SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No106
106
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  A - F -  Final cut
"Final cut"
de Omar Naim
 

Avec Robin Williams, Mira Sorvino, Jim Caviezel
Metropolitan Vidéo

Un titre relativement banal, une affiche française très laide, un film dont on ne sait rien, logiquement un échec en salles et pourtant, au bout du compte, « Final cut » se révèle une excellente surprise, qui plus est appartenant au genre de la science-fiction auquel se greffe une trame policière avec pour cimenter le tout un drame poignant. Ni plus ni moins.
Dans un futur proche, une nouvelle technologie permet d’implanter chez tout humain le désirant une puce électronique qui enregistre toute votre vie depuis le premier moment où vous ouvrez les yeux. A votre mort, ce film est donné à un « monteur » qui en prend les meilleurs moments pour en obtenir un film testament le plus positif possible. Alan Hackman est le meilleur de tous. Mais il cache aussi un secret de son passé qui lui permet d’être neutre quant à ce qu’il voit de la vie des autres, à savoir leurs vices les plus abjects comme les moments les plus intimes. En obtenant le montage de la vie de l’avocat de la société gérant le monopole de cette invention, Alan va découvrir une clef pour revenir à son propre passé pour l’exorciser. Mais des détracteurs à cette invention « contre-nature » vont tout mettre en œuvre pour s’approprier cette puce bien précise, qui pourrait les aider à renverser le nouveau pouvoir créé par cette extraordinaire puce.
Pour un premier film, Omar Naim fait fort. Oh, ce n’est pas un chef-d’œuvre, « Final cut » n’étant pas exempt de défauts comme celui de ne pas aller jusqu’au bout de certaines idées (on en saura très peu sur la multinationale créatrice de la puce, l’aspect terroriste des détracteurs est présent mais qui en sont les meneurs ? etc...) mais l’idée est excellente, le traitement des plus intéressants, emporté il est vrai part la performance d’un Robin Williams, toujours très joyeux comme Droopy (« You know what ? I’m happy... ») mais qui en même temps génère parfaitement bien un personnage prisonnier d’un lourd secret d’enfance lui permettant de demeurer hermétique à certains des aspects les plus ignobles de l’âme humaine. Même son histoire d’amour repose en partie sur un des « films » qu’il a montés, preuve qu’il en est que sa vie ne lui appartient plus du moins jusqu’à ce qu’il découvre un élément qui va lui permettre de la vivre autrement. L’aspect futuriste est ténu mais bien présent, se conjuguant parfaitement avec le policier au travers d’un groupe hostile à ce procédé. Et là, Naim surprend parce qu’il a tendance, consciemment ou non, à prôner une forme de terrorisme ! De tout cela naît un film un peu hors normes, différent mais aussi captivant, intègre, allant jusqu’au bout d’un final qui ne pourra pas aider la carrière commerciale d’un sujet déjà un peu casse-gueule mais qui a au moins le mérite de s’assumer. C’est de nouveau le support DVD qui va lui donner une nouvelle chance, surtout qu’en plus, les bonus ne sont pas maigres : on retiendra surtout un making of pas si promotionnel que ça où Naim nous dit que c’est en recherchant l’identité de ses parents qu’il eut l’idée de « Final cut » ! Des scènes coupées, on retiendra celle où on en apprend un peu plus sur Jim Caviezel, ex-monteur passé de l’autre côté. Enfin, au vu du budget, l’incroyable soin apporté aux décors, qui devaient conserver une impression de nostalgie du passé expliquant l’engouement pour cette puce. Bref, voici donc un film à (re)découvrir de toute urgence, faisant de son jeune auteur quelqu’un à suivre de près si jamais il remet un jour le couvert pour un projet tout aussi peu conventionnel mais qui dans l’ensemble se révèle bien plus riche que certaines grosses productions pourtant vendues comme telles.

Stéphane Thiellement

Note : Film : 8/10 DVD : 4/10 (copie excellente, format cinéma 2.35, image vidéo 16/9ème compatible 4/3 )
Bonus : making of ; documentaires les effets visuels, les décors, et comparaison avec les story-boards ; scènes coupées ; bande-annonce originale du film & d’autres titres ; commentaire audio du réalisateur.



Retour au sommaire