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  Sommaire - DVD -  A - F -  Dead end - Edition zone 2 - Inédit
"Dead end - Edition zone 2 - Inédit "
de Jean-Baptiste Andrea & Fabrice Canepa
 

Avec Ray Wise, Lin Shaye, Alexandra Holden, Mick Cain, Amber Smith.
Studio Canal Vidéo

Enfin ! Enfin, « Dead end » sort, même si c’est directement en DVD. Bon, la bonne nouvelle, c’est qu’en plus de (re)voir cet excellent petit shocker horrifique fait par deux français qui eurent la chance incroyable de trouver un producteur (James Huth, qui signa aussi « Hellphone »... Ben oui, on ne peut pas gagner à tous les coups !) qui crut suffisamment en leur projet pour faire transformer le court-métrage initialement prévu en long-métrage. Avec l’aide d’une productrice américaine, le rêve se poursuivit puisqu’ils allèrent tourner en Californie ! Et le couronnement se fit dans les festivals, avec une première mondiale à Gérardmer en 2003 où le film repartit bredouille (bon, ce fut « Dark water » le grand gagnant, hein, pour une fois, pas d’injustice !) mais auréolé d’une bonne réaction publique et critique. Sauf que, les aléas de la vie étant ce qu’ils sont, la boite de distribution mit la clef sous la porte, les droits furent repris par Studio Canal, la sortie cinéma ne put jamais se faire à cause de ces fameux droits divers et variés, et au final, quatre ans plus tard, les deux compères ont pris chacun leur carrière en main, se séparant pour explorer des directions différentes, ne tournent plus ensemble (pour l’instant ?...), et Studio Canal sort enfin « Dead end » en DVD. Sous une jaquette qui ne rend pas la vie facile au film quant à sa carrière commerciale...
A quelques jours du réveillon de Noël, Frank Harrington (Ray Wise, le père vengeur de « Jeepers creepers 2 »), sa femme Laura, ses grands enfants Michael & Marion, et nouveauté de cette année, le copain de cette dernière, Brad, partent chez la mère de Laura. Par la même route. Sauf cette année, Frank a voulu prendre un raccourci. Sauf que ce raccourci n’en finit pas, indique un nom de ville qui n’existe pas, et Frank sent venir la fatigue à vitesse grand V. Et c’est alors qu’ils croisent sur la route une jeune femme, hagarde, tenant dans ses bras un nourrisson dans ses langes. Une rencontre étrange où la « dame en blanc » disparaît avant de réapparaître, où un mystérieux tueur assassine petit à petit chaque membre de la famille de la façon la plus effroyable qu’il soit, où ce petit voyage pour fêter Noël se transforme en long cauchemar dans la plus noire des nuits sans fin...
La réussite de ce petit film, c’est d’avoir su dévier l’horreur pure et dure vers l’humour au point de frôler la parodie. Pourtant, comme le disent les réalisateurs, au début, l’ensemble était bien plus sérieux. Mais au fur et à mesure des réécritures, de la mise en chantier du film, « Dead end » a su trouver sa voie et ce « road-movie by night » très huis clos glisse progressivement et intelligemment vers l’horreur et l’humour noir avec un résultat final parmi les meilleurs qui soient. En soi, ce premier film se révèle bien plus maîtrisé que d’autres, non exempt quand même de quelques menus défauts, mais cet apport humoristique hisse « Dead end » au niveau des meilleures petites réussites du genre (le gag de Laura, pétant un câble et dessinant son fils Michael, est à hurler de rire !), dans le groupe très fermé où on peut retrouver « Evil dead », « Bad taste » & « Braindead », « Night of the creeps », etc... On sent bien certaines limites (de budget, surtout) mais comme souvent, ces limites aident à donner le meilleur et quand en plus, on vit le rêve de tourner son premier film aux States directement, et qu’on aime le cinéma, l’œuvre obtenue ne sera pas un « Cabin fever » ou, pire, un « Ils » de plus, mais bel et bien une excellente petite surprise, voir un futur petit film culte, si, si. Donc, malgré ses réelles qualités, « Dead end » sort directement en DVD mais créateurs et éditeurs ont pour une fois trouvé un même intérêt, et cette édition est bardée de bonus conséquents. On commencera par le making-of qui reprend la mise en place du film, son tournage, jusqu’à sa présentation à Gérardmer (et au premier rang des spectateurs, quelques journalistes spécialisés...). Pas de langue de bois dans l’ensemble, les propos rejoignant ceux des interviews isolées. Deux scènes coupées sont présentées, les seules du film selon les réalisateurs, et bon, elles sont en plus assez mineures donc peu de regrets. Voilà, si avec tout ça, vous hésitez encore à vous procurer « Dead end », ce ne peut être que la faute à la jaquette du DVD, pas gégène quand même. Autrement, dites vous que ce petit film est un indispensable à toute bonne DVDthèque vouée au genre, là où ne trouvera jamais un « Ils » par exemple, mais aux côtés d’autres œuvres comme celles citées précédemment. A bon entendeur...

Note film : 8/10 (copie excellente, format respecté 1.85, image 16/9ème compatible 4/3)
DVD : 10/10 : making-of - interviews des réalisateurs & des producteurs - 2 scènes coupées commentées par les réalisateurs - commentaire audio des réalisateurs - bande-annonce.

Stéphane THIELLEMENT



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