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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  The Twins Effect 1 et 2

"The Twins Effect 1 et 2" de Dante Lam & Donnie Yen - Patrick Leung & Corey Yuen


The Twins Effect

Titre : Chin gei bin
ou : The Vampire Effect
Réalisateur : Dante Lam & Donnie Yen
Interprètes : Ekin Cheng
Charlene Choi
Gillian Chung
Jackie Chan
Anthont Wong
Edison Chen
Karen Mok

Année : 2003
Genre : Fantastique / Action / Comédie / Horreur
Pays : Hong Kong

VERDICT : 6/10

Résumé :
Reeves, un chasseur de vampire, perd sa copine lors d’un combat contre un vampire. Il entraîne une nouvelle recrue, Gypsy, alors que la soeur de celle-ci, Helen, tombe amoureuse d’un Seigneur Vampire. Mais ce Seigneur est un "bon vampire", traqué par un mauvais qui désire découvrir la Bible des Vampires et pouvoir se déplacer au grand jour.
Critique :
THE TWINS EFFECT a plutôt mauvaise réputation auprès des fans de cinéma asiatique mais, objectivement, il mérite mieux que son statut de pop-corn movie débile. Le cocktail, loin d’être parfait, parvient pourtant à son objectif : celui de distraire durant une heure et demie sans jamais ennuyer le spectateur.
En dépit de transitions poussives et de changements de tons mal négocié (l’ensemble navigue au gré des genres et tente de ressusciter la formule gagnante des Ghost Kung Fu Comedy d’antan), THE TWINS EFFECT joue la carte de l’action, des effets spéciaux, du kung fu câblé, de la romance gnan gnan, du comique lourdingue et du fantastique mâtiné d’une pointe d’horreur grand public. L’ensemble lorgne souvent vers BUFFY, MATRIX, BLADE 2, JOHN CARPENTER’s VAMPIRES et autres succès internationaux récents tout en restant ancré dans la culture chinoise en s’inspirant également des années 80. Bref, une tatouille un peu opportuniste et pas toujours bien mitonnée mais à coup sûr bourrative et goûtue, au risque de laisser au palais un arrière-goût un peu aigre-doux.
Pour ce qui est des combats, ils sont assez agréables même si, évidemment, les acteurs choisis ne sont pas des spécialistes ’es arts martiaux. D’où des chorégraphies de bonnes tenues (Donnie Yen oblige !) mais qui sacrifient beaucoup aux câbles, trucs de montage et autres trucages divers pour parvenir à épater la galerie. D’où, aussi, une mise en scène sur-découpée qui utilise également une musique "pulsante" pour maintenir l’intérêt. Avec plus ou moins d’efficacité, d’ailleurs, la bande-sonore n’étant pas franchement une réussite.
Dans la grande tradition du cinéma hong-kongais, THE TWINS EFFECT néglige hélas son scénario pour privilégier une certaine idée du divertissement : le cinéaste ne refuse jamais un gag, une baston ou un effet spectaculaire, même si ceux-ci sont inutiles à l’intrigue. Ou carrément sans lien avec l’histoire principale, comme en témoigne la longue séquence du milieu, un gros moment de comique balourd situé durant un mariage qui permet au producteur Jackie Chan de faire son numéro de pitre durant dix bonnes minutes. Mis à part ce bon vieux Jackie, le reste du casting est orienté djeuns avec les pop-stars locales, les Twins, qui démontrent un talent de comédienne inversement proportionnelle à leur beauté physique. Les demoiselles sont donc généralement assez crispantes mais leur jeu limité passe tout de même plutôt bien dans un film qui se prend assez peu au sérieux. En contrepartie, Ekin Cheng et Edison Chen apportent l’indispensable touche de séduction à destination du public féminin.
Quoique parfois un peu pataud, THE TWINS EFFECT s’avère agréable : dans l’ensemble, Dante Lam livre un boulot d’un très honnête niveau. Les effets spéciaux, eux, sont bien fichus, ce qui est déjà appréciable, Hong Kong commençant à rattraper son retard à ce niveau. Reste que le rythme n’est pas toujours maintenu, les différents éléments (action, romance, fantastique, kung-fu, scènes "ajoutées" pour faire plaisir à Jackie Chan, etc) produisant plus souvent un télescopage anarchique qu’un mélange harmonieux. Mais ce n’est pas si grave, tant le métrage se montre souvent généreux.
Finalement, THE TWINS EFFECT fonctionne plutôt bien dans le registre de l’action et de la comédie romantique, parfois profondément stupide il faut l’avouer. Malgré un scénario archi-éculé qui tombe souvent dans les pièges de la facilité, l’ensemble délivre suffisamment de bonne humeur et d’énergie pour permettre au spectateur de passer un bon moment. Et, par les temps qui court, un vrai divertissement, même imparfait, cela ne se refuse pas !
Donc, pourquoi pas ?
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THE TWINS EFFECT 2

