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  Sommaire - Dossiers -  Aliens vs Predator en bd et en France

"Aliens vs Predator en bd et en France"

Damien Dhondt
Au cours de leur carrière les Aliens ont bouffé du marine colonial, du Green Lantern, du membre de Stormwatch et se sont cassés les dents sur Superman. De leur coté les Prédators se sont baladés sur Terre à différentes époques croisant la route de Batman, Judge Dreed et Tarzan. 1989 un beau jour au sein de la maison de publication Dark Horse, privilégiant la qualité au dépend de la quantité pour la production de ses comics, se déroulait une intense spéculation sur la recherche d’une nouvelle série. Au bout d’un moment Chris Wagner lança "Alien contre Predator" ...pourquoi pas ? C’est ainsi que débuta une série qui allait donner des idées aux cinéastes. Rappelez vous dans Predator 2 (1990) la salle aux trophées du Predator comportait un crâne d’Alien. Remarquez qu’il a fallu 2004 pour qu’ils concrétisent cette idée.










Aliens versus Predator 1989, 1990,1991

Scénario : Randy Stradley.
Dessins : Phill Norwood, Chris Warner.
Encrage : Karl Story, Robert Campanella
Traduction : Marc Winckler
Dark Horse France
Moyen format, couleurs, 175p. les tomes 1 & 2 ont été réunis en un seul.
10/10

Cette série a été construite d’une manière originale. La première histoire est une histoire 100% Aliens, suivie d’une histoire 100% Predator et enfin d’une histoire comptant l’affrontement entre les deux. Ces trois épisodes sont muets mais ont la particularité d’avoir des "voix off". Les seuls propos étant ceux échangés par deux humains que nous découvriront par la suite. Il est possible de faire un parallèle entre leurs paroles et la situation décrite. Cela nous permet également, si on fait attention au bavardage, de comprendre la situation de la Terre, l’action se situant à peu près à l’époque du premier film Alien. Une fois que les humains surviennent dans l’histoire nous découvrirons que l’un des bavards est un pilote de vaisseau spatial nommé Scott Conover auquel le dessinateur a donné les traits de James Cameron (Aliens le retour 1986).
Les Predators ont bâti une société s’appuyant sur le rituel de la chasse. Tout commence par la capture d’une reine, puis suit la ponte forcée, ses oeufs étant implantés sur une planète et une fois les rejetons ayant grandi peut commencer la chasse : une chasse rituelle menée par un vétéran, mais test ultime pour les jeunes. Cette fois depuis la dernière chasse la planète Ryushi a été colonisée par cette race arrogante et cupide nommée l’humanité. Les éleveurs ont caché à Machigo Noguchi la nouvelle administratrice que leurs têtes de bétail étaient infectées par un bizarre parasite (le genre à se frayer un passage en dehors du corps infecté et à grandir très rapidement). Parallèlement à la suite d’un banal incident le chef des Predators se retrouve hors de combat. Livrés à eux-mêmes les chasseurs du dimanche s’en prennent indistinctement aux humains et aux Aliens. En effet outre les Prédators la petite communauté humaine se retrouve à présent confrontée à des centaines d’Aliens dont une Reine.
Le scénariste s’est livré à une analyse très pointue des forces et des faiblesses des Predators. L’arme idéale des Prédators s’avère être l’invisibilité mais à quoi peut-elle servir face à des adversaires sans yeux ? De plus la formation du Predator, sa force et ses armes ne sont rien par rapport à l’expérience du combat.
Randy Stradley a initié la fraternité entre deux compagnons d’armes d’espèces différentes Predator et humain. Après tout les personnes qui survivent aux Aliens et aux Predators ne sont-elles pas celles ayant en elles l’instinct du chasseur ?



