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  Sommaire - BD -  Harkhanges : T.2 - Les Chants de l’Entropie -

"Harkhanges : T.2 - Les Chants de l’Entropie - " de Froideval et Angleraud

9/10

En ce début d’album, ils sont quatre à s’engager sur la quête de la parole perdue. Celui qui la trouvera pourra être élu par les douze Harkhanharkanges, les maîtres suprêmes, et prendre la place de l’empereur, place vacante depuis plus de mille ans. C’est une quête terrible où les meilleurs des douze ordres magiques affrontent sans succès l’Entropie.
Ils sont donc encore quatre sur le parcours qui mène vers le Sygil : deux filles et deux garçons. L’élève Asbeth, un mage de l’ordre noir, et son démon les surveillent, faisant naître des hordes de nécroanimations et d’enthropes. Mais il en faut plus pour arrêter les quatre héros. Par hasard, Asbeth crée un gigaenthrope et fuit, terrorisé, se réfugier vers le groupe. Ils reçoivent, alors que la lutte contre l’entité atteint un stade critique, un renfort inattendu en la personne de Richard, mage de guerre, envoyé par son ordre à leur secours. Asbeth s’intègre au groupe tout en continuant à essayer d’en détruire les membres. Peuvent-ils réellement lutter contre les légions du maître de l’Entropie ?

Froideval donne à son récit, très typé fantasy, un rythme enlevé, animant un groupe de personnages aux profils emblématiques. Il crée, avec Harkhanges, un nouvel univers structuré autour de douze courants de magie, douze écoles différentes, qui lui laissent une marge de manœuvre et de développement conséquente. Il exploite fort bien, d’ailleurs, ces possibilités avec un scénario intrigant. L’humour décalé, voire acide de l’auteur fait merveille, renforcé par l’usage anachronique d’expressions utilisées par la jeunesse d’aujourd’hui, dans un univers de fantasy au cadre très classique.
Il anime, avec Asbeth et son démon, un couple proche de ceux formés par des clowns, avec des rapports de force, de tyrannie et le comique qui en découle. L’auteur accorde une large place aux combats, aux affrontements très physiques. Froideval apprécie le spectaculaire et il est à l’aise dans le grandiose.

Sylvain Guinebaud va dans la même sens que son scénariste et réalise des dessins tout à fait intéressants, avec un graphisme qui retient l’attention. Il excelle dans les vues éclatées, celles où il s’affranchit des cases, pour une mise en scène imposante des combats.
Il crée des personnages toniques et sait donner vie et dynamisme à des monstres et autres entités maléfiques. Le démon maladroit et gaffeur qui accompagne Asbeth est particulièrement réussi et force la sympathie.
Certes, bien qu’il reste beaucoup à découvrir dans cet univers, la petite partie du voile, soulevée dans l’album, laisse augurer une suite alléchante et de beaux moments de lecture.

Serge Perraud

Harkhanges : T.2 - Les Chants de l’Entropie, scénario de François Froideval, dessin de Fabrice Angleraud, Albin Michel, novembre 2005, 56 pages, 12,50 €



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