Titre : Fa dou daai jin - Chin gei bin 2
ou : The Huadu Chronicles : Blade of the Rose
Réalisateur : Patrick Leung & Corey Yuen
Interprètes : Charlene Choi
Gillian Chung
Donnie Yen
Jackie Chan
Jaycee Chan
Edison Chen
Tony Leung Ka Fai
Daniel Wu
Année : 2004
Genre : Fantastique / Action / Comédie
Pays : Hong Kong
Suite :

VERDICT : 5/10

Résumé :
Deux jeunes filles et un homme destiné à devenir roi recherche la légendaire épée Excalibur dans le pays de Huadu, dominé par les femmes.
Critique :
THE TWINS EFFECT 2 n’entretient aucune relation avec le premier épisode, si ce n’est la présence de nos deux pop-stars ici embarquées dans une aventure fantaisiste fonctionnant sur l’humour, l’action, le kung fu et les nombreux éléments surnaturels.

Alors que TWIN EFFECT lorgnait souvent vers BLADE ou MATRIX en recyclant les recettes locales de la Ghost Kung Fu Comedy, cette fausse séquelle s’inspire manifestement du SEIGNEUR DES ANNEAUX et de gros succès de la décennie précédente comme STORMRIDERS.

Les Twins, cette fois aidé par Jaycee - "mon papa c’est Jackie" - Chan voyagent donc en compagnie de Donnie Yen dans le monde mythologique de Huadu et nous refont le coup classique de la quête dans un pays où l’amour est interdit et les hommes réduits en esclavage par une reine cruelle. Les deux beautés recherchent donc l’épée Excalibur (carrément !) afin de couronner roi Jaycee - "mon papa c’est Jackie, n’oubliez pas" - Chan.

Tous les éléments sont donc en place pour une grande aventure pleine de romance, de charme, de bruits et de fureur. Malheureusement, si les intentions sont louables, le résultat laisse dubitatif.
Les demoiselles reproduisent le schéma de leur précédent métrage, avec l’insupportable Charlene et la plus supportable Gillian, tandis que Jaycee - "mon papa c’est Jackie, je vous l’ai déjà dit" - Chan, dans son premier rôle et déjà catalogué "star", se révèle un acteur médiocre rapidement pénible. A croire que Jackie possède des dossiers secrets et a forcé les producteurs à engager son fiston tant celui-ci n’est ni charismatique, ni crédible, ni même doué pour les arts martiaux - un comble !

Pour compenser le peu d’expérience et de talent de ses vedettes autoproclamées, TWINS EFFECT 2 invite quelque guest prestigieux comme Daniel Wu, Donnie Yen, Jackie Chan et Tony Leung. Mais cela ne suffit pas vraiment à sauver les meubles, d’autant que le combat attendu entre Yen et Chan s’avère finalement bien décevant. La présence de Jackie est encore plus problématique que dans le premier TWIN EFFECT dans le sens où son rôle est totalement inutile et semble n’être là que pour attirer un peu plus de spectateur dans les salles.

Tout n’est pourtant pas négatif pour autant : la production est bien nantie et les décors et costumes s’avèrent souvent de bonne tenue, contrairement aux effets spéciaux, pas vraiment réussis. Les effets CGI ne fonctionnent vraiment pas mais possèdent pourtant un certain charme et sont parfois innovants ou spectaculaires. Reste que pour une production à gros budget de 2004, ce genre de bricolages paraît à la limite du foutage de gueule.

Les combats, chorégraphiés par Donnie Yen, sont, pour leur part, corrects mais déjà vus bien trop souvent. Rien de déshonorant mais rien de transcendant ni de mémorable n’ont plus, d’autant que le manque de compétences martiales des interprètes obligent à un montage et à des effets dénués du punch attendu.

L’humour possède ce côté résolument idiot, cru et stupide de beaucoup de comédies cantonaises et va parfois si loin dans l’outrance qu’il devient difficile de déterminer si le scénariste prend son histoire au sérieux ou si il souhaite simplement livrer une parodie bien grasse. Dans les deux cas, c’est assez raté de toutes façons.

En définitive, TWINS EFFECT 2 n’est pas si mauvais que beaucoup l’ont prétendu. Il s’agit simplement d’un divertissement bas de plafond, sorte de blockbuster pop-corn à destination des adolescents, proposant une heure et trente minutes relativement agréables mais sitôt vues, sitôt oubliées. Les actrices sont en tout cas hyper-jolies et elles prennent agréablement la pause, histoire de vendre quelques disques et posters supplémentaires.

Gros produit commercial puant l’opportunisme, TWINS EFFECT 2 se laisse donc voir d’un oeil distrait, sans être dupe des intentions de l’équipe : le fric à tout prix ! Mais, dans l’ensemble, c’est toujours plus divertissant que LEGEND OF ZU (aïe ! pas sur la tête !), non ? Si !

Fred Pizzoferrato



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