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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Les Larmes de la malédiction

"Les Larmes de la malédiction" de Rafael Baledon


Titre : La Maldición de la Lhorona / Curse of the Crying Woman
Réal : Rafael Baledon
Avec : Rosita Arenas
Abel Salazar
Rita Macedo
Carlos López Moctezuma
Enrique Lucero
Durée : 80 minutes
Origine : Mexique
Année : 1961
Genre : Fantastique / Epouvante

VERDICT : 5 / 6

Critique :

L’exploration des classiques de l’épouvante mexicaine des sixties se poursuit avec ce petit chef-d’œuvre basé sur la légende locale de la Lhorona, à savoir la Pleureuse - condamnée à errer depuis la mort de son enfant, les yeux vides, en quête de victimes. Le prégénénique nous présente rapidement la Lhorona, observant un criminel assassiner les passagers d’une diligence. Des années plus tard, Amelia revient dans la demeure familiale en compagnie de son époux, Jaime. Accueillie par sa tante Selma, la jeune femme apprend qu’elle est la dernière descendante de la Lhorona et que, le jour de son 25ème anniversaire, elle peut ramener à la vie son aïeule. Avec son serviteur, Juan, la cruelle sorcière Selma va tenter de pervertir sa nièce.

La Lhorona fut l’héroïne d’une demi-douzaine de productions horrifiques (elle finit même par affronter le lutteur masqué Santo) et le film de Rafael Baledon constitue un excellent exemple de fantastique atmosphérique ne rechignant pas à utiliser l’un ou l’autre effet de suspense (la main du maniaque s’approchant de la gorge d’Abel Salazar) ou d’horreur, assez graphiques pour l’époque (les victimes dévorées vives par les trois molosses, la demoiselle écrasée par les roues de la diligence).

En dépit d’un budget restreint qui oblige le cinéaste à recentrer pratiquement toute l’intrigue entre les murs d’une ancienne demeure, le résultat est superbement maîtrisé, parvenant à inclure une légende typiquement mexicaine dans un récit gothique s’inspirant des œuvres de Mario Bava (LE MASQUE DU DEMON) et des titres du "cycle Poe" de Roger Corman.

On retrouve ainsi le schéma connu des visiteurs arrivant dans un manoir isolé pour découvrir d’horribles secrets de famille, comme dans LA CHUTE DE LA MAISON USHER ou LA CHAMBRE DES TORTURES, tournés peu avant.

LES LARMES DE LA MALEDICTION repose également sur un climat surnaturel recourant efficacement aux artifices de la sorcellerie et à quelques emprunts au mythe vampirique (comme ces "démons" sans reflets ou ce pieu planté dans le cœur de la Lhorona et qui, retiré, amènerait la résurrection du monstre).

L’histoire de la Lhorona nous sera d’ailleurs contée via une scène de flash-back usant d’un procédé audacieux mais efficace : des images - en négatif - extraits de la filmographie de Salazar (LE MIROIR DE LA SORCIERE et LE BARON DE LA TERREUR, entre autres) sont ainsi intercalées dans le récit et lui confère une véritable originalité.

Le final possède, pour sa part, un solide sens de l’angoisse et du suspense avec l’utilisation magistrale d’une cloche devant sonner les douze coups de minuit tandis que l’héroïne, à demi-possédée, s’apprête à retirer le pieu du cadavre putréfié de la Lhorona. Notons enfin le maquillage impressionnant de Rita Macedo, une belle femme ici transformée en goule par l’utilisation de lentilles oculaires complètement noires.

Malgré un côté un peu prévisible, LES LARMES DE LA MALEDICTION parvient à maintenir l’intérêt du spectateur grâce à un rythme efficace, de nombreuses séquences splendides et une atmosphère constamment prenante.

Avec ses effets expressionnistes un peu datés mais marquants (des yeux apparaissent soudainement dans le ciel pour accuser l’héroïne), sa réalisation effective et ses interprètes motivés, LES LARMES DE LA MALEDICTION s’impose donc comme un classique de l’épouvante mexicaine. Indispensable !

Félicitons Bach Films qui propose ce chef d’œuvre méconnu dans une fort belle copie, au format 1.33, en français ou en version originale espagnole sous-titrée (mono et crachotante mais néanmoins préférable) avec en bonus une bande annonce. Un beau digipack reproduisant la superbe affiche rétro complète cette réussite.

Pizzoferrato Fred (2006)



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