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  Sommaire - BD -  I.R.$. : T.8 - La Guerre noire -

"I.R.$. : T.8 - La Guerre noire - " de Desberg et Vranken

Larry B. Max, l’as de I.R.$., (le service du fisc aux USA) et Leïla Swanson, sa collègue de la CIA, sont à Bakou pour enquêter sur un montage pétrolier suspect. En effet, d’où proviennent les sommes énormes dégagées pour soutenir la candidature, à la présidence des Etats-Unis, de l’homme des magnats du pétrole ? Larry est doublement impliqué dans cette affaire, car Johnny Madsen, l’un des propriétaires de la Eastern Garden Oil, avec Laurence Upsham, est le même financier qui l’a contraint à vendre les studios de cinéma de son père, après que celui-ci soit mort « accidentellement ».
La CIA reçoit, d’un de ses agents en Azerbaïdjan, une information relative à des terroristes prêts à passer à l’action en Arabie Saoudite. Larry comprend que tout va se jouer en Géorgie et qu’il faut mettre la main sur Upsham. Il prend la route pour Tbilissi, avec Leïla. Pendant le voyage, il reçoit un appel angoissé de Gloria, la femme avec qui il a de longues conversations sur un réseau de téléphone rose. Elle est prisonnière de son mari, qui n’est autre que Madsen...
Sur la route, ses ennemis tendent une embuscade. Et pendant ce temps, en Arabie Saoudite, les attentats contre les installations pétrolières commencent...

Stephen Desberg raconte une histoire qui, hélas, peut se produire à tout moment et risque de faire passer le lecteur de la fiction à une triste réalité. Toutefois, l’auteur annonce des chiffres qui ont déjà été atteints, mais qui n’ont pas provoqué les catastrophes immédiates prédites. Cependant dans la réalité, les incidences à moyen terme seront lourdes de conséquences. Comment, avec une économie mondiale basée essentiellement sur le pétrole et ses dérivés, le moindre « grain de sable » n’aura-t-il pas des répercussions catastrophiques ? Le cynisme de Madsen, par contre, ne relève pas de fiction ; il est bien réel et pratiqué de cette façon par tous ceux qui ont accès au pouvoir et à l’argent.

Un agent des impôts, aussi baroudeur, n’est peut-être pas trop crédible. Mais, comme j’ignore tout de l’organisation des services fiscaux des USA, je reste sur une interrogation : y a-t-il des Super Inspecteurs capables d’aller dans des zones à risques, d’échapper à des attentats, de faire le coup de feu et d’être déposés par hélitreuillage sur le toit d’une villa ?
Cependant, Stephen Desberg fait évoluer son personnage, lui donnant, par une implication personnelle dans ses enquêtes, une dimension plus humaine, moins glaciale que celle des premiers tomes. Un héros doit avoir des failles !

Bernard Vranken est un jeune prodige du dessin. À quinze ans, il gagne un concours belge, à seize, il édite une histoire courte dans le Journal de Tintin. Son dessin, très épuré, donne un résultat réaliste, mais parfois trop dépouillé.
Il y a un déséquilibre, dans nombre de vignettes, entre la place pour l’image et celle pour le texte. L’esthétique y gagnerait beaucoup à avoir un lettrage plus petit. ...et tant pis pour les lectures « confort » !

I.R.$. est une série dynamique, qui tout en privilégiant l’action, permet à l’auteur de poser des vraies questions de sociétés, d’aborder des faits de civilisation.

Serge Perraud

I.R.$. : T.8 - La Guerre noire, scénario de Stephen Desberg, dessins de Bernard Vranken, Le Lombard coll. Troisième Vague, juin 2006, 48 pages, 9,80 €



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