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  Sommaire - Livres -  S - Z -  La Porte des Mondes



"La Porte des Mondes"
de
Robert Silverberg

Editeur :
Pocket
 

"La Porte des Mondes"
de Robert Silverberg



The Gate of Worlds, 1967.
Presse Pocket SF
188 pages.
Verdict : 7/10

1963. Dan Beauchamps est un jeune anglais rêvant d’aventures et de royaumes lointains. A vingt ans, il part pour le Nouveau Monde et débarque au Mexique. Mais derrière la Porte des Mondes se cache une infinité d’univers possibles. Dans celui-ci, la Peste Noire a ravagé l’Europe et pratiquement anéanti la population, laissant le monde affaibli devant l’invasion des Turcs.
Et le cours du temps fut changé. Shakespeare a écrit Jules César mais aussi Soliman le Grand, en turc, à l’ombre de la Grande Mosquée de New Istanbul, une ville qui s’appelait Londres autrefois.
L’Empire Aztèque domine toujours les Nouvelles Hespérides (l’Amérique), malgré les menaces de la Russie des Tzars...Mais, dans ce monde comme le notre, les hommes recherchent la gloire, la fortune et l’Amour...

Robert Silverberg est un stakhanoviste de l’écriture. Un écrivain si prolifique qu’il est difficile de suivre son abondante production. Un critique écrivit jadis que peu de romancier avaient livré d’aussi mauvais bouquins que lui. Et peu en avaient écrit autan d’excellents. Dans la masse des œuvres de Silverberg, La Porte des Mondes est un petit plaisir à savourer sans arrière pensées.
Il s’agit d’un "juvénile" léger, une suite d’intrigues picaresques situées dans un monde uchronique proche de la Fantasy. Evidemment, excepté le point de départ science-fictionel, l’ensemble s’apparente à un récit d’aventures très serial, proche de Dumas ou Jules Verne. Le tout possède en effet un petit côté Tour du Monde en 80 Jours avec ces nombreuses rencontres et ses rebondissements en pagaille.
Le roman est d’ailleurs court et bien mené, avec un rythme qui ne faiblit jamais. Silverberg offre au lecteur un véritable bolide littéraire à dévorer d’une traite : il fonce de la première à la dernière page. Avec le héros, nous découvrons de nombreux pays, des personnages typés, des jeux et coutumes bien décrites et divertissantes.
Alors, on peut souligner la naïveté des péripéties (le héros sauve un sorcier, rencontre un chef révolutionnaire, tombe amoureux d’une indigène aimant Shakespeare, échappe à des cannibales, prend la tête d’une armée, etc.) mais, même si on n’est pas dupe, le bouquin se suit avec un vif plaisir. Il est difficile de s’ennuyer tant chaque (court) chapitre est haletant et riche en action. En une dizaine de pages, Silverberg nous offre autant de mouvements que certains auteurs de fantasy en un cycle entier ! Ou presque.
Malgré le coté léger, le romancier laisse parfois parler son coté philosophe au travers de courtes pensées : "lorsqu’on sépare pour la première fois l’âme et le corps d’un homme, cela mérite quelque réflexions...ensuite je m’abstins de toute méditation. La seconde fois qu’on tue un homme ce n’est déjà plus pareil". Une autre discussion montre en quelques phrases simples mais bien choisies la précarité des empires humains : chaque civilisation a connu son apogée avant la décadence car "le sceptre de la grandeur passe d’un pays à l’autre".
Bref, La Porte des Mondes est un bouquin idéal pour s’offrir quelques heures de détente sans mettre totalement son cerveau en veilleuse. Sans rivaliser avec les chef d’œuvres de l’auteur (L’Oreille Interne, Le Livre des Crânes, etc.), voici un roman méconnu à découvrir.

Fred Pizzoferrato






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