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  Sommaire - Dossiers -  Folie et terreur

"Folie et terreur"

Alain Pelosato

(Cette étude, qui m’avait été commandée par Marc Bailly (rédacteur en chef de la revue Phénix) a, paraît-il, été publiée par la défunte revue « Show Effroi », ancêtre de "Ténèbres" mais je n’ai jamais eu le plaisir d’en recevoir un exemplaire. Je sais que mon article y est paru puisque Daniel Conrad me cite dans une préface d’une de ses anthologies...
Je l’ai repris dans mon recueil "Fantastique des auteurs et des thèmes - Naturellement 1999)

Les psychopathes, la psychologie et la société. Réalités et fiction.

La folie a toujours nourri les terreurs humaines. Les premières victimes en sont, bien sûr, les malades eux-mêmes qui souffrent d’une terreur parfois contagieuse, ce qui entraîne la nécessité sociale de l’internement. Leurs actes inspirent la peur ou sont terrifiants eux-mêmes lorsque leur folie, souvent recherche exacerbée du plaisir, les mènent vers des actes affreux, dont l’horreur même suscite à la fois répulsion et fascination. Ces personnages ont marqué l’histoire et engendré des légendes tenaces et profondément ancrées dans l’imaginaire collectif.
Ainsi en est-il du goût de la mort et du sang. Tous ceux qui se sont laissés aller dans la satisfaction de ces plaisirs pervers sont entrés dans la légende.
D’abord, certains ont alimenté, par leurs forfaits, la légende des loups-garous. Jean Gœns, dans son ouvrage « Loups-garous, vampire et autres monstres », écrit : « Ces crimes, soit sous la torture, soit par folie réelle ou par simple simulation, étaient souvent mis sur le compte d’un pacte diabolique ou de la lycanthropie. » Ceux qui accumulèrent ainsi viols, incestes, sadisme mutilations, infanticides, nécrophagie sont, par exemple : « Gilles Garnier (rapporté par Henry Boguet) exécuté à Dôle en 1573, (...) Pierre Stumpf (ou Pierre Stubbe) exécuté à Cologne en 1589 et de Clara Geissler (rapporté par Jean de Nylaud) exécutée à Genève en 1604 ». Ces psychopathes sont classés en différentes catégories. Il y a d’abord les éventreurs, le plus connu d’entre eux étant Jack l’Eventreur qui sévit dans les quartiers pauvres de Londres en automne 1888. Il ne fut jamais arrêté. Sa méthode était simple : il assassinait de vieilles prostituées et les disséquait, emportant avec lui un des organes prélevés et disposait les autres sur le corps de sa victime. Il exécuta ainsi : Mary Ann Nichols le 31 août, Annie Chapman le 8 septembre, Elizabeth Stride et Catharine Eddowes le 29 septembre, Mary Jane Kelly le 9 novembre. Il envoyait des lettres annonçant ses meurtres, mais ces documents ne furent jamais authentifiés. Différentes hypothèses ont été avancées pour identifier le coupable, la moins intéressante étant celle qui désignait le professeur Montague John Druitt, connu pour être « dérangé » et qui présenta l’opportunité de se noyer dans la Tamise dans laquelle on retrouva son corps lesté de pierres. Ce « serial killer », psychopathe dépeceur, serait le pur produit de la sévère morale victorienne produisant dans ses rangs des aberrations de ce type, la violence du puritanisme poussé à l’extrême ne pouvant qu’engendrer une violence inverse. Dans ce cas, le psychopathe est aussi un sociopathe, car, à partir de pulsions liées à son histoire personnelle, il exprime violemment une violence sociale.
Les assassins par volupté tuent pour jouir sexuellement. Certains le font platoniquement, et peuvent être appelés vampires idéalistes, comme par exemple le héros de la nouvelle de H. H. Ewers « Sauce tomate » qui jouit de voir le sang gicler dans les combats de coq. Ce type de psychopathe n’est pas dangereux. Il n’en est pas de même de personnages comme Gilles de Rais (1404 - 1440) qui assassina dans des circonstances affreuses des centaines d’enfants innocents. On connaît ces activités épouvantables par les témoignages qui eurent lieu pendant ses procès (il y eut deux jugements : l’un du procès d’Eglise et l’autre du procès séculier) qui se déroulèrent en 1440. Gilles de Rais fut exécuté avec ses complices le 28 octobre, ses procès ayant débuté le 15 septembre. J’ai extrait quelques témoignages du livre « Gilles de Rais » d’Alain Jost. Il y a d’abord la jouissance sexuelle. Gilles ne pénétrait jamais les garçons, ou, parfois, les petites filles quand les garçons manquaient, mais éjaculait sur leur ventre, sa verge posée « entre les cuisses et les jambes desdits garçons et filles », d’après la déposition du chambrier de Gilles, un dénommé Poitou. Cette jouissance ne se faisait pas dans des circonstances anodines ! « (...) Après leur avoir incisé ou fait