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  Sommaire - DVD -  A - F -  Empire du soleil
"Empire du soleil "
de Steven Spielberg

Avec John Malkovich, Miranda Richardson, Christian Bale
Warner Home Vidéo

Un Spielberg méconnu, échec commercial cuisant à l’époque, peu apprécié à l’époque mais qui pourtant compte parmi ses œuvres les plus fortes, les plus abouties, marquant un tournant dans sa carrière vers des sujets plus sérieux, plus adultes. Et dans son premier rôle, Christian Bale, alors jeune gamin, aujourd’hui faisant un retour en force au cinéma avec, en deux-trois ans, « American psycho », « Le règne du feu », « Equilibrium » et bien entendu, « Batman begins ».
En 1937, à Shanghai, à l’aube de l’invasion nippone, Jim, onze ans, fils d’une famille anglaise détachée là-bas, plonge dans le maelström de la guerre. Ses épreuves dureront 4 ans, l’amenant à passer de l’enfance à l’âge adulte plus tôt que la normale.
Un film colossal, tourné sur place, et qui marqua pour Spielberg une date importante dans sa carrière. Comme il le dit lui-même à un moment du documentaire composant le second disque de cette édition Collector, il voulait passer à autre chose, changer des films où il préserve l’innocence de l’enfance à quelque chose qui montre la transition vers un âge plus mature, plus adulte. Une évolution en parallèle à la sienne, où peu à peu, le « golden boy » des « Dents de la mer », de « Rencontres du 3ème type », des « Aventuriers de l’arche perdue » avait d’autres envies. Ses retours vers sa première période trouvèrent en « Hook » la preuve irréfutable que cela était bel et bien fini (c’est son seul navet, et il est de taille !), mais cela l’amena aussi vers des projets définitivement adultes allant du meilleur (« La liste de Schindler », « Il faut sauver le soldat Ryan », « Arrête-moi si tu peux » et « Le terminal », en attendant « Munich ») au pire (l’académiquement chiant « Amistad ») en passant par des divertissements d’adultes (« Jurassic park », « A.I. » et bien entendu son dernier chef d’œuvre en date, « La guerre des mondes »). Adapté du bouquin en partie autobiographique de J.G. Ballard, « Empire du soleil » était donc une entreprise énorme comme Spielberg n’en avait jamais faite auparavant. L’année précédente, le succès de « La couleur pourpre » avait convaincu des producteurs qu’il était prêt pour un cinéma plus sérieux. Mais beaucoup voulaient voir une sorte de film d’aventures plus sérieux et non pas une tranche de vie implacable d’un enfant devenant au fur et à mesure des évènements qu’il vit dans un conflit guerrier, l’homme qu’il sera plus tard. Pourtant, tout le talent de Spielberg explose bel et bien dans ce film. Il n’a pas son pareil pour montrer une émotion d’enfant face à des choses simples, nous rappelant que son jeune héros n’a que onze ans. Tout ce qui suivra sera une monumentale épreuve de courage l’amenant à perdre cet âge de l’innocence. De cela nait un film impressionnant, magnifique, passionnant, un des meilleurs d’un des plus grands cinéastes du moment, un film à redécouvrir de toute urgence et dont beaucoup, c’est quasi-certain, se surprendront à trouver bien meilleur qu’au moment de sa sortie. En plus, le Collector apposé sur la jaquette est justifié par un long making-of d’époque qui se révèle être plus un « journal de tournage » qu’un simple outil promotionnel. Il n’est pas signé Laurent Bouzereau (créateur attitré des bonus des films de Spielberg, pour une bonne partie d’entre eux du moins) mais il n’en est pas moins pour autant d’un intérêt relatif. Au contraire, il permet de voir souvent Spielberg à l’œuvre, ce qui comme pour « Les dents de la mer », est un témoignage passionnant quant à sa méthode de travail. A part ça, rien d’autre mais d’un autre côté, 50 minutes d’un tel documentaire valent bien tous les bonus langue de bois de films à l’intérêt des plus relatifs. Mais une chose est certaine : dans votre DVDthèque de Steven Spielberg, « Empire du soleil » se doit d’y figurer, surtout que vous aurez le film dans une excellente copie. Si un jour Universal pouvait faire la même chose avec « Always », qui est toujours en 4/3, c’est Steven qui serait content, c’est sûr !

Stéphane Thiellement

Note : 9/10 DVD : 7/10 (copie excellente, format d’origine 1.85 image 16/9ème)
Bonus : bande-annonce ; documentaire : L’odyssée de la Chine (50 mn).



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