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  Sommaire - DVD -  A - F -  Blade runner : the final cut - Edition HD-DVD (France) Ridley Scott
"Blade runner : the final cut - Edition HD-DVD (France) Ridley Scott"
de
 

Blade runner : the final cut - Edition HD-DVD (France) Ridley Scott
Avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Daryl Hannah, Joanna Cassidy, Brion James
Warner Home Vidéo

On l’attendait celui-là, mais alors à un point. Qu’on n’y croyait plus. Bon, avant d’aller plus loin, quelques petites précisions : l’édition chroniquée ici est la HD-DVD, similaire à la Blu-ray. Il s’agit de la « Final cut » du film, celle dont Sir Ridley confirme être le plus satisfait, comme il le dit dans le prologue. Il a remastérisé le film, rajouté des petites choses (et franchement à force de le voir, je ne sais plus ce qui y était au départ !) et livre donc en HD-DVD ce qui peut se considérer à fort juste titre comme étant la plus belle version du film jamais vue. Je confirme à 200%. Maintenant, cette édition double disque existe aussi en DVD normal, et il y a aussi le top du top pour les adorateurs extrêmes du film, un DVD Collector comprenant toutes les versions du film (faut en vouloir quand même, se retaper le film avec quatre ou cinq plans différents ! Mais bon, quand on aime...), tous les bonus déjà faits et bien entendu, comme les éditions simples, dont cette HD-DVD, l’ultime making-of, monstrueux, qui dure plus de trois heures, passionnant, avec des interviews de tout le monde, qui permet de revenir sur ce tournage, de constater que « Blade runner » fut créé dans la souffrance avec les tripes de tout un chacun, des coups de gueule, des périodes de déprime, des conditions qui n’existent quasiment plus aujourd’hui vu comment un film est produit (machine à sous de producteurs surpuissants !). On va y revenir, mais sachez-le : en soi, c’est déjà une édition énorme, vraiment ultime, et (re)découvrir le film dans une si somptueuse copie HD, c’est définitivement parfait. « Blade runner », le film maudit qui n’en finissait pas de ressusciter, jusqu’à aujourd’hui. Un véritable phénomène dans l’histoire du Septième Art, qui prit vingt-cinq ans pour en arriver enfin à être le chef-d’œuvre total et absolu reconnu par tous.
Le futur (il y a vingt-cinq ans, pourquoi pas ; aujourd’hui, la date de 2029, c’est presque demain et franchement, il y a de grandes chances que ce soit quasiment pareil... Voire pire en certains points), des robots similaires aux hommes répondant aux noms de « répliquants », un flic qui traque ceux qui « dévient », un flic comme Deckard, le meilleur des « blade runner ». N’exerçant plus, une dernière mission lui est octroyée : éliminer cinq répliquants qui veulent tuer leur créateur. Parti en chasse, Deckard va tomber sous le charme d’une jeune femme qui semblerait être une répliquante, et découvrir au fur et à mesure que ces créatures ont pris de l’espèce humaine plus que la simple apparence physique.
Adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick, « Blade runner » fut dès le départ une œuvre de souffrance tant dans sa création que dans les critiques parfois virulentes lancées à son égard par pas mal d’ignares (la pire : « c’est K. Dick qu’on assassine ! ». Le même K. Dick demanda après la première vision à revoir le film tant il s’émerveillait de voir ainsi son univers recréé avec autant de réalisme !). Bon, tout ceci, vous le découvrirez au long des trois heures du making-of démentiel (entendre les uns et les autres régler un peu leurs comptes, c’est croquignolent !) baptisé « Des temps difficiles » (« Dangerous days » en v.o.) où tout commence par le scénariste Hampton Fancher qui débuta le script, ne fit plus rien d’autre par la suite, revint souvent sur le film lors de documentaires, ne cachant pas sa haine du produit final dans certaines de ses séquences pour au final être bien content que ça lui rapporte toujours un peu... Ensuite, on découvre un Ridley Scott déjà bien déterminé dans ses idées et qui ne laisserait rien ni personne lui dicter le film qu’il devait faire. « Vous êtes avec moi, tant mieux ; vous êtes contre moi, tant pis pour vous ! ». Et tout y passe, les réécritures du scénario par David Webb Peoples, les rancœurs de Fancher, les choix du casting (et l’importance finale de Rutger Hauer pour le rôle de Roy, qui agrémenta son personnage de plein d’idées personnelles qui en firent ce qu’il devint), les souvenirs des coups de gueule et autres tensions qui amenèrent les « yankees » à mépriser les « rosbeefs », les révélations sur les effets spéciaux toujours aussi impressionnants (à part les voitures quand elles sont au sol, seul signe de l’âge du film...), les réactions envers le film terminé, les compromis, les nouvelles versions, etc. OK, vous avez (re)vu le film, vous venez enfin de finir le making-of, et vous savez quoi ? Vous vous surprenez à vous dire que dans peu de temps, vous le reverrez ! Il n’y a pas à dire, vingt-cinq ans après, trois heures de révélations plus tard, « Blade runner » est encore plus fascinant qu’avant, le chef-d’œuvre total de Science-Fiction incompris au début, reconsidéré ensuite, et finalement définitivement vénéré. C’est tout. Un monument du Septième Art, voilà ce qu’est « Blade Runner ».

Film : 10/10
HD-DVD : copie excellente, image 1080p Haute Définition 16x9 1.85 :1 - Bonus : 10/10 : documentaire : « Des temps difficiles » : le making-of de « Blade Runner » en trois heures.

St. THIELLEMENT



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