inciser la veine du cou ou de la gorge, le sang jaillissait, et d’autres fois quand ils étaient en langueur de mort, d’autres fois après leur mort et quand ils avaient le cou coupé, tant qu’il restait quelque chaleur dans leur corps. » La mise en scène était toujours la même : l’enfant était pendu à un crochet, et juste avant qu’il n’étouffe, Gilles le détachait et le consolait avant d’exercer sur lui ses atrocités coutumières. Il avoua qu’il s’assoyait sur le ventre de ses petites victimes et se délectait de les voir mourir... L’autre chambrier, Henriet : « Souvent, il se délectait à regarder les têtes coupées (...) et il baisait souvent la tête qui lui plaisait davantage, et il s’en délectait. » Gilles de Rais, homosexuel et pédophile, était un psychopathe. Le docteur Bernelle, en 1910, estimant que : « L’obsession impulsive, accueillie d’emblée avec enthousiasme, est entretenue volontairement comme une chose précieuse », rejoint ainsi l’auteur de contes fantastiques J. Lermina, qui fait donner la définition suivante de la folie à son personnage dément : « La folie est encore la spécialisation. (...) Ce qu’ils nomment monomanie n’est que la spécialisation des facultés pensantes en une étude particulière. C’est un développement extra-humain de la puissance analytique. » Selon ce personnage du conte « Les Fous », la folie serait un monde fantastique. Les terribles actes de Gilles de Rais prennent également source à la fois dans son histoire personnelle qui en fait un psychopathe, et dans la société de son époque qui en fait un Seigneur, un noble qui possède tous les droits, même celui de vie et de mort pour son bon plaisir. D’ailleurs, il aura fallu une incroyable expédition de Gilles qui arrêta un autre noble, Jean le Ferron, arrestation dont les raisons demeurent troubles, pour que les autorités décident de mettre fin à ses méfaits. Et, pour mieux exorciser le côté social de ses monstrueux crimes, son procès d’Eglise insista beaucoup sur ses expériences alchimiques et démonologiques. Or, selon les minutes de ce procès, Gilles de Rais était incapable de répéter la moindre formule et de détailler la moindre expérience de ses soi-disant relations avec Satan. Il laissait officier les personnages que ses serviteurs avaient recrutés dans ce but, comme François Prelati, Florentin homosexuel. Gilles de Rais, homme de la féodalité, qui fut compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, ne pouvait pas être montré tel qu’il était : un monstre sanguinaire qui a assassiné des centaines d’enfants dans d’atroces souffrances, pour sa jouissance personnelle. Les guerres aux côtés de Jeanne d’Arc furent certainement un entraînement à la cruauté et au sadisme comme l’attestent les chroniques de guerre de l’époque qui étaient menées par des soldats mercenaires, véritables bandes armées qui se défoulaient affreusement pendant les pillages. Cela aussi était nuisible à la gloire et la réputation des deux composantes du pouvoir féodal : la composante guerrière représentée par les seigneurs et la composante idéologique de l’Eglise. Ainsi, Gilles se croyait-il dans l’impunité totale. D’où la ténacité des légendes qui font toujours des vampires, de tous ceux qui jouissent de la chair ou de la souffrance des autres, des représentants de la couche dirigeante de la féodalité... Il en était encore de même avec l’affaire de Jack l’Eventreur qui, vraisemblablement, devait être un membre des plus hautes couches sociales du pouvoir royal. Le psychopathe doit se sentir impuni pour passer aux actes, car il tient à la vie et à la liberté. La guerre fut souvent l’occasion, pour ces personnages, d’exercer leurs talents, quelle que soit l’idéologie qui les motive. L’exemple récent le plus célèbre et le plus terrible est celui du régime nazi, avec ses guerres, mais surtout avec ce gigantesque système de mort et de souffrance que furent les camps de concentration et d’extermination. Le système politique nazi lui-même favorisait l’activité de psychopathes qui exerçaient ainsi leurs tortures dans la plus parfaite légalité. Que dire de mieux sur les séances de torture que de citer le témoignage d’un résistant torturé par Barbie, le SS responsable de la région de Lyon et les miliciens de Touvier, témoignage que j’ai recueilli moi-même : « Ils m’ont passé à la baignoire, à la “schlague“, des coups de poing, des coups de pieds. Ils me trempaient dans la baignoire jusqu’à l’asphyxie et à ce moment-là, ils me retiraient jusqu’à ce que je récupère. Puis, ils recommençaient. C’était bestial. (Les miliciens) se conduisaient comme des bêtes. Leur plaisir, c’était de faire du mal (...). Le plus terrible, par