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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Une Grande année (A good Year) - Edition zone 2
"Une Grande année (A good Year) - Edition zone 2 "
de Ridley Scott
 

Avec Russell Crowe, Marion Cotillard, Didier Bourdon.
FPE Vidéo

L’association Ridley Scott - Russell Crowe, pour tout le monde, c’est « Gladiator ». L’annonce d’un nouveau projet mit donc l’eau à la bouche des fans de chacun. En plus, Ridley Scott n’ayant jamais signé de navet, (personnellement, je n’aime pas « 1492 Christophe Colomb » mais ce n’est pas nul), on part relativement tranquillement vers l’attente de ce nouveau film qui peut décontenancer un peu au vu de l’histoire. Et après avoir vu le film...
Max Skinner (Russel Crowe) est un yuppie britannique qui ne pense qu’à ses succès financiers. Un jur, il reçoit une lettre qui l’informe de l’héritage d’un domaine dans le Sud de la France, celui où il passait ses vacances avec son grand-père quand il était petit. Pour Max, une fois passé le souvenir de ces moments, c’est une affaire dont il veut vite se débarrasser. Il se rend donc dans le Vaucluse, près du Luberon, et redécouvre la bastide de son enfance. Souhaitant la vendre le plus rapidement possible, Max va cependant flâner un peu dans le passé, faire d’étonnantes rencontres comme celle du viticulteur Francis Duflot (Didier Bourdon) qui gère son vignoble, ou celle de la jolie Fanny (Marion Cotillard), qui fut celle qui lui donna son premier baiser. Et de tout ça, il va redécouvrir le plaisir de vivre et d’apprécier un bonheur bien plus riche que celui des finances londoniennes.
Le film s’est fait descendre par la critique à sa sortie. D’accord, ça ne taille pas dans la finesse, ne serait-ce qu’avec les noms des français (Fanny, M. Duflot), le personnage de Didier Bourdon viticulteur bougon qui parle très bien l’anglais ( !!!), et d’autres petits clichés. L’humour est du même niveau, avec au summum, une course en Smart digne d’un gag de Benny Hill. Pourtant, tout ça reste assez sincère. Dans le commentaire audio, Scott déclare son amour pour cette région dans laquelle il vit depuis quinze ans maintenant. La photo du film restitue parfaitement bien la Provence du Luberon, plus précisément vers Gordes, magnifique région voisinant avec le Roussillon (surnommé aussi le « petit Bryce Canyon » ), je confirme pour y avoir vécu quelques années. Et par les temps météorologiques du moment qui courent, hé ben, voir « Une grande année », malgré ses défauts évidents, peut charmer plus qu’on ne le pense. Par la simplicité de son histoire, de ses images, sa naïveté (Max se rendant compte que la vraie vie est là, et non pas au milieu des places boursières...), bref le genre de film gentillet, pas nul (Scott demeure un esthète pictural, reconnaissons-lui au moins ça !), qui aurait gagné à être plus abouti et rigoureux dans son scénario pour lui donner le niveau qu’on était en droit d’attendre. Pour quelqu’un qui vit là-bas depuis quinze ans, on peut être surpris du regard très « image d’Epinal » qu’il porte sur la France du Sud. Ce sont donc ces seules qualités esthétiques et cette naïveté générale qui font d’ « Une grande année » le film le plus mineur de Ridley Scott en même temps qu’une douce petite comédie aussi agréable à déguster un jour pluvieux de Novembre (ou de Juillet 2007) qu’un petit vin rosé d’un vignoble du Luberon. Côté bonus, outre un dialogue « promotionnel » entre Crowe et Scott & des clips-vidéo de chansons interprétées par Crowe et son groupe, on retiendra surtout le commentaire audio agrémenté d’un gadget ressemblant à la fonction IME des HD-DVD : vous regardez le film avec le commentaire audio donc, et parfois, vous aurez une sorte de « passage » vers une scène clef qui est alors disséquée par Scott et son scénariste. C’est d’ailleurs là qu’on découvrira l’amour que Scott porte à cette région, et aussi, la manière dont « Une grande année » a vu le jour. Bon, dans l’ensemble, et comme souvent chez Scott, en plus de cet élément « gadget » (qui rend moins rébarbatif le commentaire audio), l’ensemble se révèle curieusement assez riche et intéressant. Voilà au final un ensemble qui tend plus vers le sympathique pour un petit film dans la carrière du cinéaste britannique qui vase refaire une santé avec son prochain, un polar inspiré de faits réels, « American gangster » avec Denzel Washington en caïd qui faisait transiter le drogue ndans les années 70 dans les cercueils des marines morts au Viet-Nâm, et qui est poursuivi par le flic Russel Crowe. Ca risque de changer abruptement de « Une grande année », c’est certain !

Note film : 7/10 (copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3)
Bonus DVD : 6/10 : bande-annonce - interviews croisées de Scott et Crowe - commentaire audio de Scott et du scénariste - clips-vidéo de Russel Crowe et son groupe.
Stéphane Thiellement



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