SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No105
105
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Livres -  G - L -  Obsidio



"Obsidio"
de
Johan Heliot

Editeur :
Denoël (1 février 2003)
 

"Obsidio"
de Johan Heliot



9/10

Par quoi peut bien être motivé ce mystérieux tueur à la recherche de son propre passé ? Pourquoi Martin Adnot a-t-il l’impression de ne plus être ? Pourquoi les habitants de cette cité disparaissent-ils mystérieusement ?

On connaissait Johan Heliot pour ses textes de qualité dans un cadre Steampunk ou Uchronique. Le voici dans le giron des plus grands maîtres du fantastique et de la terreur. On peut toujours se méfier des quatrième de couverture toujours dithyram-biques comme celui-ci où Heliot est carrément présenté comme le Stephen King français.

Mais à la lecture d’Obsidio, le doute s’insinue dans les esprits. A l’aide de trois récits différents, et pourtant qui se rejoignent sur la terreur, Heliot démontre son talent à poser une atmosphère troublante et dérangeante. Par petites touches de quotidien, à l’aide d’un vocabulaire adap-té à chacun de ses protagonistes et d’un lexique finement choisi, il installe les bases du drame à venir.
Le premier récit est un polar avec des personnages sombres et dérangés, ne sachant plus où se trouve leur avenir, s’il existe encore d’ailleurs. Petit à petit, le fantastique se glisse dans l’action jusqu’au final grandiose avec bestiole à la Lovecraft et incarnation à la Masterton.

Le second récit est plus une petite nouvelle mêlant Science-fiction et fantastique où la chute est troublante.
Quant au dernier récit qui donne son titre au livre, c’est une pure merveille. Description d’une cité française dans toute sa splendeur avec un panel de personnages balayant tout le corps social. Puis l’événement étrange, lancinant, qui transforme nos personnages et les plonge dans une horreur sans nom, mesquine, mortelle.

C’est la peur au ventre que l’on tourne les pages, se délectant de l’écriture fluide, naturelle et de haute qualité d’Heliot. Finalement, tout est vrai : Johan Heliot compose en deux cents pages un roman d’horreur digne de Stephen King. Là où le maître de Bangor se fourvoie en longueurs agaçantes et éprouvantes, Heliot fascine et démontre un talent extraordinaire.

Suis-je trop dithyrambique ? Lisez Obsidio et vous tomberez dans le piège. Un piège si doux, si terrible...

Michaël Espinosa

Obsidio, Johan Heliot, Denoël (collection Lunes d’Encre), février 2003, 460 pages, 20 euros






Retour au sommaire