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  Sommaire - BD -  Adam au Chromaland : T.1 - Le Musée de l’imaginaire

"Adam au Chromaland : T.1 - Le Musée de l’imaginaire " de Alex de Campi et Luigi Di Giammarino

Alex De Campi est sortie Major de l’Université de Princeton en Histoire de l’art. Après des années de journalisme, d’analyses bancaires, elle vient à l’écriture de BD avec « Smoke » (Delcourt), une série dessinée par Igor Kordey. Elle signe, pour Les Humanoïdes Associés « Messia Complex » et la présente série.

Luigi Di Giammarino a exploré tous les supports médiatiques où le dessin trouve sa place, depuis l’illustration, jusqu’au dessin animé en passant par la peinture et la BD. S’il a œuvré pendant de longues années pour des albums de BD d’horreur, puis érotiques, il a toujours souhaité explorer l’inconscient dans toutes ses formes et donner corps à ce monde impalpable.

Avec « Adam au Chromoland », les deux créateurs se retrouvent sur leur terrain de prédilection. Chromaland est le pays où sont compilés les imaginaires des hommes depuis le début de l’humanité. Le pays est dirigé par un empereur qui cherche à préserver ces trésors en veillant à ce que les idées ne s’égarent pas d’un imaginaire à l’autre. L’empereur, qui vieillit, a choisi Bianca,k sa fille, pour lui succéder. Mais son fils, Grisemine, en prend ombrage. Il enlève sa sœur et s’attaque à l’imaginaire, voulant faire de Chromaland un pays éteint, vide, une terre morte.
Le seul espoir réside dans un champion du monde réel, un humain capable de résister à la destruction de l’imagination. C’est le Hibou de Magritte et Zazie, la petite danseuse de Degas, qui doivent dégotter ce champion.
Adam a dix ans et de l’imagination à revendre. Poursuivi, pendant la visite scolaire du musée, par un camarade de classe qui veut le tabasser, il se cache dans une jarre et n’en ressort ...qu’après la fermeture.

« Le Musée de l’imaginaire » base son scénario sur une idée originale conjuguant les second, troisième et neuvième arts. L’introduction d’un monde imaginaire, appelant à son secours le monde des hommes, est attrayante. L’utilisation de sujets d’œuvres picturales et sculpturales, reconnues comme des chefs-d’œuvre, dans une histoire en les transformant en personnages agissant dans l’intrigue, a déjà été fait mais pas avec cette systématisation.

Passant avec intelligence d’un univers à l’autre, la scénariste nous fait suivre un parcours à la fois didactique et truculent, mouvementé et humoristique, réaliste et poétique. Le travail de liaison entre les œuvres des différents artistes est superbe. On ressent une totale maîtrise du sujet. Le décalage entre la personnalité et la fonction est source d’humour. Ainsi, « La Madone des cerises » de Titien, assure une garderie pour tous les enfants Jésus, que les Marie lui confient, en ayant à gérer des problèmes de couches...

Alex de Campi donne, en fin de volumes, les titres de toutes les œuvres qu’elle a utilisées au cours de son intrigue. Ainsi, on recommence une seconde lecture (et même une troisième) pour retrouver qui est où. On s’offre ainsi un moment agréable de découvertes des richesses artistiques.

Luigi Di Giammarino réalise une performance en intégrant dans la création de son propre univers graphique les sujets de tableaux et sculptures à qui, de plus, il « donne vie ». Pour la partie contemporaine, il fait un dessin très moderne, croquant des personnages à la coiffure et à la tenue vestimentaire très actuelles.

On ne peut passer sous silence le travail de Laura Martin, la coloriste, qui manie aussi bien des couleurs chatoyantes et gaies que des gris ternes et maussades à souhait.

« Le Musée de l’imaginaire » est un album intelligent et cultivé.

Serge Perraud

Adam au Chromaland : T.1 - Le Musée de l’imaginaire, scénario d’Alex de Campi, dessins de Luigi Di Giammarino, couleurs de laura martin, Les Humanoïdes Associés, août 2007, 48 pages, 12,90 €



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