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  Sommaire - DVD -  A - F -  De l’ombre à la lumière - Edition zone 2
"De l’ombre à la lumière - Edition zone 2"
de Ron Howard

(Cinderella Man)
De Ron Howard
Avec Russell Crowe, Renee Zellweger, Paul Gramati, Paddy Considine
Buena Vista Home Vidéo

Qui aurait cru qu’un jour, Ron Howard alias Richie dans « Les jours heureux » réaliserait un film comme « De l’ombre à la lumière ». Parce qu’il s’agit sans nul doute d’un de ses meilleurs films, si ce n’est le meilleur. Oui, mieux que « Apollo 13 », mieux que « Un homme d’exception » qui lui rapporta l’Oscar de la mise en scène (qui à l’époque était opposé à « La chute du Faucon noir » qui est quand même autre chose, hein !). Non pas que ces deux là soient mauvais, loin de là. Mais « De l’ombre à la lumière » les surpasse en bien des points : qualité de la mise en scène, de l’écriture, de la réalisation, du jeu des acteurs (Russel Crowe est de nouveau génial, comme dans « Master and commander », ce sont des rôles qui lui vont à merveille). En presque tout quoi. Pour faire un rapide bilan de la carrière de Howard, qui va connaitre un monstrueux succès avec son adaptation du (très mauvais) roman « Da Vinci code » (le film ne peut être que meilleur...), on dira que ses premiers films sont oubliables surtout l’exécrable et très républicain « Gung Ho », que son pire film demeure encore « Le grinch », que le film pour lequel on a le plus d’attachement risque d’être son très personnel « Portrait craché d’une famille modèle », et que le reste va du bon (soit « Splash », son premier gros succès, « Willow », « Horizons lointains », « En direct sur Ed TV ») au très bon (« Coccon ») voir excellent (« Apollo 13 », « La rançon », « Un homme d’exception » et son western « Les disparues » qui fut un flop magistral et totalement injustifié). Sans oublier celui que personne n’arrive à voir jusqu’au bout, « Le journal ». Bon, dans l’ensemble, le gars s’est amélioré au fur et à mesure de sa carrière et il vient d’atteindre un très bon niveau avec cette biographie du boxeur Jim Braddock qui dans les années 30, après avoir connu la gloire se retrouva dans la misère comme bien des américains avec la grande dépression et qui remonta plus tard sur le ring pour un sans faute jusqu’au titre de champion du monde. Au delà de ça, il fut aussi un symbole pour tous ces nouveaux pauvres qui virent en lui l’espoir d’un retour à une vie meilleure. Tout cela, Howard le retranscrit de manière simple mais impressionnante, évitant le mélodrame dans toute sa splendeur pour n’en conserver que des petites touches qui ravivent ce passé des plus noirs : la vie de la famille dans cet appartement en sous-sol, l’attachement de Braddock à ses enfants, sa perte de foi face à une vie qui ne peut s’améliorer que par sa ténacité et son espoir, la description des autres milieux sociaux, la recréation d’Hooverville, bidonville situé en plein Central Park où des miliciens chargèrent à mort un soir, etc... On est même surpris par l’intelligence du propos qu’on aurait pu croire plus « grossier » de la part de Ron Howard. Il n’en est rien, le cinéaste ayant muri tant personnellement que professionnellement, et « De l’ombre à la lumière » en est la preuve flagrante. Là, il l’aurait vraiment mérité son Oscar. Comme le prouve encore plus certaines des scènes coupées, surtout une même, où Howard s’explique sur leur suppression et en même temps, sur le regret qu’il ressent à leur éviction. Celle où Crowe s’effondre quand on lui enlève un des rares espoirs qu’il a de gagner un peu d’argent pour entretenir sa famille est réellement bouleversante et surtout admirablement bien réalisée. On regrettera l’absence d’un making-of retraçant la recréation du New-York des années 30, de la réalisation des combats, etc... Par contre, nous est proposé le véritable combat filmé de Braddock et là, c’est un bonus qui vaut son intérêt : il est étudié par Howard, son producteur, son scénariste et l’écrivain Norman Mailer et on y voit des combats quand même moins spectaculaires que ceux du film ! Mais cela n’explique pas l’échec du film, incompréhensible, et là-aussi, comme « Les disparues », injustifié. Mais une fois de plus, on espère que le DVD remettra les pendules à l’heure, réhabilitant ainsi à sa juste valeur ce que personnellement, je considère comme le meilleur film signé Ron « Richie Cunningham » Howard.

Note : 9/10 DVD : 6/10 (copie superbe, format d’origine 2.35 image 16/9ème)
Bonus : scènes coupées commentées ou non par Ron Howard ; combat filmé de Jim Braddock contre Max Baer étudié par Ron Howard, Brian Grazer, Akiva Goldsman & Norman Mailer.

St. THIELLEMENT



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