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  Sommaire - DVD -  A - F -  Amityville
"Amityville"
de Andrew Douglas

Avec Ryan Reynolds, Melissa George, Philip Baker Hall
MGM / Gaumont Columbia TriStar Home Vidéo

Connu pour ses films très « bourrins » mais s’améliorant au fur et à mesure (dans l’ordre : « Bad boys », « The rock », « Armageddon », « Pearl Harbor », « Bad boys II » et enfin dernièrement « The island »), Michael Bay s’est depuis peu transformé en producteur de films d’horreur, de remakes pour l’instant, avec sa société Platinum Dunes. C’est sur le succès, amplement mérité, de « Massacre à la tronçonneuse » que s’ouvrit cette nouvelle carrière, qui voit donc en second projet ce remake de « The Amityville horror ». Qui ne connait pas aujourd’hui cette célèbre arnaque de maison possédée par la Diable, le Mal, bref hantée suite aux meurtres collectifs de toute la famille DeFeo par le fils ainé en 1974 ? Pour mémoire, la maison fut rachetée une bouchée de pain par la famille Lutz qui, un mois après, quitta en pleine nuit et en pleine terreur, ce qu’ils décrivirent plus tard comme la « maison du Diable ». Bon. Un livre suivit, best-seller bien entendu, et un film, terrorisant à l’époque tout un public, aujourd’hui, difficilement supportable tant il est médiocre sur tous les plans. Pourquoi en faire un remake, ça, c’est un mystère. Aujourd’hui, certains terreurs sont devenues de simples mythes qu’on ne raconte même plus au coin du feu tant le ridicule prend le dessus. L’histoire de la maison d’Amityville en fait partie. Certes, le massacre de la famille reste étrange comme le souligne dans les bonus le shériff de l’époque. Pour le reste, hein, on a quand même fini par crédibiliser une arnaque montée par le couple Lutz. Mais Scott Kosar, le scénariste à qui on doit aussi le remake de « Massacre à la tronçonneuse », prend une approche plus intelligente tournant autour d’une famille qui a du mal à se souder, les Lutz, et pour qui intégrer cette maison, peut signifier aussi révéler des aspects plus noirs, déséquilibrés et instables de la personnalité de chacun comme ceux qui amenèrent le fils DeFeo à massacrer les siens . Ensuite, tout ce qui a trait à une maison hantée est purement évincé par une réplique en début du film qui le situe bien par rapport à l’original et à cette histoire : les maisons maléfiques n’existent pas, seuls les gens sont mauvais. A partir de là, « Amityville » gagne en qualité : les personnages sont plus crédibles, leurs terreurs peuvent être expliquées, et on peut arriver à croire à des manifestations d’esprits non pas maléfiques mais « damnés », refusant de ne plus exister (aucun lien avec la religion, hein !) suite à une mort violente du temps où ils étaient vivants. On n’échappe pas à des petites peurs complètement surnaturelles donc assez absurdes mais on ne peut qu’admettre que dans l’ensemble, ce remake tient bien mieux la route que tout ce qui a été dit précédemment sur cette maison. Certaines séquences sont par contre complètement flippantes comme celle de la gamine flânant sur le toit de la maison qu’on n’a jamais autant découvert au passage, et gagnant en efficacité par l’explication donnée, de nouveau liée à ce malaise familial. Tout cela concourt à un film plutôt correct, voir efficace, sans pour autant atteindre le degré de réussite de la précédente production de Michael Bay écrite par ce scénariste doué qu’est Scott Kosar et ayant comme dernier point commun le fait d’être le premier film d’un jeune prodige de la pub, ici Andrew Douglas qui ne possède pas cependant la même puissance que ce fou de Marcus Nispel. Maintenant, l’intérêt du DVD réside aussi dans des bonus qui reprennent en partie quelques documents d’époque présents dans la ressortie « Collector » de l’original. On restera consterné devant les propos de la chasseuse de fantômes qui, tout en caressant son petit chien blanc, nous dit avec un sérieux imperturbable qu’elle a parfaitement ressenti le Mal de cette maison qu’une simple prière a chassé !!! Consternant ! C’est ce qu’on découvrira de plus intéressant à visionner, le reste n’étant que du promotionnel parfait, même si Ryan Reynolds surprend à s’être autant impliqué dans leurs confections. Mais quitte à posséder un film sur cette histoire, celui-ci s’impose assez facilement.

Note : 6/10 DVD : 7/10 (copie excellente, format d’origine 1.85 image 16/9ème)
Bonus : commentaire audio de Ryan Reynolds et des producteurs ; scènes coupées ; reportage d’époque & interviews des « survivants » ; making-of.

St. THIELLEMENT



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