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  Sommaire - DVD -  G - L -  Le Terminal
"Le Terminal"
de Steven Spielberg

Avec Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci
Dreamworks Vidéo

A l’aube de la sortie d’un des blockbusters de l’année, à savoir La guerre des mondes, on peut aussi retourner sur la carrière de cinéaste de Steven Spielberg pour se rendre compte que la plupart de ses derniers films ne sont jamais ratés. Alors qu’il y a encore dix ans, ce n’était pas le cas. Hook constitue tout de même le seul navet de sa filmographie, et dans les mauvais, on peut y ranger l’académique et pachyderme Amistad. C’est simple, Jurassic park marqua le top de sa partie dite du pur « entertainment » et la liste de Schindler fut le point d’orgue de sa partie dite « sérieuse » seulement débutée précédemment par La couleur pourpre. Il faut sauver le soldat ryan confirma l’énorme talent du cinéaste, Minority report nous rappela qu’il pouvait aussi faire du divertissement plus cérébral que la moyenne, AI malgré ses défauts constitue aussi une date dans le domaine de la Science-Fiction cinématographique, Arrête-moi si tu peux fut une jouissive comédie policière au rythme enlevé comme on n’en avait pas vu depuis longtemps (La mort aux trousses d’Hitchcock, peut-être... Quand même, doit y en avoir d’autres depuis !). Et arrive Le terminal. Certainement pas un mauvais Spielberg, mais pas non plus un grand Spielberg. Un simplement bon petit Spielberg, ce qui en soit vaut largement mieux que bien des films trop rapidement étiqueté comme « film de l’année & Co » ! A la base, une histoire vraie d’aéroport, endroit qui pullule d’anecdotes, sur un voyageur en transit depuis tant d’années, coincé dans un aéroport depuis, et qui a élu domicile. C’est ce qui arrive à Viktor Navorski (Tom Hanks, magnifique dans tout ce que montrer un tel personnage) qui se retrouve coincé à l’aéroport JFK à New-York suite à un coup d’état dans son pays. Il ne peut ni entrer aux USA, ni rentrer chez lui. En plus, Viktor est là pour une excellente et secrête raison. Ce que veut savoir le directeur de l’aéroport, et ce que découvrira une hotesse de l’air dont la vie privée n’est pas si éloignée que ça de ce que vit actuellement Viktor. Au fur et à mesure de sa vie forcée dans l’aéroport, Viktor va découvrir des gens, une vie, une réalité qui se prolongera jusqu’à ce que son pays rouvre ses relations diplomatiques avec l’extérieur.

On peut qualifier Le terminal de conte de fées naïf, ce qu’il est un peu (mais pas à l’origine quand on voit le nom de Andrew Niccol à la base de l’histoire, celui-là même qui fit Gattaca et Simone, mais bon, ceci doit être une autre histoire...), il est aussi et surtout un regard assez juste sur la réalité qui se cache derrière l’image que veut donner les USA. La bureaucratie, le conformisme, l’exploitation, le profit, tout passe ici au crible au travers de l’expérience que vit Viktor. USA terre d’accueil n’est plus, sauf si on présente un intérêt. La romance de Viktor avec Amelia (Catherine Zeta-Jones, excellente) prend aussi à contre-pied le schéma classique du genre avec une femme « en transit » sentimental depuis des années, qui découvre enfin un homme qui l’aime vraiment mais qu’elle ne peut accepter comme tel. Et quand au final, il est loin le happy-end où l’étranger aurait découvert la terre de ses rêves et y serait resté. Tous ces éléments sont portés par les acteurs et un cinéaste qui peuvent aujourd’hui être lucides sur des réalités plus aussi utopiques qu’avant dans le cinéma de l’Oncle Sam et dans leur pays tout court. Mais Le terminal montre aussi le pouvoir de Spielberg dans le cinéma d’aujourd’hui pour monter un projet aussi peu commercial quand on va jusqu’au bout de ses idées, et sa parfaite maîtrise de codes cinématographiques pour faire exister une histoire aussi simple, un peu déroutante à la première vision, mais qui se révèle plus riche dès sa seconde vision. Et si on en doute, l’ensemble des bonus de cette édition le prouvent. Signés Laurent Bouzereau, le poulain de Spielberg pour les bonus de bien de ses films, ils nous montrent le titanesque chantier de construction d’un terminal dans un immense hangar, dévoilé au dernier moment fini au producteur Walter Parkes qui n’en croit pas ses yeux, et surtout, il nous permet d’écouter Spielberg parler du projet. On sait que le bonhomme ne fait quasiment jamais de commentaire audio, et il n’a pas tort car on ne le regarde pas très souvent (revoir un film qu’on vient juste de visionner avec la voix off du réalisateur, pas évident hein !...) mais qu’il ne rechigne jamais à être interviewé pour l’édition DVD de son film. Et il n’est pas langue de bois, Spielberg, il vous en apprend beaucoup sur ses choix, ses motivations , sa manière de travailler (il avoue ainsi lire 5 à six scénarios par week-end parfois, des manuscrits reçus au sein de sa boite Dreamworks, un empire voué au cinéma qui a su trouver sa place après de difficiles débuts...). Alors, qu’on voit se construire ce gigantesque décor, qu’on écoute Tom Hanks nous dire qu’il s’est inspiré de membres de sa famille pour « construire » Viktor et surtout qu’on découvre Steven Spielberg parler ainsi de ce « petit » film, tout cela contribue à l’impression plutôt positive à la suite de la nouvelle vision de son dernier bébé. En attendant un des films les plus attendus de 2005, qui n’est certainement pas celui de George Lucas, mais bel et bien La guerre des mondes que tonton Steven nous a promis comme ce qui serait le plus grand film d’action de tous les temps, quel qu’en soit le budget !

Note : film : 7/10 DVD : 8/10 (copie excellente, format cinéma 1.85, image vidéo 16/9ème compatible 4/3)
Bonus : entretiens avec les acteurs ; documentaires : making-of, le scénario, la construction des décors, la création des personnages, anecdotes vécues sur les aéroports narrées par les acteurs et les techniciens galerie photos, la musique du film.

Stéphane Thiellement



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