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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Cradle Of Fear

"Cradle Of Fear" de Alex Chandon


 

Titre Original : Cradle of Fear
Réalisateur : Alex Chandon
Avec : Dany Filth (The Man)
Eileen Daly
Stuart Long
Louis Brownsell
Emily Bouffe

Durée : 120 minutes
Origine : Angleterre
Année : 2000
Genre : Film à sketches / Gore

Cotation : 4 / 6

Résumé : Le tueur en série Kemper, aidé de ses suppôts de Satan, déclenche les pires atrocités sur son passage.
Une jeune gothique sexy passe la nuit avec un maniaque qui la met enceinte d’une créature infernale.
Deux lesbiennes massacrent des vieillards de manière horrible.
Un homme riche, amputé d’une jambe, est prêt à toutes les extrémités pour retrouver le membre manquant.
Un amateur de sites Internet illégaux plonge dans l’enfer des snuff movies.
Et, pendant ce temps, l’inspecteur Nielsen tente d’arrêter Kemper et son pire disciple, The Man.

Critiques :

Dani Filth, chanteur du groupe black metal Cradle Of Filth joue les maîtres de cérémonie dans cette anthologie composés de cinq histoires liées par un fil conducteur un peu vague.
Jadis partiellement diffusé avant les concerts du groupe, le film est aussi fauché que gore, avec une nette propension à dénuder ses interprètes féminines, gothiques et sexy, pour les couvrir de sang la scène suivante. Lors des concerts, les réactions du public sont d’ailleurs plus qu’enthousiastes dès qu’une belle poitrine montre le bout de ses tétons. Très drôle !
Cette édition DVD permet enfin de visionner le métrage dans des conditions plus normales, à savoir dans son intégralité et avec le son.
Alex Chandon recrée, en fait, avec un certain bonheur les grandes heures de l’horreur anglaise, puisant son inspiration dans les classiques de la Amicus (Histoires d’outre-tombe, Asylum, etc.) et dans les oeuvres plus récentes, celles de Clive Barker en tête. Le cinéaste n’hésite pas à avouer ses références puisque son maniaque est enfermé dans le Amicus Asylum. Un clin d’œil supplémentaire dans un métrage qui ne manque pas d’humour, fut-il très noir.
Auteur de quelques bis amateurs particulièrement immondes (Bad Karma, Drillbit), le cinéaste s’est découvert des affinités naturelles avec Cradle Of Filth, pour lesquels il réalisa plusieurs clips : "From The Cradle To Enslave", "Her Ghost In The Fog", "Born In A Burial Ground" et "No Time To Cry". En remerciement, le groupe a co-produit le nouveau long métrage de Chandon et, bien sûr, ils participent à la bande son. On les voit également jouer en live dans le premier segment.
D’un intérêt variable, les intrigues développées restent assez simples et la chute est souvent trop prévisible pour impressionner les aficionados. Le segment consacré aux snuff movies interactifs (via Internet) est cependant impressionnant malgré une fin attendue. Le reste du métrage présente une demoiselle sexy engrossée par un démon vicelard (Dany Filth himself !), des tueuses lesbiennes qui s’entretuent joyeusement, etc. Pas très original.
Si les scénarios n’ont rien de révolutionnaire, le réalisateur met le paquet au niveau du gore avec une bonne santé réjouissante malgré l’amateurisme des effets spéciaux. Le fan le plus difficile risque d’être comblé tant le sang gicle jusqu’au plafond dans une suite ininterrompue de mutilations abominables et de meurtres immondes. Alors, évidemment, les grincheux vont rétorquer que les maquillages sont mal fichus. C’est (généralement) vrais mais les effets n’en demeurent pas moins efficaces pour les nostalgiques du latex et les allergiques aux retouches numériques.
Passons au gros point noir du métrage : les acteurs et actrices n’ont rien de convaincants, hélas, et leur jeu, amateur, est souvent médiocre. Alex Chandon n’a pas choisi les demoiselles pour leur qualité d’interprétation (surtout les deux "lesbiennes" du troisième segment, catastrophiques !), plutôt pour leur physique avenant qu’elles n’hésitent jamais à dévoiler pour des motifs futiles. Les interprètes sont souvent mauvais comme cochon dans les films amateurs et ce Cradle of Fear ne fait pas exception. Autre bémol : esthétiquement, le métrage parait pauvre et se rapproche des téléfilms érotiques ou des direct to vidéo horrifiques si courrant actuellement. Seul le niveau de sang versé (très élevé !) fait la différence.
Beaucoup trop long (deux heures !) pour passionner vraiment, très amateur, trop bavard, et bourré de défauts criants, Cradle Of Fear reste néanmoins atroce, sexy et rarement ennuyeux. Fort sympathique, donc si on aime les petits budgets outranciers aux limites de l’amateurisme mais confectionné avec un véritable amour du genre. Un peu comme les sorties de Uncut Mivies, un éditeur qui aurait sans doute aimé distribué cette série B. Ca change du dernier blockbuster en date !

BONUS : Pas grand-chose si ce n’est un making-of et deux bandes annonces. Le making of révèle quelques trucs concernant les effets spéciaux et nous montre que l’entreprise s’est déroulée dans la bonne humeur. Un tournage apparemment très rock & roll avec de très belles filles dénudées, des figurants typés métal et des seaux de sang en veux-tu en voilà. L’image est tout à fait correcte et le son est en dolby digital 5.1. mais la version française est imposée. Pour un prix aussi dérisoire, il serait donc malvenu de se plaindre.

Pizzoferrato Fred (2005)



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