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  Sommaire - BD -  ANGEL HEART 1-11

"ANGEL HEART 1-11 " de Tsukasa Hojo

9/10

ça te dit de faire une promenade avec moi ? sous une pluie de balles !

A Taiwan Xiang-Ying, alias "Glass Heart" qui, malgré ses quinze ans est la tueuse la plus froide et la plus efficace de l’organisation Phénix, vient de sortir de son coma. Elle s’échappe avec son habileté coutumière, mais en étant beaucoup moins discrète. Ses employeurs soupçonnent que la modification de son comportement serait due à l’influence de son coeur transplanté, celui d’une jeune femme au coeur pur. Pendant ce temps au Japon un homme s’interroge sur le sort du coeur de sa partenaire décédée. Il a en effet été dérobé alors qu’il devait être transplanté sur un malade. Au fond de lui il est persuadé que le coeur de son amie reviendra auprès de lui.
Les sentiments du précédent possesseur du coeur poussent Glass Heart à la recherche du partenaire de la défunte : un homme de main nommé...City Hunter. City Hunter ? Le tireur d’élite à la libido exacerbée qui se prenait régulièrement des massues de 100 tonnes en pleine tête ? D’autres personnages refont leur apparition, que ce soit la belle policière ayant pris du galon où l’ancien et massif mercenaire reconnaissable à son crane chauve et à ses lunettes noires. En fait tous ces détails servent à rappeler les bases de la série précédente. Ainsi alors que Glass Heart cherche désespérement le tableau des messages servant à contacter City Hunter en écrivant les lettres XYZ, elle s’aperçoit que le tableau n’existe plus. La généralisation des portables est passée par là. City Hunter appartient désormais à la légende !
En fait une nouvelle saga commence (1), tout en étant liée à la précédente. Nous faisons connaissance avec le père de "Glass Haert" qui se trouve être une vieille connaissance de Ryo Saeba (alias City Hunter, alias Nicky Larson dans la version française). Celui-ci et la jeune tueuse se retrouvent dans le café que tiend un collègue retiré des affaires et à qui il arrive de servir les clients au bazooka (est-ce bien utile de le nommer ?). C’est également là que convergent une horde de tueurs afin de les éliminer. Mais Ryo est bien décidé à protéger celle qui est en fait la fille que Kaori et lui n’ont jamais eu. Mais à partir de là le romantisme-tragique bascule dans ...comment dire...la "larsonnerie" caractéristique ?. Il est vrai que le style n’appartient qu’à lui seul. Ryo attire une meute de tueurs professionnels dans le quartier des "love-hotels", là où autrefois il espionnait...hum, dans la traduction française du dessin-animé il s’agissait des serveuses des restaurants végétariens (oui, bon, c’était diffusé dans le club Dorothée !). On peut se demander si c’est vraiment Nicky qui est incontrôlable ou bien l’auteur lui même (présent dans le tome 2 quand Ryo fait une petite incursion dans son atelier de mangaka). Mais signe des temps, Ryo attrape un petit lumbago en plein milieu d’une fusillade "c’est moche de vieillir", alors qu’on découvre des constantes. Le corps de Glass Heart, influencé par le coeur de Kaori, réagit à des automatismes. Faute de massue de cent tonnes elle improvise : le changement dans la continuité.
Evidemment il faut lui apprendre les vertus de la vie normale par exemple qu’on ne se coupe pas les cheveux au poignard et qu’on peut apprécier la brise de printemps ("c’est vrai, un vent comme ça n’est pas assez fort pour perturber la trajectoire des balles"). Bon, il y a du boulot.
Ryo se retrouve père adoptif de Xiang-Ying, bénéficiant de l’aide de l’aide de Falcon et de Saeko l’inspectrice manipulant les hommes (qu’un sérial-killer a décidé d’éliminer avant que l’âge ne lui fasse perdre sa beauté, nous apprenons ainsi qu’elle a 39 ans !), alors que City Hunter reprend du service.
Tsukasa Hojo joue sur le comique de situation. Ryo place Xiang-Ying en présence de son père biologique, mais elle ne comprend pas pourquoi tout le monde panique en la voyant accompagné du patron de la pègre de Taiwan. Je soupçonne quelqu’un, doté d’un sens de l’humour discutable (suivez mon regard), d’avoir profité du fait que Falcon soit devenu aveugle pour lui offrir un pijama orné de motifs de chats. Quoiqu’il en soit alors que Liu son ami de l’organisation Phénix travaille dans le café que tiend l’ancien mercenaire, Glass Heart trouve un emploi similaire dans un restaurant chinois voisin. Comme il vient d’ouvrir il reçoit la visite de Yakusas. L’un d’entre eux vient de reconnaître la serveuse et bafouille, essayant de prévenir son patron que racketter ce restaurant n’est pas une bonne idée...trop tard.
Entre les sentiments et l’action, les gags retrouvent la place qu’ils avaient dans City Hunter. Ainsi, alors que passe une ravissante jeune femme, Ryo passe en mode "mokkori" (terme que je ne traduirais pas !), ce qui entraine une réaction de Xiang-Ying qui passe en mode "Kaori".
La mémoire du coeur de Kaori nous permet de nombreux flash-back où on trouve le passé de City Hunter et de nombreux protagonistes (les experts auront remarqué les différences entre la version classique et cette version plus moderne).
Néanmoins un élément essentiel de la saga originelle refait son apparition : la massue de 100 tonnes !

(1) : adaptée en série animée à la télévision japonaise

Damien Dhondt

Auteur : Tsukasa Hojo _ Angel Heart 1-11 _ Traduction : Xavière Daumarie _ Generation Comics _ Inédit, moyen format, noir & blanc, sens de lecture japonais, 210p. 8,95 euros



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