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"Blade Runner - 3"
de
K. W Jeter

Editeur :
J’ai lu (17 octobre 2001)
 

"Blade Runner - 3"
de K. W Jeter



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Futur proche. Sur Mars, dans un cagibi miteux, Rick Deckard se cache et se morfond. Son grand amour Rachael est parvenu au terme de l’existence de réplicante qu’on lui avait alloué. Trop bref bonheur dont Deckard garde une mélancolie féroce. Même Sarah Tyrell, la version originale de Rachael, l’humaine véritable, ne peut dissiper ce souvenir qui le mine. Lui : cynique, désabusé, plongé jusqu’au cou dans son enfer particulier. Elle : jalouse, lasse d’être délaissée, déjà morte peut-être, mais caressant l’espoir d’une vengeance. Il faut bien vivre cependant. Croire que l’avenir est encore ouvert. Là-bas, dans les colonies extra-solaires, par exemple. Aussi, quand on lui propose de travailler à la réalisation d’un film qui retracerait sa carrière de blade runner (et accessoirement de renflouer ses poches) Deckard n’hésite pas un instant. Le voilà parti sur la station d’Hollywood Espace, où son passé le rattrape, se rappelle brutalement à lui. Sous la forme d’un ex-partenaire d’abord ; puis d’un attaché-case pour le moins bavard, qui se révèle être la dernière incarnation de Roy Batty, son meilleur ennemi. Batty a retourné sa veste. Il propose à Deckard d’épouser sa nouvelle cause, de livrer aux réplicants insurgés des colonies les informations contenues dans sa mémoire, déterminantes selon lui pour l’issue de la guerre qu’ils livrent aux autorités terrestres. La clé de la victoire, en somme. Mais rien n’est simple dans ce monde où les secrets se couvrent d’ombres, où le rêve côtoie l’illusion et la fiction, où le double, l’irréel semble parfois plus réel que la réalité... Commence alors pour Deckard et sa femme Sarah, liés par un lien que la distance ne peut abolir, un voyage terrible dans la mémoire, entre manipulation et coups de théâtre. Pour un final résolument noir, où la vérité sonne comme le glas. Là-bas, au milieu des étoiles, ce ne sont plus ceux que l’on imagine qui rêvent de moutons électriques...


En auteur d’expérience, Jeter a su parfaitement restituer l’ambiance glauque, l’onirisme, la dimension métaphysique qui faisaient la force du récit initial. Cette séquelle, qui clôt le cycle, conjugue avec une réussite insolente les couleurs, la froideur des images du film de Scott à la profondeur des réflexions de Philip K. Dick. Paranoïa, confusion des choses, des identités ou des sentiments, mise en abîme de la fiction, l’influence du maître hante chaque recoin, plane sur chaque page. Pour autant, le disciple ne se contente pas de dilapider cet héritage, il le nourrit, il le contamine à sa manière décalée : ce sont les nuances “fantastiques”, la poésie sombre qui parfois jaillissent des mots, et font écho longtemps, longtemps, dans l’esprit du lecteur...


Blade Runner 3, K. W Jeter, Éditions J’ai Lu. Traduction : Guy Abadia, 350 p.


Ramsès






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