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  Sommaire - Livres -  S - Z -  La Disparue de l’Enfer, tome 1 et 2



"La Disparue de l’Enfer, tome 1 et 2 "
de
David Weber

Editeur :
L’Atalante
 

"La Disparue de l’Enfer, tome 1 et 2 "
de David Weber



9/10

Lady Honor Harrington a été contrainte de se rendre à l’ennemi pour sauver sa flotte tombée dans une embuscade. Les circonstances en ont été minutieusement relatées dans les deux volumes précédents qui composent Aux mains de l’ennemi. (L’Atalante, mars 2004)
Ce huitième opus de la saga Harrington s’ouvre sur une scène dramatique : Honor, condamnée à mort par un tribunal civil de Havre, est exécutée par pendaison.

David Weber, comme nombre de ses collègues auteurs anglo-saxons, propose des romans au volume conséquent. Et comme il faut bien remplir ce volume avec d’autres sujets qu’une succession ininterrompue de batailles navales et d’affrontements diplomatiques ou suscités par l’ambition personnelle, il doit aborder d’autres sujets. C’est ainsi qu’il nous informe sur la génétique des Graysoniens, sur la façon employée par les pionniers pour que les populations s’adaptent rapidement au taux important de métaux de la planète, sur le droit successoral en vigueur sur Grayson et le problème posé par la mort d’Honor, « une étrangère » sans héritier, sur les chats sylvetres, sur l’escapade de la famille du Protecteur... Et pendant ce temps-là le lecteur, sadiquement stressé avec l’annonce de la pendaison d’Honor, film à l’appui, est sur des charbons ardents. Weber a bien laissé supposer qu’il pourrait s’agir d’un montage ! Mais on n’en n’est pas sûr ! Cependant, le lecteur angoissé devrait se rassurer, car a-t-on déjà vu un auteur tuer son héroïne dès les premières pages du livre ? Non ! ...Oui, mais les auteurs d’aujourd’hui sont capables de tout !
Et il faut attendre la page cent-soixante-deux pour retrouver notre héroïne au cœur pur en train de peigner son matou, après s’être évadée du Tepes, le navire qui l’emmenait vers Hadès et vers la mort. Ouf ! Cependant, que peut-elle faire avec sa poignée de fidèles et ses deux BAL (Bâtiment d’Assaut Léger) bloquée sur une planète qui ne comporte aucun aliment métabolisable par un humain ? Mais c’est mal connaître Honor...

Cela dit, David Weber maîtrise son métier et réussit à rendre intéressants, à défaut d’être passionnants, des sujets de droit, de biologie, de transmission..., qui, à priori, sont rébarbatifs. Il en aborde bien d’autres, car sa palette est impressionnante. Nicolas Bouchard réussit également ce tour de force avec les notions de droit civil et commercial.

À partir de 1937, une armée de lecteurs ont suivi avec frissons les aventures d’un certain Horacio Hornblower, le héros d’une saga maritime qui s’est étalée sur 11 volumes. L’action se déroulait de la fin du XVIII ème jusqu’au milieu du XIX ème siècle et avait pour cadre la marine de guerre anglaise. David Weber s’inspire directement de cette saga et la transpose dans un futur et un univers lointains. Il garde le même esprit avec une flotte de vaisseaux galactiques et des conflits, des guerres, entre le Royaume de Manticorre et la République de Havre.
Evidemment, les vilains méchants sont du côté de la République. Bien qu’il faille être honnête et reconnaître que Weber nous trouve, dans le Royaume, des individus bien peu reluisants. Cependant, ils sont une minorité, alors que chez l’ennemi, ce genre d’individu est monnaie courante.

Il y a toujours de nombreux amateurs pour cette ambiance exotique faite de panache, de gestes élégants, de dévouement à une cause, du sens de l’honneur et de la parole donnée, avec le respect de règles de bienséance écrites ou non.
L’auteur retrouve ce ton général qui s’inspire de celui qui, en principe, devait être celui de la Marine Royale, avec un respect très fort d’une étiquette séculaire et immuable, des titres ronflants et des sentiments « élevés ». Tout cela fleure bon le parfum de ces films d’aventures maritimes des années 30. Mais la réalité devait, en fait, être bien différente.
Honor est de plus en plus marquée physiquement par ses aventures. Elle a perdu un œil, elle laisse son bras gauche pendant son évasion. Elle reste célibataire après la perte de Paul, son grand et unique amour. Mais le mental est toujours là et toutes les épreuves, les tortures physiques et morales, les humiliations subies pendant sa détention de la part de la chiourme de SerSec ne l’ont pas détruite.

...et on en redemande, voulant aller toujours plus loin avec cette héroïne qui force le respect par sa droiture et sa volonté farouche.
Nota : La Disparue de l’Enfer est la suite directe de Aux mains de l’ennemi. Il est recommandé d’avoir lu le premier pour mieux apprécier le second et ...ressentir moins d’angoisse en attaquant cette nouvelle aventure !

Serge Perraud

La Disparue de l’Enfer, tome 1 et 2, David Weber, L’Atalante coll. Août 2005, 492 et 442 pages, 18,90 € le volume.






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