Aliens versus Predator War (1996, 1997 Dark Horse Comics 25 (Blood Time Duel 1 &2), War 0 à 4)

Scénario : Randy Stradley
Dessins : Jim Hall, Mark Heike, Phill Norwood, Mike Manley, Javier Saltares, Chris Warner
Encrage : Phill Norwood, Jimmy Palmiotti, Ricardo Villagran
Couleurs : Chris Chalenor, Frank Lopez, James Sinclair
Traduction : Mark Winckler
Dark Horse France
Moyen format, couleurs, 106p.
9/10

L’histoire aurait du se terminer sur le sourire de Machigo alors qu’elle commençait un nouvel affrontement. Mais Dark Horse a fait sienne la motivation première des Compagnies futuristes : le capitalisme. On continue donc à exploiter le filon.
Après une histoire nous comptant une chasse vraiment peu glorieuse pour l’image des Predators (comme le découvrira peu à peu Machigo que ce n’est pas vraiment la société idéale) on passe à une nouvelle confrontation avec cette fois les Marines coloniaux qui viennent enquéter sur Ryuschi. Là on tombe sur du classique jusqu’à l’innovation de taille. On sait depuis Alien 3 (1992) qu’un Alien incubant dans un chien est plus agile qu’un Alien standard. Mais que se passerait-il s’il incubait dans un Predator ? Ah oui, vous commencez à comprendre le problème. Puis nous retrouvons Machigo l’Etrangère (en anglais Alien) au sein de la société de ces "machos" de Predators. Entre deux chasses aux Aliens la désillusion grandit.
Sa route croisera celle de trois rescapés d’une installation humaine de 400 personnes volontairement infectée par des Aliens dans un but expérimental. Ils sont aussitôt capturés par la Compagnie au moment où débarquent les Aliens, les Prédators et Machigo.
On remarque qu’au premier tome si les Predators ont attaqué les humains c’est en violation de leur code. A la fin il n’est plus question du code. Soit cela a dégénéré vers une guerre ouverte, soit les Prédators ont réalisé qu’il était beaucoup plus intéressant de chassser l’Humain que l’Alien.



Espèces meurtrières, (Deadliest of Species, 1993)

Scénario : Chris Claremont (!)
Dessin : Jackson Guice
Encrage : John Beatty, Eduardo Barreto
Couleurs : Gregory Wright
Le Téméraire, 1999
Moyen format, couleurs, 84p.
10/10

Nous sommes dans un lointain futur, suite à la conquête de la Terre (1) l’humanité s’est réfugiée dans l’espace puis a mené une contre-attaque qui a éradiqué la présence Alien de la Terre (en théorie). Sur le vaisseau-cité de la compagnie Delacroix on fête l’anniversaire de la reconquête de la Terre (juste 457 morts la dernière semaine). Les humains préfèrent rester dans leurs gigantesques vaisseaux spatiaux. Caryn, la compagne du dirigeant de la société Delacroix, est sujette à des cauchemars, ce qui est impossible vu son statut de femme-trophée créée génétiquement. Puis vient l’enlèvement par une créature capable de se rendre invisible et qui la dépose sur la Terre, cette Terre où il reste plus d’Aliens que d’Humains et où le Predator s’adresse à elle sous le nom d’Ash Parnall. Or ce n’est pas son vrai nom. N’est-ce pas ?
Chris Claremont une fois de plus nous sert une histoire nietzschéenne ("tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort"), les héros sont confrontés aux Predators, aux Aliens et à pire...l’humanité. Les cauchemars de Caryn servent à la fois d’indice et de leurre. Au bout de plusieurs fausses alertes on se figure que la situation décrite est un cauchemar. Or ce n’est pas toujours le cas.
Une série prometteuse interrompue par le décès des éditions Téméraire.



