement au sujet. Si l’esthétisme est au rendez-vous, son aspect trop léché détonne trop dans cette histoire. Mais même ça n’aurait pu sauver le film, plombé par un scénario parfois ridicule (les vikings à la queue leu-leu à la fin, le long d’une crête de montagne : quel en est l’intérêt ?), des idées trop fortes (avec leurs casques et leurs harnachements, les vikings sont vraiment trop méconnaissables), une tête d’affiche qui ne convainc jamais (Karl Urban, découvert dans un chouette petit film horrifique australien, « Face aux démons », plus connu pour « Le seigneur des anneaux » et surtout pour son rôle de tueur russe dans « La mort dans la peau ») ! Soit un ensemble de choses qui annihile toute la puissance qu’on était en droit d’attendre d’une telle pelloche avec un Nispel aux commandes. Mais parfois, c’est magnifique, et rien que pour ça, ces quelques moments de grâce où on a vraiment l »impression d’être quelques siècles en arrière, « Pathfinder » gagner ses quelques galons. Et l’image du Blu-ray sert à merveille cette impression : les séquences sous le brouillard avec la beauté des paysages canadiens (la Colombie Britannique est à l’Ouest, juste au dessus des States) sont simplement sublimes. Certains passages sont moins détaillés, mais Nispel dans son commentaire audio le justifie donc, rien à dire. Question bonus, des scènes coupées sans intérêt, et quelques petits documentaires sur le tournage, permettent de saisir que tout ce tournage ne fut pas une partie de plaisir, loin de là même si on se réfère aux blogs sur le Net s’y rattachant. Et voilà, mais bon, rien que pour l’image et ses séquences « Frazettiennes », ce Blu-ray de « Pathfinder » (également disponible en DVD avec les mêmes bonus) mérite bien sa petite place dans la Blu-raythèque. On ne peut pas le détester, mais on sait qu’on le reverra, et surtout, on regrettera qu’il n’ait pas été aussi loin qu’on l’espérait. Si, c’était faisable, mais en d’autres mains, et plus de moyens...

Film : 6/10
Blu-ray : copie magnifique, image Haute Définition 16x9 2.35:1 - Bonus : 7/10 : commentaire audio de Marcus Nispel, scènes coupées, modules de petits documentaires, bande-annonce.

St. THIELLEMENT



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