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  Sommaire - Dossiers -  L’effet de serre et la science-fiction au cinéma

"L’effet de serre et la science-fiction au cinéma"

Alain Pelosato

L’effet de serre n’a pas vraiment inspiré les écrivains et les scénaristes de science-fiction. Le froid les a toujours beau-coup plus fascinés. Il est vrai que, jusqu’aux années quatre-vingt-dix la prévision de l’aggravation de l’effet de serre était difficile à faire étant donné la complexité de la chose et des faibles connaissances dans le domaine de la météorologie.

Néanmoins, ce problème d’actualité a inspiré deux films de science-fiction excellents : "The Arrival" (Ils arrivent !) et "The Arrival 2". J’y reviendrai de suite.

Avant, je voudrais citer un film qui montre les effets graves des diverses pollutions sur notre pauvre planète et son humanité : "Soleil vert " (1973) de Richard Fleischer. A l’époque de sa sortie on ricanait beaucoup, maintenant on le passe et on le repasse (!) à la télévision... L’histoire raconte comment les pollutions ont rendu la vie très dure par manque de nourriture et d’eau potable. Le climat lui-même a été dégradé et une société de classes sans pitié règne sur le monde et réserve à une "élite" les bienfaits de ce qui nous paraît normal à nous autres : l’eau fraîche et potable, la viande de bœuf.... Même les fem-mes ne sont plus que des objets de plaisir pour les hommes. Dans ce film, l’effet de serre est sous-jacent, mais l’histoire mon-tre bien les effets sociaux de tels problèmes d’environnement.

Un autre film plus récent, mais hélas pas très réussi, montre notre brave Terre envahie par les eaux : "Waterworld" (1995) de Kevin Reynolds. Ce qui est amusant dans ce film, c’est d’abord le générique, car on voit les continents de la planète bleue du sigle de la compagnie "Universal" progressivement envahis par la mer, et, ensuite, le fait que les pirates se sont installés dans les cuves d’un pétrolier géant qui finit aussi par couler. Quel symbole ! On peut aussi se reporter au merveilleux roman de l’écrivain anglais J.G. Ballard, "Le monde englouti" (1962, déjà !). On se souvient également que cet écrivain est l’auteur du terrifiant "Crash" dont David Cronenberg a fait un film controversé en 1996, et qui montre les méfaits psychologi-ques de l’automobile... C’est le moins qu’on puisse dire !

Mais revenons à "The Arrival" (1996) David Twohy. C’est une histoire d’extraterrestres assez originale.

Les astrophysiciens étudient un problème complexe : comment modifier le climat d’une planète pour la rendre habita-ble ? On envisage, par exemple pour Mars, de faire évaporer d’énormes quantités d’eau qui seraient présentes sur la planète rouge pour "encombrer" son atmosphère de vapeur d’eau et ainsi créer l’effet de serre pour augmenter la température moyenne. Cela est théoriquement tout à fait possible. Ce n’est qu’une question de technologie.

Le scénariste de "The Arrival" a, lui, imaginé que des extraterrestres avaient implanté des installations pour augmen-ter l’effet de serre sur notre planète afin de la rendre vivable pour eux... Et pourquoi pas ? D’ailleurs ceux-ci (reconnaissables à leurs... genoux !) déclarent logiquement qu’ils ne font qu’accélérer un processus que les humains développent de toute façon....

Il faut aussi rendre à César ce qui est à César, puisque ce thème de science-fiction était déjà développé dans un vieux film de la Hammer : "La Nuit de la grande chaleur" (1967) du grand Terence Fisher, dans lequel des extraterrestres font monter la température de notre bonne vieille planète !

Et attention, ne confondez pas ces films qui ont pressenti un grave problème d’environnement avec ceux qui ont es-sayé de terrifier le spectateur avec un soleil qui se rapproche de la Terre : "Le choc des mondes" (1953) de Byron Haskin, "Le Jour où la Terre prit feu" (1961) de Val Guest...

Alain Pelosato

P.S. Depuis la rédaction de cet article nous avons eu l’excellent « Le Jour d’après » de Roland Emmercih (voir notre critique dans la rubrique ”Films”


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