Xenogenesis, 2000 (Aliens vs Predator : Xenogenesis)

Scénario : Andi Watson
Dessins : Mel Rubi, Ben Herrera
Encrage : Mark Lipka, Norman Lee, Mike Perkins, Christopher Ivy
Couleurs : David Stewart, Studio F
Traduction : Geneviève Coulomb
100% Génération Comics, 2000
Moyen format, couleurs, 97p.
9/10

Faire des expériences dans un labo avec des Aliens n’est pas une bonne idée, surtout si le labo est situé sur notre bonne vieille Terre. Contraints et forcés deux jeunes cambrioleurs flanqués d’une équipe de mercenaires l’investissent en même temps qu’un Predator venu chasser. Au fait les Aliens sont en liberté.
Les Aliens, le Predator et les différents protagonistes humains se livrent à une course-poursuite à travers tout le labo chacun poursuivant l’autre. Le rythme imposé par le scénariste (ainsi que par les Aliens et le Predator) ne laisse pas un seul instant de répit.
Le dessinateur a fait coller l’univers futuriste à notre époque. Bien qu’il y ait déjà des vaisseaux spatiaux (très utiles pour transporter certaines marchandises prohibées) les ordinateurs, les armes et les portables, sont ceux de notre époque. Cela permet de placer les héros dans des situations familières. Les ordinateurs sont faits pour être piratés, les armes pour tomber à court de munition et comment quitter en urgence le labo bourré de malfaisants ? Tout simplement en demandant le code d’ouverture grace au portable et...ah zut c’est fragile ce gadget.
On croyait avoir tout vu dans les histoires d’Aliens et de Predator. Mais Andi Watson a innové en y introduisant l’humour. L’héroïne bloque derrière une porte blindée son petit ami, pendant que celui-ci s’efforce de ralentir une horde d’aliens et de lui donner une explication pour cette histoire de rouge à lèvre sur un verre.



Overkill, 2001

Scénario : Paul Jenkins
Dessins : Joe Benitez, Clarence Lansang, Brian Ching
Encrage : Victor Llamas, Alp Altiner, Batt
Couleurs : Studio Avalon, Matt Milla & Dan Kemp
Traduction : Sophie Vievard
Darkness Hors-série n°3, Witchblade hors-série n°6
7/10

"Overkill", c’est la version comics de l’écrasement de cafards avec un marteau-pilon, avant de lancer une grenade sur les morceaux sanguinolents qui traînent, et de cracher ostensiblement sur les derniers vestiges." Paul Jenkins (scénariste)

Au cours d’une partie de chasse à l’Alien dans les rues de New-York un Prédator croise la route du Darkness et de la Witchblade. Rappelons que Jackie Estacado, employé très compétent d’une certaine organisation sicilienne, est détenteur des pouvoirs du Darkness. L’obscurité lui permet de générer une petite armée de diablotins particulièrement meurtriers et doués d’un sens de l’humour contestable.
Quant à l’inspectrice Sara Pezzini elle dispose contre son gré de la Witchblade arme douée de sa volonté propre.
Une histoire reposant sur le scénario de Predator 2 et dépourvue de toute originalité.



Mindhunter,

Scénario : David Quinn
Dessins : Mel Rubi
Encreur : Mike Perkins
Couleurs : Dan Jackson
Traduction : Nicole Duclos
Witchblade hors-série n°7
8/10

Aliens et Predator récidivent au beau milieu d’une enquête de Sara Pezzini et d’un contrat d’Estacado. Ils sont emmenés dan le futur à une époque où les Aliens ont dominé la Terre (1) et dans un vaisseau spatial peuplé d’Aliens et d’une Prédator. Eh oui, il était temps de présenter la gente féminine de cette espèce. Au fait la Witchblade choisit son hôte parmi les femmes a forte personnalité...Aie !
Signalons une autre innovation. Il arrive que les Aliens fusionnent avec des espèces non humaines Predator, chien, alligator (2) ce qui provoque des créations aussi originales que destructrices. Dans ce cas...vous vous souvenez des diablotins de Darkness ?
Une fin assez originale : Sara Pezzini et Jackie Estacado se trouvent bloqués dans l’espace, devant apparemment apprendre à se supporter le reste de leur vie (3).

(1) "La ruche terrestre" de Steve Perry J’ai Lu SF n°4063
(2) Batman vs Aliens 1& 2 chez Semic
(3) : le même sort que Steed et Tara King à la fin de la 6° saison de "Chapeau melon et bottes de cuir"

Damien Dhondt


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