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  Sommaire - DVD -  M - R -  Powder
"Powder"
de Victor Salva
Powder  


Powder


Réalisateur : Victor Salva


Avec :
Mary Steenburgen, Sean Patrick Flanery, Lance Henriksen, Jeff Goldblum, Brandon Smith


Passé du quasi anonymat à une certaine reconnaissance avec son remarquable Jeepers Creepers, Victor Salva avait eu quand même il y a quelques années les honneurs d’une sortie à grande échelle d’un de ses films puisque produit par une branche de Disney. Qui fit tout après pour se débarrasser de ce " souvenir " : en effet, c’est sur Powder que Salva rencontra les problèmes judiciaires que l’on sait, suite à la plainte d’un des adolescents jouant dans le film.


Ce qui aurait pu détruire et sa vie et sa carrière, Salva l’affronta, se défendit et révéla au grand jour ses mœurs dans les sous-entendus très explicites jalonnant Jeepers Creepers. Mais tout ceci est une autre histoire. Revenons à Powder : au moment de le faire, Victor Salva a déjà quelques films dont son premier, psycho-killer assez " barré " tout en étant classique et assez flippant, Clownhouse (qui sort en ce moment en zone 1, avec vostf et pas cher : ça vaut le coup), que suivirent des films moins branchés épouvante et fantastique, si on excepte le Bad company avec Lance Henriksen et Eric Roberts, road-movie raté où on cherche pendant une heure trente qui est le psychopathe. Lance Henriksen peut-être d’ailleurs considéré comme un des acteurs fétiches de Salva puisqu’on le retrouve dans Powder, et qu’il faillit être, selon le vœu du réalisateur, le Creeper. Bon, l’historique est terminé, passons au film.


Lors de la fouille d’une ferme dans laquelle vient de décéder le vieux propriétaire, on découvre un adolescent étrange, baptisé Powder à cause de l’extrême blancheur de sa peau. Powder est plus qu’un albinos, c’est carrément un mutant doté de pouvoirs paranormaux extraordinaires. Adopté par les adultes qui décèlent en lui une très grande humanité, Powder est carrément méprisé et torturé par les autres élèves du lycée qui l’accueille. Comprenant que sa vie en société risque de n’être que souffrances, Powder décide de s’échapper. Mais sa trop grande puissance psychique a déjà tué, et Powder devient pour beaucoup le monstre à tuer.


Une version moderne d’Elephant Man, une variante de Carrie, sur les difficultés d’intégration quand on est un monstre aux yeux des autres alors qu’on est bien plus humain que la plupart de ceux qui se croient normaux. Bon, Salva n’est pas Lynch ou De Palma (pourtant plus proche vu les obsessions qu’il inséra dans son film), et Powder n’échappe pas aux poncifs de ce genre de film, à savoir les amis sincères, les traîtres, et les pourris. Ce qui est intéressant, c’est de se dire que cette situation, quelque part, n’est peut-être pas si innocente que ça de la part de Salva. Le rejet des autres quand on est " hors normes " est ici poussé à son paroxysme, avec toute une symbolique finale sur le bien caché dans le cœur des " monstres " qui laisse un peu perplexe. Le tout associé à quelques allusions comme ces plans suggestifs sur les torses des sportifs prenant une douche par exemple, et la compréhension, assez attractive, de certains adultes envers l’adolescent différent.


Bien avant Jeepers creepers, Victor Salva exorcisait donc un peu son passé et son identité. Et à côté de tout cet aspect plus " personnel ", il y a un film fantastique étrange, qui doit autant au personnage de Powder qu’interprète avec maestria Sean Patrick Flannery, qu’à son climax assez pessimiste et froid. C’est pour cela qu’il faut redécouvrir Powder, pour ses qualités cinématographiques, et pour ce qui n’apparaît pas tout de suite.


Note : film : 7/10 DVD : 3/10 (belle copie 16/9ème)



Bonus : nada, rien du tout

Stéphane Thiellement

Voir l’interview de Victor Salva en rubrique Interviews



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