SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No105
105
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  M - R -  Munich - Edition zone 2
"Munich - Edition zone 2 "
de Steven Spielberg
 


Avec Eric Bana, Daniel Craig, Ciaran Hinds, Matthieu Kassovitz.
Universal Vidéo

D’accord, Steven Spielberg n’a pas réalisé que des chefs-d’œuvre. Il a même signé un vrai navet (« Hook », insupportable !). Mais depuis quelques années, son parcours est un sans fautes. Depuis « Il faut sauver le soldat Ryan », il n’y a que des grands films, à divers niveaux : « A.I », « Minority report », « Arrête-moi si tu peux », « Le terminal », « La guerre des mondes » et son dernier chef-d’œuvre total et absolu, « Munich ». Le film dans lequel il voulait tant dire et qui lui valut tant de haine de la part de certains. Pourtant, au même titre qu’un Eastwood, l’intelligence et la lucidité du cinéaste sur son art pour exprimer certaines choses n’a jamais été aussi aiguisée, précise, implacable.
« Munich », c’est l’acte terroriste durant les JO de 1972, perpétré par des Palestiniens sur des athlètes Israéliens, qui se solda par la mort de tous. Là-dessus, le film s’intéresse à « l’après », à la décision de Golda Meir de créer un commando de cinq hommes qui irait en Europe éliminer les principaux leaders palestiniens. Le sang appelle le sang, et pour montrer au monde qu’Israël ne se laisse pas attaquer impunément. Mais au fur et à mesure des exécutions, les exécutions prennent la forme de meurtres, et certaines questions et doutes assaillent les cinq hommes, plus précisément leur chef, Avner (Eric Bana, remarquable). Les mois passent, les années passent, la sagesse et la réflexion prennent le pas sur les tueries mais pas pour tout le monde, pas pour ceux qui pourtant ont le pouvoir d’arrêter cette vendetta à l’échelle mondiale.
Et pour ce message ultime, qui renie la politique extrêmiste d’un pays (et de tout pays ayant les mêmes attitudes), Spielberg s’est fait traiter de traitre. La carrière du film a été restreinte par pas mal de pressions. Au point que sur le DVD, le cinéaste en vienne non pas à s’excuser lors d’une introduction au film, mais simplement, préciser ce qui est pourtant si clair en fin du film. Cela ne changera rien, certains continueront à prôner le règne de la terreur, même si des innocents paient un prix qui ne les concernait pas. C’est tout ça, « Munich », dans un thriller de très grande classe (niveau « Marathon man » il y a trente ans, quoi !), remarquablement réalisé, avec un sens du suspense impressionnant, un souci de véracité étourdissant, et une violence qui arrive à susciter plus de dégoût qu’une fascination morbide. Les explosions sont dévastatrices, les exécutions sales (comme celle de la tueuse d’Amsterdam, une des scènes les plus fortes de la carrière de Spielberg !). Et nimbant l’ensemble, une émotion à fleur de peau, omniprésente, parfois discrète, parfois si forte qu’on a du mal à ne pas réagir (la scène du coup de fil d’Avner à sa femme et sa fille). Le tout servi par une distribution éblouissante dominée par un Eric Bana grandiose, secondé par Daniel Craig (futur 007), Matthieu Kassovitz (qui vit un rêve, celui d’être acteur sous Spielberg), etc... Et maitre d’œuvre de l’ensemble, Steven Spielberg, définitivement un des plus grands cinéastes de notre temps. Et pour un tel évènement, même si une version Collector (et devenue rare du coup) existe, elle fut annulée au dernier moment. Les bonus seront donc légers mais que peut-on rajouter à un tel film : ce qu’on entend dans le making-of suffit amplement. Parfois, certains films n’en aspirent pas à plus, et c’est le cas de « Munich ».

Note film : 10/10
DVD : 7/10 : copie magnifique, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : introduction au film par S. Spielberg - making-of.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire