SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No104
103
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  G - L -  Kingdom of Heaven
"Kingdom of Heaven"
de Ridley Scott
 

Avec Orlando Bloom, Eva Green, Liam Neeson, Jeremy Irons, Edward Norton
Pathé Vidéo

On ne présente plus Ridley Scott. Ce cinéaste british, devenu « Sir » il y a quelques temps, propriétaire avec son frère Tony des studios Shepperton, ayant débuté par des publicités qui firent sa renommée dans l’esthétisme visuel avant de s’attaquer à son premier long-métrage, le très beau « Duellistes », avec beaucoup de ténacité (personne ne voulait le produire, il gagna un prix à Cannes mais fut un monstrueux échec commercial en salles avant de se refaire une carrière en vidéo et surtout en DVD dans une copie sublime, ce qui était nécessaire au vu du film !), Scott connut le succès avec le quand même un peu surestimé « Alien » (quand on voit celui de Cameron, hein, avec le temps, ça passe moins bien !) et puis pas mal de chutes même si elles n’étaient pas méritées : « Blade Runner », « Legend », l’intimiste (mais aussi excellent et un de ses meilleurs film) « Traquée », « Black Rain » (dont on attend toujours une réédition dans une copie 16/9ème), il ne renoue avec le succès qu’avec « Thelma & Louise », s’égare avec Depardieu dans ce qui constitue son pire film, le poussif « Christophe Colomb, 1492 ». Suivent « GI Jane » (loin d’être aussi mauvais qu’on ne le dit !), le magnifique et incompris « Lame de fond ». Que des échecs. Arrive 2000 et « Gladiator », méga succès, relançant la carrière de Scott de façon étourdissante : ses films suivants sont aussi d’énormes succès :le remarquable « La chute du faucon noir » qui aurait du lui valoir l’Oscar de la mise en scène (c’est Ron Howard qui l’obtint pour « Un homme d’exception ») et « Hannibal » dépassent les 100 millions au box-office US. Seul « Les associés » avec Nicolas Cage ne cartonne pas. Et « Kingdom of heaven » non plus. Pourtant, beaucoup y croyaient, même avec en tête d’affiche le falot Orlando Bloom (mais comme l’a dit Ridley Scott, certains de ses gros films étaient avec des quasi-inconnus pas chers devenus depuis des méga-stars hors de prix comme Tom Cruise ou Russel Crowe, donc pourquoi pas Orlando Bloom ? Ben parce que, justement !) extirpé du « Seigneur des anneaux » alors qu’il est loin d’être l’acteur le plus mémorable, tout comme dans « Pirates des Caraïbes » et comme le confirme l’insupportable « Elizabethtown ». Aujourd’hui, (re)découvrir le film en DVD a tendance à lui rendre plus de qualités, surpassant sans problème son concurrent d’alors, « Alexandre », en tout cas à en faire un des meilleurs films de Scott, et à découvrir en plus, comme dans l’édition spéciale de « Gladiator » la machine Scott au travail, réellement impressionnant.
Au Moyen-Age, Balian vient de perdre sa famille et sa foi. En rencontrant le chevalier Godefroy d’Ibelin, il apprend sa véritable lignée et part pour la Terre Sainte où Balian redécouvrira l’amour, la foi, et montrera un courage exemplaire lors de grandes batailles nécessitant le plus valeureux des chevaliers.
Bon, c’est un peu plus tarabiscoté que ça, mais il vaut mieux le voir car se plonger dans le nom des rois et autres seigneurs des guerres saintes peut en égarer plus d’un(e) à la lecture. L’important ici est de mettre en avant un nouveau grand film de Scott qui, comme il le dit lui-même dans les bonus, retrouve ce pour quoi il est le meilleur : recréer des univers fantastiques. Là-dessus, pas de problème, le résultat le prouve. Par contre, sur le thème des Croisades, force est de reconnaître que la toute première partie avec Liam Neeson en Godefroy permet de repenser au film qu’aurait du faire Paul Verhoeven avec Schwarzenegger sur un script de Walon Green (« La horde sauvage », comme titre de gloire, hein, pas mal...) avec nostalgie. Car tout ce qui suivra ne renouera que rarement avec le réalisme barbare de cette époque, on tomberait plus dans une sorte de romanesque chevaleresque. Ce qui ne nuit pas au résultat final, puisque à la revoyure, le film de Scott gagne en qualités : certaines scènes sont magnifiques, grandioses et on ne peut qu’admettre le talent de Sir Ridley lors de ces moments-là. En même temps, on retrouve les défauts de « Gladiator » surtout lors des scènes de bataille, filmées un peu comme un maelström de bruits et de fureurs où on ne discerne plus rien ! La scène où une des tours faisant le siège en est une des meilleures preuves. Au final, on se surprend à s’être passionné pour ce long spectacle au point d’en avoir oublié les premiers regrets qui commençaient à poindre. Arrivent alors les bonus, et là, on prolonge encore plus le spectacle. Surtout avec un très long making-of qui démontre toute la tactique de Sir Ridley quand il met un projet en place : c’est simplement monumental, et on ne peut que rester muet devant l’ampleur de la recréation de cet univers. Voir Sir Ridley tout planifier, story-boarder lui-même jusqu’au dernier moment son film ne peut que susciter un total respect pour le bonhomme, qu’on aime ou non ses films. A noter que c’est le spectateur qui choisit dans le menu la partie qu’il veut voir traitée. C’est ludique, un gadget comme un autre. Ensuite, plus historiquement dirigés, 2 documentaires nous replacent dans le contexte historique pour un résultat assez universitaire dans son déroulement. Bon déjà, si vous avez (re)vu le film, et ensuite vous vous êtes tapé le passionnant making-of, hein, vous pouvez remettre à plus tard le reste. Car une fois terminé tout ça, on ne pourra que convenir que « Kingdom of heaven » fait partie des plus belles réussites de la carrière de Sir Ridley, tout simplement.

Stéphane THIELLEMENT

Note : 9/10 DVD : 10/10 (copie magnifique, format d’origine 2.35 image 16/9ème)
Bonus (vostf) : sur disque 1 : commentaires audio ; sur disque 2 : making-of interactif ; documentaires historiques ; reportages sur les costumes & décors.



Retour au sommaire