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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Troma’s War

"Troma’s War" de Michael Hertz & Lloyd Kaufman


 

Titre Original : Troma’s War
Réalisateur : Michael Hertz & Lloyd Kaufman

Avec : Jessica Dublin
Rick Collins
Joe Fleishaker

Durée : 85 minutes
Origine : Tromaville (Etats-Unis)
Année : 1988
Genre : Parodie guerrière
Editeur : Sony France

Cotation : 3 /6

Résumé :

Quelques citoyens de Tromaville, suite à un accident aérien, échouent sur une île qu’ils pensent déserte. Mais, en fait, ces terres perdues sont le refuge d’une bande de militaires désireux de renverser le gouvernement légitime des Etats-Unis et d’instaurer une dictature visant à régner sur le monde. Le démoniaque Senor Sida y entraîne quelques personnes à propager le virus HIV tandis que deux frères siamois dirigent les troupes. Heureusement, les habitants de Tromaville sont là pour défendre les vraies valeurs américaines et repousser les terroristes.

Critiques :

La firme Troma marche ici sur les traces des séries Z jouissives de la Cannon. Avec son scénario qui reprend les grandes lignes de monuments du cinéma comme Delta Force, Invasion USA et autres Portés Disparus (tous avec Chuck Norris), le métrage de Lloyd Kaufman promet un vrai délire.
Mais, à l’écran, le résultat n’est pas pleinement convaincant, hélas.
Le cinéaste affirme que son film est le plus généreux du cinéma au niveau des impacts de balles sanglants après La Horde Sauvage et les films de John Woo. Et c’est vrai que les explosions, corps déchiquetés par les rafales de mitrailleuses et autres effets pyrotechniques sont légions. Il faut dire que Rick Washburn est derrière tout ça, un type qui a quand même bossé sur Die Hard ou Universal Soldier.
Bref, Troma s’est donné les moyens de concrétiser son délire guerrier auto-parodique. Mais, avec un budget énorme (pour la firme s’entend, soit la somme d’argent allouée au clip vidéo qui accompagne une production Joel Silver), Kaufman ne parvient pas à accoucher d’un produit mémorable.
Le spectateur retrouve rarement, en fait, le véritable esprit Troma-tisant si prisé des amateurs. On note quand même quelques séquences marrantes : la plus drôle restant cette grand-mère qui se prend pour Rambo et dessoude des dizaines d’adversaires. Citons aussi la fille qui crache son dentier ou la poitrine siliconée qui se dégonfle sous les balles. Niveau mauvais goût à l’état pur, Kaufman va très (trop ?) loin avec sa meute de terroriste comprenant un militaire mi-homme mi-cochon, ses siamois horribles et, surtout, l’abominable Senor Sida qui adore contaminer ses victimes en les baisant.
Le côté gore, indissociable de Troma, se limite à d’innombrables impacts de balles, guère plus saignants que dans une production bien nantie comme Die Hard ou Bad Boys. Décevant ! Reste pourtant quelques fractures ouvertes sur des os ensanglantés, un arrachage de langues et d’autres broutilles qui paraissent bien légères comparées aux excès de Toxic Avenger ou Redneck Zombies.
Quoique le film soit le préféré de Kaufman et qu’il bénéficie d’une réputation d’œuvre culte et irrévérencieuse, Troma’s War paraît souvent longuet. On devine le côté volontairement parodique et anti-gouvernemental derrière ces excès mais le résultat est surtout mal maîtrisé.
Les inconditionnels de la firme retrouveront, par intermittence, son esprit anarchique et ringard, même si ces éléments paraissent trop atténuer pour convaincre.
Un divertissement amusant, à voir une fois, mais sans doute pas un achat indispensable.

Le DVD propose le film dans une version originale sous-titrée (qui songerait à regarder un Troma doublé de toute façon ?) et dans un master correct.
Hélas, l’édition n’est pas très soignée : le visuel est affreux et les bonus, assez nombreux, sont dénués de sous-titres, par exemple.
Enfin, il s’agit quand même de cinéma bis, au public sans doute restreint, et il est déjà louable que le film soit disponible en zone 2 à un prix raisonnable.

Pizzoferrato Fred (2004)



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