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  Sommaire - DVD -  M - R -  Poséidon - Edition Zone 2
"Poséidon - Edition Zone 2 "
de Wolfgang Petersen
 


Avec Kurt Russel, Josh Lucas, Richard Dreyfuss, Mia Maestro, Emmy Rossum.
Warner Home Vidéo

Un des plus gros « flops » de 2006. Surprenant, parce qu’en même temps, le film est loin d’être aussi nul que tant l’ont si bien décrié. Résultat des courses pour cette édition DVD zone 2, suite à tous ces mauvais éléments (l’échec financier n’est pas rattrapé par une critique dithyrambique, loin de là !), hé bien déjà, une jaquette pas très « jojo », où le titre apparait à l’endroit sur le bateau à l’envers (quelle drôle d’idée !), et en plus, on a l’édition du pauvre à savoir le film plus un making-of de vingt minutes, très promotionnel (autocongratulations en pagaille !) mais très intéressant même dans cette version « résumée ». Alors qu’aux States, ben eux ils ont le Collector avec un second disque et des documentaires liés au film quant aux défis techniques et aussi par le biais de reportages sur ces fameuses vagues gigantesques qui surviennent en plein océan sans crier gare. C’est simple, eux ils tentent de rentabiliser au maximum le coût du film (160 millions de dollars, sans la pub, pour un box-office US de 60, ça fait bobo !) en soignant la sortie DVD. Nous, ça n’a pas marché non plus, il ya peut-être une histoire de droits sur les reportages, donc, hein, allez zou, version simplissime avec petit bonus, page d’accueil fixe, et heureusement, le film dans d’excellentes conditions.

Le film, justement, tiens, parlons-en : remake d’un des premiers et meilleurs films catastrophes de tous les temps, où un groupe de personnes, survivants du retournement d’un paquebot en pleine mer, remontait jusqu’à la coque du navire pour s’extirper du piège qu’il était devenu et attendre les secours. Menées par un révérend (Gene Hackman, génial) qui en venait à douter de Dieu au vu de l’injustice des morts de cette catastrophe, elles traversaient diverses épreuves qui donnaient tout le suspense au film. 2006 : Wolfgang Petersen s’intéresse au remake. Le réalisateur allemand, connu pour un huis-clos sous-marin un peu théâtral mais tout de même très claustrophobe, « Le bateau », il connait le succès aux USA avec le rigolo « Air Force One « (Harrison Ford en président casse-cou pris en otage dans son avion), l’excellent « En pleine tempête » (son meilleur film), et « Trois », péplum aux qualités scénaristiques indéniables, au casting d’enfer (Brad Pitt en Achille est excellent, Eric Bana en Hector le surpasse), mais qui pêche par une réalisation banale (un projet pareil, entre les mains d’un Verhoeven, d’un McTiernan, bref d’un « grand » quoi !, on aurait eu un chef-d’œuvre !). Dans la making-of, Petersen reconnait qu’il préfère les films d’eau, et après « Le bateau » et « En pleine tempête », « Poséidon » ferme sa trilogie. C’est sûr, « Troie » est plutôt terrestre... Bon, revenons à « Poséidon » : niveau effets spéciaux, extraordinaires, ne serait-ce qu’avant ce premier plan d’enfer qui a couté la peau du cul parait-il : on y voit le Poséidon en pleine mer, on le survole, on s’en rapproche au point de tomber sur Josh Lucas en train de courir sur le pont ! Ensuite, en vingt minutes, c’est torché, on a présenté le gros des protagonistes. Arrive la catastrophe, démentielle (tout est filmé ne studio à Los Angeles quand même !) et la lutte pour la survie. On a reproché au film des personnages crétins, sans épaisseur. Alors d’accord, mais en revoyant le film, un petit doute de première fois revient en force : et si c’était fait exprès ? Et si le ²scénariste avait volontairement mis en place un groupe de personnes égoïstes, ne pensant qu’à leur peau ? Josh Lucas répond parfaitement à cette description, Dreyfus voulait se suicider, Kurt Russel ne pense qu’à sa fille, etc... Et qui connait nos réactions dans ce genre de situations ? Bien malin le critique qui se la joue plus intelligent en clamant que « tout cela ne tient pas la route ! ». Dans une certaine logique, ce « Poséidon » se révèle assez révélateur du comportement des uns et des autres. Ils cherchent à s’en tirer, lisent un plan , avancent le plus rapidement possible, dans des endroits infernaux, tout ça se tient. Ils sacrifient un membre du groupe si plusieurs autres sont menacées d’y rester aussi (une des meilleures cènes du film au passage). Ils se découvrent une petite fibre héroïque, leurs différences s’annihilent au fur et à mesure qu’ils avancent, ils se soudent. Rien à dire pour l’instant. Tout ça ne dure qu’un peu plus d’une heure depuis le naufrage. La seconde meilleure scène du film est une mort sans espoir de sauvetage de dernière minute pour l’un d’eux. Bon, tout n’est pas parfait (le « V » final des projecteurs des hélicoptères, hein, pas très finaud !), mais dans l’ensemble, « Poséidon » ne méritait pas un tel naufrage. N’en déplaise à certains, il faut lui redonner sa chance, et éventuellement, se mettre à la place de chacun : contrairement à ce que beaucoup pensent, cette version-là serait peut-être plus proche de la vérité. Et entre ça et les autres qualités du film, on ne peut que reconnaitre que ce remake n’a rien d’honteux, loin de là même.

Note film : 8/10 (copie excellente, format d’origine 2.40, image 16/9ème compatible 4/3)
Bonus DVD : 3/10 : bande-annonce - making-of.

St. THIELLEMENT



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