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  Sommaire - DVD -  G - L -  Le roi Arthur
"Le roi Arthur"
de Antoine Fuqua


Avec Clive Owen, Keira Knightley, Stellan Skarsgaard, Ray Winstone
Touchstone Home Entertainment

Soyons réalistes : dès le départ, personne ne croyait en ce film. La preuve : il s’agit du Roi Arthur, et qui on met en premier plan sur l’affiche, Keira Knightley (« star » des Pirates des Caraïbes), c’est dire ! Alors, effectivement, une fois vu, tout le monde s’est défoulé sur cette version « réaliste » de la légende des Chevaliers de la table Ronde. Et au vu d’autres films, on se demande bien pourquoi celui-ci fut ainsi détesté alors qu’il est loin d’être aussi exécrable que beaucoup eurent plaisir à dire.
Au temps des Romains, certains prisonniers étaient en fait envoyés plus tard comme soldats dans des contrées sauvages. Ainsi, sur l’île de Bretagne, Arthur et ses hommes attendent d’être affranchis et de retourner chez eux. Mais Rome envoie un émissaire chargé de ramener celui qui pourrait être le futur pape. Ce sera là la dernière mission d’Arthur et de ses chevaliers, une mission qui en fait les mènera à un tout autre destin.
Sérieusement, le scénario est excellent, on revisite un mythe tout en y rattachant des éléments qui rejoignent ainsi la légende. Clive Owen campe un Arthur des plus convaincants dans une époque qui recherche sa civilisation, ses croyances et ses dirigeants. Tout cela rappelle un peu la série Le roi des Celtes, par son contexte barbare, sauvage, partagé entre un passé de ténèbres et un avenir s’ouvrant de par l’apport d’autres peuples à quelque chose de plus civilisé. Découvrir ainsi un Merlin plus proche d’un druide sorti des bois aux idées plus sages que celles de son peuple, ou une Guenièvre plus sauvage, guerrière et barbare qu’une héroine de H.R. Haggard, peut aussi laisser sceptique avant de convaincre. Quant aux chevaliers en eux mêmes, c’est un mélange de beaucoup de personnages vus dans les films de ces dernières années, dominés par un Ray Winstone grandiose, en opposition à un Lancelot assez falot. Bref, de tout ça naît un film hybride quant à son contexte, mais qui au fur et à mesure, peut véritablement passionner. Sauf que... C’est Antoine Fuqua qui réalisé et c’est là que le bât blesse. Car le cinéaste est plus un habitué des thrillers urbains (Training day, pour son meilleur) que des épopées moyenâgeuses pleine de bruit et de fureur. On atteint rarement le souffle épique tant attendu (sauf quand surgit la musique splendide de Hans Zimmer), certaines séquences demeurent quand même réussies (le piège du lac de glace) mais dans l’ensemble, ce n’est pas vraiment son truc. Maintenant, le film sort dans 2 éditions : la version cinéma et la version director’s cut. Préférez la seconde : elle contient au moins bien plus d’images sanglantes justifiées par son scénario que la cinéma, édulcorée de ce côté là. De plus, il y a quelques passages sur l’enfance d’Arthur plutôt bienvenus quant à ce qu’il devint plus tard. C’est ce qui fait le principal intérêt de cette édition « spéciale », les bonus étant autrement les mêmes que la version cinéma, très promotionnels à part la fin alternative, qui fit bien d’être remplacée. Voilà ce qu’il faut savoir sur ce DVD, ce film en général, une œuvre à part dans la filmographie de Jerry Bruckheimer (Armaggeddon, Bad boys, Pirates des Caraïbes, Pearl Harbour, etc...) dans le sens où on sent un aspect plus réaliste, voir plus personnel quant au film d’action estampillé « Bruckheimer’s touch ». mais une chose est sûre : on est bien loin de la honte tant énoncée. Rappelons qu’en 2004, il y eut Catwoman, Anacondas, et Resident Evil : Apocalypse. A côté d’eux, Le roi Arthur est un chef-d’œuvre. Autrement, en tant que tel, Le roi Arthur est un très bon film, voilà, c’est dit.

Stéphane Thiellement

Note : film : 7/10 DVD : 4/10 (copie superbe, format 2.35 image 16/9ème compatible 4/3, vostf)
Bonus (vostf) : fin alternative commentée ou non par Antoine Fuqua ; documentaire sur le tournage ; galerie de photos de J. Bruckheimer.



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