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  Sommaire - DVD -  A - F -  Elektra (Edition zone 2)
"Elektra (Edition zone 2)"
de Rob Bowman

Avec Jennifer Garner, Terence Stamp, Goran Visnjic
20th Century Fox Vidéo

Encore une adaptation d’un comics qui en fit hurler plus d’un (e). A juste titre ? Oui et non. Déjà, une précision : le mètre étalon du pire passage d’un super-héros du papier sur pellicule revient sans nul conteste, ni concurrent encore à l’heure actuelle, à « Catwoman » qui constitue toujours ce qu’on voir de pire, même dans son édition DVD, faut le faire ! Eventuellement, juste en dessous, on trouvera « Constantine ». Bon. Il y a trois ans, on eut droit à « Daredevil » qui ne constitua certainement pas non plus l’horreur tant décriée un peu partout : pour une fois, Ben Affleck était assez bon, seule la mise en scène « empruntée » à d’autres adaptations de comics (« The crow », surtout...) de Mark Steven Johnson nuisit au film. Son director’s cut sorti directement en DVD atténua un peu la rancœur à l’égard du film, au point qu’on en oublia la version cinéma rapidement. Dans les points négatifs au film, il y avait le personnage d’Elektra, son nouveau look surtout, et sa trop grande « sagesse ». Mais les producteurs sentant une possibilité de rentabiliser le personnage en firent donc un film basé sur elle seule. En satisfaisant quand même un peu plus les fans, sans pour autant aller jusqu’au bout, loin de là. Ca, c’est pour le côté négatif. Doncx, on retrouve une Elektra dans son costume rouge, mais en pantalon, parce que le string cuir à lanière, la prude Jennifer Garner (une Sandra Bullock bis, elle) n’y adhère pas du tout. Tueuse parfaite, impitoyable, Elektra ressuscite par le pouvoir de son Maître. Mais à la recherche d’elle-même, Elektra se contente d’appliquer son talent d’assassin. Jusqu’à son bannissement qui l’amène à se promettre que son prochain contrat sera son dernier. Mais il s’avère qu’il pourrait s’agir aussi de découvrir dans la fille de sa victime le « Trésor » si convoité par les Forces du Mal et du Bien.
Pris tel quel, « Elektra » se révèle des plus plaisants, surtout qu’il est signé Rob Bowman, qui montre de nouveau son talent après « X Files - le film » et surtout « Le règne du feu ». esthétiquement, visuellement, « Elektra » est un superbe spectacle. Là où le bât blesse, c’est dans son personnage, vraiment trop sage par rapport au comics. Déjà, Jennifer Garner : dans le genre vénéneux et psychopathe, torturée psychologiquement, instable, hein, faut y croire. Peu y arrivent. Seule Sharon Stone possède dans le regard cette folie et cette détermination, qui fait qu’on ne lui aurait jamais tourné le dos. Prenez « Basic Instinct”, mettez y une Sandra Bullock ou une Jennifer Garner à sa place, fermez les yeux... Et arrêtez de rire ! Autre déception, ce personnage du « Trésor », une adolescente un tantinet crispante parfois. Heureusement, il reste les autres : Terence Stamp en sensei aveugle est parfait, et les méchants sont superbement bien recréés. Tout cela mis en scène par un Rob Bowman un peu contraint et forcé de respecter un cahier des charges pour un public visé jeune (voir son commentaire sur la seconde scène coupée où il dit avoir voulu que Goran Visjnc, assez inutile au passage, meurt mais que tout cela devenait trop dramatique pour le studio..) mais qui s’en sort avec les honneurs tant son film pris indépendamment du fait d’exister initialement en comics, se révèle être un très beau spectacle. Maintenant, côté DVD, on passera sur un making-of promotionnel pour se jeter sur un passionnant documentaire de presque une heure sur le comics (stupidement titré sur la jaquette « Jennifer Garner est Elektra » !) avec les interviews de Frank Miller, le créateur, et des scénaristes successifs, tous ceux qui firent la légende de la plus fascinante des assassins, vue aussi comme la représentation de la vie sexuelle des super-héros, dixit Miller ! Chaque dessin achève de nous frustrer de voir en Elektra de chair et de sang une Jennifer Garner qui sans être sans relief, ne possède que peu des attributs de son personnage, tant physiques que psychologiques. Qui d’autre alors ? Il y a quelques années, il aurait pu y avoir Famke Janssen, Dina Meyer éventuellement. Aujourd’hui, Elektra est encore à découvrir. En attendant, il ne faut pas non plus jeter le film de Rob Bowman au feu, le gars est doué, il mérite mieux et son film se situe à des coudées au dessus d’un ratage monumental et total comme « Catwoman ».

Stéphane Thiellement

Note : 7/10 DVD : 8/10 (copie magnifique, format d’origine 2.35 image 16/9ème)
Bonus (vostf) : bandes-annonce ; making-of ; 3 scènes coupées avec commentaire optionnel de Rob Bowman pour les 2 premières ; documentaire : Elektra en BD (50 minutes).



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