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  Sommaire - BD -  Myrkos 2 L’insolent

"Myrkos 2 L’insolent" de Kraehn & Miguel

1) Critique de Damien

7/10

"J’ai trouvé le secret du dessin en profondeur !!"

Non seulement Myrkos a décidé d’expérimenter son talent de dessinateur sur des femmes nues (prostituée, fille de gouverneur), mais il ne respecte pas les règles artistiques, ce qui est une atteinte au sacré. Cette élève de la Scola risque sa vie pour briser le carcan des règles artistiques et donc religieuses.
Par l’intermédiaire de la description de l’architecture comme du milieu naturel, le dessinateur se livre avec talent à l’élaboration de cette antiquité différente (antic-fantaisy). Par contre la transformation du discours "T’as bouffé de la Blache enragée ?" ou bien "J’en ai ras l’écuelle" sonne creux. On trouve même un musculaire noir du nom de Taïzhöne. Ces allusions sont loin du niveau de Goscinny.
Mais un nom en rappelle un autre dans notre univers : celui de l’énigmatique Hrystos préchant pour un dieu unique. Il semble que le scénario ne va pas seulement concerner un étudiant en art.

Damien Dhondt

Scénario : Jean-Charles Kraehn, Dessin : Miguel de Lalor Imbiriba, Couleur : Patricia Jambers _ Myrkos, tome 2 : L’insolent _ Dargaud (septembre 2005) _ Inédit, grand format, couleurs, 48p. 13 euros

2) Critique de Serge

8/10

Myrkos est un brillant élève ornemaniste de la scola impériale. Mais l’art trop figé, trop codifié l’ennuie. Il préfère rejoindre, de nuit, les bas quartiers où il dessine des prostituées. Dans le cimetière où il vient d’enterrer sa mère, il découvre les prémices de la perspective. Il n’aura de cesse, alors, de travailler sur ce dessin « en relief ». Il doit cacher ses oeuvres, car l’art non officiel est formellement interdit et ses auteurs punis de mort.
Dans ce tome deux, nous retrouvons Myrkos et son ami Dhellou, désignés par le conseil de l’école pour travailler sur le projet d’ornementation du temple privé d’un grand seigneur. Mais Dhellou, poussé par Carcanth, un professeur dont notre jeune héros s’est attiré la haine, refuse le travail en équipe et propose un travail individuel concurrent. Alors qu’ils se rendent sur les lieux, Myrkos est pourchassé par un chef de bande dont il s’est également attiré l’inimitié. Il réussit à lui échapper une fois de plus, mais... pas aux dix coups de fouet infligés par ses maîtres, pour lui faire avouer les liens qu’il entretient avec les bas-fonds.
Pendant qu’il progresse dans la maîtrise de la perspective, dans le réalisme des nus féminins, son ami jaloux l’espionne pour trouver les moyens de précipiter sa chute.

Dans un monde antique alternatif, cependant bien proche des sociétés méditerranéennes qui sont les bases de notre actuelle civilisation, l’école prépare les décorateurs de demain. C’est une activité qui n’est pas innocente. Elle est le bras du pouvoir, l’outil qui maintient par sa rigueur et sa durée, l’autorité en place. L’ouverture sur d’autres formes signifierait l’introduction de formes de pensées plus libérales. Au delà de cet aspect purement politique, mais pourtant bien réel, (il suffit pour s’en convaincre de regarder ce qu’était l’art officiel et unique dans nombre de pays totalitaires) Kraehn illustre la classique révolte des adolescents. Ceux-ci ont la volonté de faire bouger une société qui leur semble trop pesante, trop étriquée par rapport à leur soif d’espace, d’absolu et de liberté. Cet aspect là est bien illustré par la confidence de Thalmis, ce professeur qui soutient Myrkos, avouant s’être acheminé sur la même voie, mais avoir abandonné ...comme nombre d’adultes qui laissent derrière eux :« leurs rêves inachevés, leurs restes d’espérance ».

Le dessin de Miguel s’affirme par rapport au premier album, commence à trouver une maturité. Il rend tangibles les affres du jeune élève, ses doutes et son amusement lorsqu’il joue avec le danger. La représentation des lieux, des scènes de mouvement est attractive. Un auteur à suivre, comme la série d’ailleurs qui, sous une présentation encore fort classique, révèle cependant une capacité à étonner, ainsi qu’humour léger et une action soutenue.

Serge Perraud

Myrkos : T.2 - L’Insolent, scénario de Jean-Charles Kraehn, dessin de Miguel, Dargaud, septembre 2005, 48 pages, 13,00 €



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