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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Chair pour Frankenstein

"Chair pour Frankenstein" de Antonio Margheriti et Paul Morrissey


 


Titre Original : Flesh for Frankenstein / Andy Warhol’s Frankenstein
Autre titre : Il mostro e in tavola... Barone Frankenstein / Carne per Frankenstein
Réalisateur : .

Avec : Udo Kier (Baron Frankenstein)
Joe Dalessandro (Nicholas)
Monique Van Vooren (Catherine Frankentein)
Arno Juerging (Otto)
Carla Mancini (La Créature)

Durée : 95 minutes
Origine : Italie / France
Année : 1973
Genre : Parodie Gore
SFX : Carlo Rambaldi
Editeur : René Chateau

5/6

Résumé :

Avec l’aide de son fidèle serviteur Otto, le Baron Frankenstein cherche à créer une race supérieure. Pour cela il confectionne deux créatures à partir de morceaux de cadavres et se propose de les faire procréer.

Critiques :

A sa sortie, ce film, présenté dans un somptueux relief, fit forte impression auprès des amateurs du genre, à la fois ravis et offusqués de telles audaces.
La bande à Andy Warhol y allait fort, il est vrai, et se permettait des réjouissances jusque là inédites et provocatrices. Le mythe de Frankenstein, revisité par le gore et le sexe, pimenté d’un mauvais goût outrancier, marqua les consciences au point de gagner ses galons de cult-movie.
Aujourd’hui, bien sûr, l’enthousiasme sera plus mitigé : la mise en scène académique de Morrisey accuse mal le poids des ans. A ce propos, il n’est d’ailleurs pas évident de savoir qui réalisa réellement ce Chair pour Frankenstein (et son contemporain Du Sang pour Dracula) : le nom de Andy Warhol est mis en avant mais la réalisation est généralement créditée à Paul Morrisey, excepté en Italie où c’est Anthony Dawson (alias Antonio Margheriti) qui est mentionné. Il est à présent admis que le cinéaste italien a réalisé les deux films, Morrisey ayant un rôle assez flou de superviseur de la mise en scène et Warhol apportant sa caution artistique. Notons que la production est assurée par un autre trublion, à savoir Jean Yanne.
Autre problème, lors des visions à domicile : l’absence de la troisième dimension. Celle-ci se fait sentir car de nombreuses scènes ont été spécifiquement conçues dans cette optique et fonctionnent assez mal "à plat".
Mais le film garde un certain intérêt, ne serait ce que par le jeu halluciné des participants, dont les tirades philosophiques (et abracadabrantes) restent amusantes. Ces lignes de dialogues délirantes et obscènes constituent un bel exemple de mauvais goût assumé. Le moment le plus célèbre demeure celui où le baron, incestueux et blasphémateur, viole un cadavre par une plaie ouverte avant de s’exclamer "on ne peut connaître la vie avant d’avoir baisé la mort dans ses tripes". C’est frais, c’est joyeux !
L’équipe du film se soucie surtout de transgresser un maximum de tabous : mariage incestueux, adultères, enfants pervertis, sexualité déviante et scènes à la limite de la pornographie, associé à de nombreux démembrements et décapitations.
Les effets spéciaux (de Carlo Rambaldi) sont d’ailleurs fort réussis pour l’époque et le sang coule à flot durant une heure et trente minutes éprouvantes pour les estomacs délicats. Tant de bonne volonté conduisit d’ailleurs le film a être vigoureusement interdit en Grande-Bretagne (où il fut considéré comme nasty) et classé X aux Etats-Unis.
Dommage néanmoins que le scénario peine à maintenir l’intérêt lorsqu’il s’éloigne de son optique rentre-dedans et nihiliste. La réalisation, bien molle, n’est hélas pas à la hauteur des intentions mais ce mélange détonnant d’horreur et d’érotisme garde une certaine énergie.
Jadis massacré par la critique, il finit par s’imposer - aux côtés d’autres monstruosités filmiques comme "Caligula" - comme un véritable classique culte.
A re-découvrir impérativement !

Pizzoferrato Fred (2005)



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