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"Le Cycle de Darwath"
de
Barbara Hambly

Editeur :
Terre de Brume
 

"Le Cycle de Darwath"
de Barbara Hambly



10/10

Terre de Brume nous fait les honneur d’un cycle qui fut jadis publié par les éditions Opta et qui a probablement dû inspirer Guy Gavriel Kay pour son Fionavar, avec lequel il a un certain nombre de points communs.
Gil Patterson est une jeune Californienne qui chaque nuit fait le même rêve. En un vaste monde dévasté survit une cité fortifiée, la citadelle de Renweth. Des tréfonds de cette cité des hordes chaotiques, les Ténébreux, émergent des souterrains afin de se repaître des habitants et détruire un peu plus chaque soir des morceaux de cette civilisation. Jadis combattues et chassées du monde, voilà qu’elles refont irruption près de 3000 ans plus tard. Le sorcier Ingold Inglorion franchira les dimensions pour faire irruption dans la Californie moderne de Gil. Son objectif est de sauver le dernier prince de Darwath. En tentant de porter aide à Ingold et son protégé, Gil et son compagnon, Rudy, vont voir vite céder la réalité sous leurs pieds et pénétrer dans un monde de cauchemar bien éloigné des contes de fées.
Après de multiples péripéties et une première bataille, Ingold va vite se rendre compte qu’il ne pourra guère poursuivre à tenir un tel siège sans une aide d’urgence. Pressé par le temps, il s’en ira quêter la cité cachée de Quo, qui est la cité des magiciens. Des murs invisibles font obstacles et les Ténébreux menacent son voyage. Pendant que le chancelier Alwir et l’évêque Govannin s’affrontent pour le pouvoir dans la ville meurtrie de Darwath, Ingold s’en ira avec son apprenti, Rudy Solis, vers la cité des magiciens, en tentant de franchir les quelques 2000 kilommètres qui les séparent. Alwir aurait un plan pour anéantir les Ténébreux, mais Gil, découvrira, de fil en aiguille, tout ce que les apparences peuvent cacher en un monde où le mal pose ses règles même dans les esprits des hommes. Perdue en un monde où elle jouera un rôle centrale, cette jeune Californienne intellectuelle affrontera les pires cauchemars et sera en charge de sauver un monde et tombera bien sûr amoureuse, mais pas de la manière dont le lecteur s’y attendra.....

Cette oeuvre de fantasy, bien que publiée à partir de 1982, fait montre d’une grande modernité. Exit le rapport sacro-saint de l’élève au maître et cette pudeur distanciée entre le magicien et les protagonistes. La plus grande qualité de cette oeuvre hésitant entre Lovecraft et Tolkien est ce rapport tendre, amoureux, liant l’héroïne au vieux magicien. Barbara Hambly efface les clivages entre les âges et parvient à faire passer cette possibilité d’un amour dans une langue poétique, pleine de piquant et d’humour mais avec autant de retenue qu’il est possible. Ce qui n’aurait pas été acceptable sous une autre plume le devient sous le verbe de l’auteur. Enfin, les forces des ténèbres que met en scène l’auteur s’inscrivent dans un registre plus lovecraftien, par cette existence cachée, sous terre, et des manifestations relevant plus du pur fantastique que de la fantasy édulcorée par un féerique qui en serait la toile de fond.
Il existe des suites à cette trilogie, souhaitons que Terre de Brume pensent un jour à nous les traduire, car Darwath reste un monument majeur du genre auquel Guy Gavriel Kay apportera un net prolongement par ce côté violent et noir, par cette volonté de casser un peu les règles du " tout féerique " et ainsi y insuffler un peu de réalisme. Une saga qui tout en se revendiquant de l’héritage Tolkien, s’inscrit dans la lignée d’une fantasy plus réaliste où il est question des rapports qui se nouent entre les individus. Un genre auquel on peut associer, outre Kay, la plume corrosive, réaliste et dépressive de Stephen R. Donaldson. Un classique qui ne laissera personne indifférent, jeunes comme adultes......

Le Cycle de Darwath, Barbara Hambly, Terre de Brume, Poussière d’étoiles, traduit de l’américain par Françoise Maillet, révisée par Sébastien Guillot, Couverture par Eric Scala, 653 pages, 30 €.






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