SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No105
105
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  M - R -  Man on fire
"Man on fire"
de Tony Scott
 

Avec Denzel Washington, Dakota Harris, Mickey Rourke, Christopher Walken, Radha Mitchell
20th Century Fox Home Entertainment

Il en a fait du chemin, Tony Scott, entre Les prédateurs (qui à la surprise générale, n’a pas trop vieilli, ben oui !) et Man on fire. Si on regarde aujourd’hui Top gun comme un souvenir plutôt plaisant d’un bon « pop corn movie », force est d’admettre que les dernières œuvres du cinéaste se révèlent de plus en plus passionnantes, au point d’aboutir simplement à des chefs d’œuvre comme c’est le cas de ce Man on fire. Pourtant, le film fut bien souvent traîné dans la boue, cordialement détesté par beaucoup. Alors, même si on était légitimement en droit d’attendre mieux de cette édition DVD (les autres pays en ont eu plus, nous, il paraît que ce sera pour la fin d’année... Ah. Je ne vois pas trop quelqu’un qui a acheté cette édition se ruiner pour une autre qui ne bénéficiera que d’un long reportage sur le tournage en plus ! Mais bon...). Nouvelle version (et non pas remake du film signé Elie Chouraqui, qui aujourd’hui, en comparaison, se rapprocherait d’un épisode de Derrick !!!) d’un roman signé d’un mystérieux auteur dont on ne connaît que le pseudonyme, ce Man on fire démontre le talent d’un faiseur d’image qui a su transcender son talent pour conjuguer parfaitement le pouvoir de ses plans souvent sauvages à l’intrigue, faisant ainsi participer le spectateur à une expérience assez inédite. John Creasy (Denzel Washington, impérial) est un tueur gouvernemental qui est arrivé à un point de sa vie où il se dégoûte de toutes ces morts qu’il a perpétré. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Un jour, un ami lui propose de devenir garde du corps d’une gamine, Pita, qui vit avec ses parents à Mexico, théâtre de kidnappings incessants. Si au début Creasy se montre volontairement distant, peu à peu, l’enfant va lui redonner l’humanité qu’il a perdu jusqu’au jour où est elle kidnappée et tuée. N’ayant définitivement plus rien qui le rattache à la vie, Creasy va appliquer ce qui fait de lui un des meilleurs de son métier : il va tuer tous ceux liés au rapt, leurs amis, voir leurs proches.
Résumé ainsi, Man on fire a des relents de Justicier dans la ville. Sauf que Tony Scott transcende un simple canevas basiquement réactionnaire en un fulgurant thriller d’action qui ne reculera jamais devant une idée mise en avant initialement, c’est à dire que si on dit que Creasy est un vrai tueur capable des pires atrocités, on le montrera agir dans cette mouvance. Aucune hypocrisie consensuelle comme on en voit tant dans ce genre de films n’est présente dans Man on fire. Ensuite, Scott et le scénariste Brian Helgeland (auteur de L.A. Confidential, et aussi réalisateur de Payback, ce qui se reconnaît aisément, de Chevalier et du consternant et très mauvais Purificateur dans lequel, sur le commentaire audio, il n’arrêtait pas de parler de... Man on fire !) brossent le portrait de deux êtres seuls, abandonnés, à savoir Creasy et Pita (remarquable, comme d’habitude, Dakota Fanning, la gamine de Trouble jeu, prochainement fille de Tom Cruise dans La guerre des mondes) qui vont réapprendre à vivre au contact l’un de l’autre. Sans tomber dans le mielleux, cette relation constitue le véritable pivot du film autour duquel tout le reste s’organise. Là-dessus, Tony Scott multiplie ses plans issus d’une mise en scène résolument personnelle, qui peut paraître « fouillis » de prime abord avant d’éclater dans toute sa force une fois qu’on est rentré dedans. L’osmose entre l’histoire et les images apparaît alors dans toute sa splendeur pour faire de ce film le meilleur de Tony Scott. L’écouter parler lors de son commentaire audio se révèle des plus intéressants, même si le bonhomme n’est pas des plus bavards. Mais justement : Scott ne parle que lorsqu’il a quelque chose à dire donc en zappant sur certaines séquences clés, on aura toujours de véritables informations. Autre bonus de ce DVD, les scènes coupées révèlent un film qui aurait pu etre encore plus long (déjà qu’il dure 2h20 !) mais qui n’aurait pas eu le même impact puisque les relations de Creasy avec la mère de Pita prenaient le pas sur les relations entre le tueur et l’enfant, ce qui justifie complètement leur suppression. Enfin, la fin alternative, proposée par Washington, était plus dans un ton de violence mais qui ne recelait jamais, comme le dit Scott le romantisme de celle qu’il préféra. Grand bien lui fasse, effectivement, Man on fire s’achève en apothéose, faisant définitivement de ce film un véritable chef d’œuvre du genre.

Note : film : 10/10 DVD : 7/10 (copie superbe, format 2.40 image 16/9ème compatible 4/3, vostf)
Bonus (vostf) : commentaire audio de Tony Scott ; scènes coupées commentées ou non dont fin alternative.

Stéphane Thiellement



Retour au sommaire