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  Sommaire - DVD -  S à Z -  The Island
"The Island"
de Michael Bay
 

Avec Ewan McGregor, Scarlett Johansson, Sean Bean, Steve Buscemi
Warner Home Vidéo

Jusqu’à présent, la carrière de Michael Bay n’avait jamais connu d’échec... Au box-office. Michael Bay, on aime ou on déteste, c’est de l’action bourrine sans plus pour les uns, de l’action stylisée limite vulgaire pour les autres, avec de beaux plans de soleils couchants, le tout sur un montage qui donnerait un mal ce crâne à un cachet d’aspirine (ce n’est pas de moi, je l’ai piqué dans l’excellent « Layer cake » !). A la rigueur, c’était vrai pour son premier film, « Bad boys », buddy-movie policier à l’action monumentalement destroy et au plans si brefs qu’un d’une durée de trois secondes limite ralentissait le rythme ! Bon, le suivant s’améliore, c’est « Rock » avec Sean Connery en ex-taulard secret revenant à Alcatraz pour aider Nicolas Cage à libérer des otages. Là-encore, très bourrin mais ça va mieux. Et progressivement, Bay s’améliore : « Armageddon » casse la baraque avec l’escouade de Bruce Willis envoyée sur un météorite pour le détruire avant qu’il ne réduise notre chère planète en bouillie. Son quatrième film, son plus ambitieux aussi, « Pearl Harbour » fait preuve d’une mise en scène plus étudiée que d’habitude, pour un grand film romanesque sur fond de guerre à la conclusion « too much » (même si c’est vrai qu’un petit commando fut envoyé au Japon pour des représailles, c’est en trop !). Monumental budget (enfin aujourd’hui, dans les normes, hein !), succès mitigé en salles et carton en vidéo, « Pearl Harbour » s’en sort très bien. Mais Bay remet le couvert « Bad boys » qui est à ce jour son œuvre la plus démesurée, la plus destroy, la plus n’importe quoi (on y voit Martin Lawrence étudier un rat se tapant une rate !!! Fallait oser !), un peu comme si il disait : « Vous en revoulez alors gavez-vous ! ». Mais Bay surprend encore plus en produisant des films d’horreur dont l’excellent remake de « Massacre à la tronçonneuse » qu’on attendait au tournant. Le gars a du flair, on le sait aussi maintenant quelque part talentueux, il signe alors chez Dreamworks pour un ambitieux projet de SF conjuguée bien entendu à de l’action. Au sortir de la projection, Spielberg lui aurait dit : »C’est ton meilleur film ! ».
Sauf que c’est un beau fiasco, que tout le monde lui tombe dessus alors qu’en fait, hé bien « The island » peut effectivement être considéré comme le meilleur film de Michael Bay. Mais on n’est pas beaucoup à penser ça.
Dans une colonie régie par des règles strictes, Lincoln Six-Echo (Ewan McGregor, peut-être le seul maillon faible du film...) et Jordan Two-Delta (Johansson, qui n’a jamais été aussi magnifique, au moins Bay sait la filmer, lui, pas comme Woody Allen !) s’évadent pour vivre dans un sanctuaire, l’Ile. Mais tout ceci n’est qu’un énorme mensonge et leur vie est désormais en danger : ils doivent être éliminés avant de tout découvrir et de tout révéler.
De la science-fiction naïve associée à de l’action « Bay », telle est la critique facile du film. Pourtant, en y regardant mieux, en faisant attention, en se laissant emporter par une première partie plus sophistiquée que la seconde, on découvre une intrigue pas plus idiote que d’autres du même genre, une réflexion sur une réalité qui comme d’autres pourrait arriver, un futur qui peut faire peur. Le tout recréé dans un curieux mélange de décors limite voisins de ceux de « L’âge de cristal » par exemple couplé à un environnement très proche de nous. Passé cette partie, on plonge dans une gigantesque course-poursuite où Michael Bay démontre une fois de plus sa grande maîtrise, de plus en plus perfectionnée, quant à faire de l’action une expérience unique à chaque fois. Le mélange pourra être indigeste pour certains, mais l’ensemble, malgré les défauts si décriés par les habituels esprits chagrins, constitue tout de même un spectacle de très haute tenue qui ne méritait pas autant de haine. Un « The island » vaut mille « XXX n°2 » par exemple. Donc, si vous avez raté le film pour faire comme tout le monde le disait, hé bien comme d’habitude, le DVD vous permet de réparer cette injustice en privé, et de savourer un excellent « action SciFi movie » des plus distrayants, servi en plus par une superbe musique, et ce qui constitue certainement le film le plus « réfléchi » de Michael Bay. On lui a aussi reproché ça. Ben si tous les films « réfléchis » étaient aussi distrayants que celui, sûr qu’on s’emmerderait moins parfois devant un écran ! Par contre, échec oblige, édition DVD minimaliste : making-of promotionnel (intéressant mais strict minimum en 15minutes)et c’est tout : le commentaire audio de Bay indiqué sur la jaquette, on le cherche ! Bon, on dira que le film se suffit en lui-même et que c’est le plus important. Ce qui est vrai, comme vous le dirait Spielberg.

Note : 8/10 DVD : 2/10 : copie magnifique, format d’origine 2.40 image 16/9ème ; bonus (vostf) : making-of .

St. THIELLEMENT



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