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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  The Big Doll House

"The Big Doll House" de Jack Hill


Titre : The Big Doll House
Réal : Jack Hill
Avec : Judith M. Brown
Pam Grier
Roberta Collins
Sid Haig
Brooke Mills

Durée : 95 minutes
Origine : USA / Philippines
Année : 1971
Genre : Women In Prison

VERDICT : 4 / 6

Critique :

Le film de prison de femmes, communément dénommé WIP (Women In Prison) est un genre codifié à l’extrême qui fit les beaux soirs du cinéma d’exploitation des seventies. Une vague lancée par quelques productions Roger Corman, comme CAGED HEAT de Jonathan Demme (oui, le futur cinéaste du SILENCE DES AGNEAUX !).

Durant une dizaine d’années, la mode s’étendit à tous les continents. Outre les Etats-Unis (CAGED HEAT 2, THE NAKED CAGE, CHAINED HEAT, etc.), on vit des titres provenant d’Italie (comme PENITENCIER DE FEMMES et REVOLTE AU PENITENCIER DE FILLES, tous deux signés Bruno Mattei ou les sexploitations crapuleuses de Sergio Garrone ou Rino Di Silvestro), de Hong Kong (CAMP D’AMOUR POUR CHIENS JAUNES, produit par la vénérable Shaw Brothers), du Japon (LA FEMME SCORPION et ses séquelles mettant en scène la belle captive Sassori), du Brésil (le très censuré et donc très culte BARE BEHIND BARS), de Suisse (CAGED WOMEN), d’Indonésie (l’hallucinant et indispensable VIRGINS FROM HELL) et de... Jésus Franco. Ce dernier reprit une formule balisée en tournant un peu partout (Espagne, Allemagne, France, Suisse et même Luxembourg !) des films aussi évocateurs que SADOMANIA, 99 FEMMES, VISA POUR MOURIR, WOMEN BEHIND BARS, QUARTIER DES FEMMES et bien d’autres.

Après s’être fondu dans la mode nazi-porn (style ILSA LOUVE DES SS ou LA DERNIERE ORGIE DU TROISIEME REICH) ou la nunsploitation (LE COUVENT DE LA BÊTE SACREE pour ne citer qu’un des meilleurs titres du genre), le genre semble renaître de ses cendres par l’intermédiaire de productions érotiques en provenance d’Europe de l’Est comme BETRAYED INNOCENCE ou les sagas BOUND...quelque chose, qui s’en rapproche en proposant de nombreuses scènes lesbiennes et de soumission dans un lieu clos.

La collection "Femmes en Cage" de chez Bach Films, unique au monde (hourrah !) nous ramène pour sa part aux sources du genre.

Et ce BIG DOLL HOUSE s’avère une bonne entrée en matière. Située dans un pays d’Amérique Latine non identifié, l’intrigue balance une poignée de prisonnières en petite tenue dans les griffes d’une directrice de prison sadique. L’ancienne prostituée dure à cuire, la timide, la junkie, la copine du révolutionnaire local,...voilà pour les détenues qui passent l’essentiel du métrage à se crêper le chignon dans la boue, à se battre à coup de nourriture infecte ou à se peloter. Evidemment, chacune rêve d’évasion, d’autant que les sévices imposés par la direction deviennent franchement cruels.

Pour un WIP, ce BIG DOLL HOUSE se révèle relativement modéré. Certes, l’amateur a droit à son lot de cruauté et de nudité, accompagné d’une pointe de violence, d’un viol et d’une pincée d’action lors du final, mais le tout ne tend pas vers le malsain, contrairement aux productions européennes, beaucoup plus gratinées. Le budget riquiqui ne permet pas de miracles non plus mais Jack Hill s’en sort avec les honneurs et évite au film de paraître misérable. Les actrices, elles, sont motivées et convaincantes, en particulier la "panthère noire" Pam Grier qui interprète également la chanson thème. Le reste de la distribution semble d’ailleurs s’amuser tout autant, en particulier le cabotin Sid Haig, vétéran de l’exploitation récemment relancé par son rôle dans THE DEVIL’s REJECTS.

En maintenant un bon rythme, Jack Hill assure un boulot plutôt efficace et offre un spectacle distrayant et définitivement sympathique, d’ailleurs non dénué d’humour.

Si beaucoup de WIP sont contestable par leur volonté de verser dans le sadisme gratuit, ce BIG DOLL HOUSE échappe à cet aspect brutal en privilégiant un divertissement qui s’apparente davantage à un récit d’aventures pimentées destinées aux grands adolescents qu’à un catalogue de violences misogynes.

Une petite réussite présentée dans une bonne copie en version originale sous-titrée et sous un emballage bien choisi.

Pizzoferrato Fred (2006)



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