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  Sommaire - DVD -  M - R -  Mystery of the Wax Museum
"Mystery of the Wax Museum "
de Michael Curtiz

Avec Lionel Atwill, Fay Wray, Glenda Farrel, Frank McHugh
Année 1933
Pays USA
Genre Fantastique / Horreur
Editeur Warner
5 / 10

MYSTERY OF THE WAX MUSEUM est probablement le premier long métrage horrifique à avoir utilisé le décor d’un musée de cire pour générer l’effroi. C’est également un des premiers titres dont la publicité fut basée sur l’usage de la couleur. MYSTERY OF THE WAX MUSEUM fut, en effet, un des seuls films a utiliser un procédé Technicolor rudimentaire qui, en mélangeant le rouge et le vert donne un métrage en couleurs (même si la palette disponible est réduite). Il fut également considéré comme perdu durant des années et il fallut attendre les seventies pour que l’on en découvre une copie dans les archives de Jack Warner, permettant la réédition de MYSTERY OF THE WAX MUSEUM dans une copie correcte mais aux couleurs fortement atténuées.
L’intrigue débute au début des années 20, à Londres. Le sculpteur Ivan Igor (Lionel Atwill, déjà présent dans MURDERS IN THE ZOO, devint ensuite un acteur régulier pour les FRANKENSTEIN de la Universal puisqu’il apparut dans toute la saga à partir de SON OF FRANKENSTEIN même si ce fut toujours dans un rôle différent) reçoit la visite de deux personnalités qui sont rapidement conquis par la qualité des reproductions historiques présentées dans son musée de cire. Malheureusement, son associé Joe Worth n’est pas aussi impressionné, déçu que le sculpteur ne produise pas des œuvres plus porteuses commercialement comme Jack l’Eventreur ou Burke et Hare. La seule solution, selon lui, est d’escroquer l’assurance en mettant le feu au musée. Igor essaie bien évidemment d’empêcher les flammes de détruire son œuvre mais il finit inconscient...
12 ans se sont écoulés. Igor vit à présent à New York, pauvre homme brisé, brûlé et handicapé obligé de déléguer les travaux de sculpture à ses assistants en préparant la réouverture du musée. Mais la presse ne se préoccupe guère de cet événement car tous les journalistes couvrent le suicide d’une vedette nommée Joan Gale. Mais la police, de son côté, soupçonne la jeune femme d’avoir été assassinée par son petit ami, le riche George Winton. C’est exactement le genre de scoop que recherche Florence Dempsey, menacée d’être mises dehors par son patron si elle ne découvre pas rapidement une histoire croustillante. Or, notre miss reporter est convaincue de l’innocence du playboy, d’autant que le corps de la défunte vient d’être volé par un mystérieux personnage défiguré.
Pendant ce temps, Igor fait connaissance avec la petite amie d’un de ses employés, la très jolie Charlotte (Fay Wray, "la beauté qui tue la bête") laquelle n’est autre que la colocataire de notre reporter...
Le reste du métrage part un peu dans tous les sens et semble perpétuellement hésiter sur la direction a adopter, entre comédie, épouvante, romance et intrigue policière. De nombreuses séquences sont d’ailleurs plutôt ratées et laissent le spectateur dubitatif. La reporter demande ainsi, de but en blanc, à un flic "comment vas ta vie sexuelle ?" tandis qu’une longue séquence nous montre les forces de l’ordre aux prises avec un coffre supposé contenir un cadavre mais qui, en réalité, abrite des bouteilles d’alcool de contrebande que chacun s’empresse de partager.
Passons...
Aujourd’hui, MYSTERY OF THE WAX MUSEUM apparaîtra incontestablement comme daté. Pas au sens délicieusement suranné de nombreux titres des années 30, non, simplement daté...et pour être clair, il a atrocement mal vieilli.

Glenda Farrell surjoue de manière difficilement supportable et nous fait le coup de la journaliste indépendante et féministe avant l’heure, un véritable catalogue de clichés sur pattes au point que l’on se demande si tout cela n’est pas un minimum voulu. Malheureusement, cette auto-parodie, à l’image du film dans son ensemble, est certainement involontaire. Fay Wray s’en tire un peu mieux mais sa performance n’est pas franchement inventive. Reconnaissons qu’elle est plutôt mignonne et qu’elle sait très bien hurler...bref, Fay Wray est la première Scream Queen et 12 000 apprenties actrices s’étant fait poignarder seins nus dans des films d’horreur de troisième zone lui doivent (ou pas !) le respect.
L’intrigue, elle, n’avance pas vraiment, se contentant de patiner avant qu’une série de hasards ou de coïncidences ne mettent les protagonistes sur la voie de la vérité. Pour un récit policier, de telles pratiques semblent un peu honteuse mais MYSTERY OF THE WAX MUSEUM ne cherche jamais à élever le niveau et laisse beaucoup de questions sans réponse, comme par exemple la fuite du méchant Worth aux Etats-Unis, suivi par le sculpteur avide de vengeance qui veut néanmoins bâtir un musée de cire en utilisant des cadavres...pourquoi ? Comment ? sont des questions à ne pas poser...
Si le film est fort médiocre, quelques scènes en justifient pourtant la vision pour les fans de cinéma fantastique. L’ouverture, par exemple, use agréablement des couleurs et découvre un musée de cire photogénique à souhait. Dommage qu’il faille ensuite patienter près d’une heure pour retrouver des séquences d’une qualité similaire. La fin, heureusement, relève l’impression générale : le "démasquage" du sculpteur s’inspire évidemment du PHANTOM OF THE OPERA tourné quelques années plus tôt mais s’avère aussi efficace que bien amenée. Et l’incendie final détruisant le musée de cire bénéficie d’un soin particulier qui a hélas fait défaut au reste d’un métrage dans l’ensemble plutôt décevant et paresseux. La morale finale (la journaliste arriviste épouse son éditeur avec qui elle se prenait le bec depuis toujours et laisse en plan le jeune et beau millionnaire) est, pour ne rien arranger, aussi peu crédible qu’imbuvable.
MYSTERY OF THE WAX MUSEUM est un titre dont la réputation n’a cessé de grandir avec le temps : considéré comme perdu, il devint un "chef d’œuvre" disparu mais sa re-découverte, toute importante qu’elle soit d’un point de vue historique, montre surtout que le film a été fortement surestimé.
Loin d’être le classique que certains ont vanté, MYSTERY OF THE WAX MUSEUM ne parvient jamais à exploiter son concept : plombé par un mauvais script et des acteurs en roue libre, le tout a cependant le mérite d’être court (à peine 70 minutes) et, par conséquent, rarement ennuyeux. Mais sa vision doit en être réservée aux fanatiques acharnés de l’épouvante des années 30, qui sauront l’apprécier de la meilleure manière qui soit : avec un œil distancié et en comprenant l’importance historique de cette œuvre mineure.
Les autres se reporteront au remake avec Vincent Price ou, pourquoi pas, à la version 2005, beaucoup moins mauvaise que certains ont pu le prétendre.

Fred Pizzoferrato



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