exemple, quand on vous trempe dans la baignoire les premières fois, vous vous débattez parce que vous vous asphyxiez. Mais, après, j’avais pris l’habitude : dès qu’ils me trempaient, j’ouvrais la bouche et j’avalais le maximum pour repartir vite dans le coma. (...) J’avais un ventre énorme, la mâchoire cassée, plus de dents. » Son interrogatoire dura trente-deux jours ! Cela se termina avec le revolver de Barbie sur la tempe. Le courage physique de ce résistant fut inouï pour avoir résisté à cela, puis à la déportation à Mauthausen et vivre jusqu’à notre époque pour témoigner... Autre témoignage de mort d’un autre déporté à Dora : « C’était les déportés qui brûlaient les morts. Un jour, le four ne fonctionnait plus. Les morts étaient entassés dans une baraque à côté du four. Je fus de corvée pour les charger dans des camions qui les emmenèrent vers Dora pour les brûler. Je tenais un cadavre dans chaque main pour les tirer en bas et les empiler dans des camions. » Effrayant ! Ne peut-on pas affirmer que la société nazie dans son entier était une société psychopathe ? N’est-ce pas Jung qui écrivit : « A tout instant quelques millions d’hommes peuvent être pris de folie qui nous précipitera à nouveau dans une guerre mondiale ou dans une révolution dévastatrice. Au lieu d’être exposé à des bêtes sauvages, à des eaux débordantes, à des montagnes qui s’écroulent, l’homme d’aujourd’hui est menacé par les puissances élémentaires de la psyché. » ?
Mais revenons à l’individu et au classement des psychopathes proposé par Jean Gœns. Il y a les différentes variantes des nécrophiles qui aiment les morts et les cadavres, qu’ils soient nécromaniaques, nécrophiles platoniques et nécrosadiques. Dans le domaine de la fiction, cette catégorie est représentée dans « Psychose » (1960), film d’Alfred Hitchcock tiré d’une nouvelle de Robert Bloch, dans lequel Norman Bates conserve le cadavre momifié de sa mère. Toute l’œuvre d’Edgar Allan Poe est basée sur sa nécrophilie platonique refoulée, comme certaines nouvelles de Théophile Gautier et le roman « La dame au linceul » de Bram Stoker. Enfin, les vrais antropophages existent également, comme Blaise Farrage, le berger pyrénéen et Haarmann, le boucher de Hanovre. Ce type de psychopathe est magnifiquement interprété par Anthony Hopkins dans « Le silence des agneaux » (1992) de Jonathan Demme, film tiré du roman de Thomas Harris. Dans ce film, un autre type de psychopathe enlève de belles jeunes filles dodues qu’il écorche pour en utiliser la peau.
Dans le domaine de la consommation du corps humain, thème si bien utilisé par George Romero dans le film « La nuit des morts-vivants » (1968), il y a les buveurs de sang, communément appelés vampires, comme John Haig, musicien élégant de Londres. Mais la plus célèbre d’entre eux fut la comtesse Erzsébeth Bathory (1560 - 1614) qui se baignait dans le sang de jeunes vierges et en buvait pour rester éternelle. Elle avait de qui tenir, car ses ancêtres étaient déjà des brutes sanguinaires. Elle exécuta ainsi dans d’horribles tortures six cents jeunes filles ! Bien qu’homosexuelle, la comtesse se maria le 8 mai 1575, mais son mari était très souvent absent et mourut en 1604. Depuis longtemps, elle infligeait des tortures à ses servantes, ce qui apparaissait acceptable à la société de cette époque. Erzsébeth était toujours accompagnée de deux vieilles sorcières pourvoyeuse de chair fraîche, sa nourrice Jo Ilona et une servante Dorottya Szentes, dite Dorko, d’un homme à tout faire, nabot disgracieux appelé Ujvari Johanes, dit Ficzko et d’une lavandière, Katalin Beniezky. Une autre sorcière vint la rejoindre, Darvulia Anna. La comtesse, apparentée aux plus nobles familles de Hongrie, de Roumanie et du Saint Empire utilisa les moyens de pression les plus violents pour garder l’impunité. Mais, le 29 décembre 1610, elle fut arrêtée. Les témoignages de son procès permirent de se faire une idée des horreurs commises. Voici comment Jean Markale décrit son arrestation dans l’ouvrage « L’énigme des vampires » : « Ils (...) descendirent au souterrain des crimes, d’où montait une odeur de cadavre et pénétrèrent dans la salle des tortures aux murs éclaboussés de sang. Là se trouvaient encore les rouages de « la Vierge de fer », des cages et des instruments, auprès des brasiers éteints. Ils trouvèrent du sang desséché au fond de grands pots et d’une sorte de cuve ; ils virent les cellules où l’on emprisonnait les filles, de basses et étroites chambres de pierre, un trou profond par où on laissait disparaître les gens. » Ils découvrirent un cadavre affreusement mutilé et des filles encore vivantes enfermées dans les caves, hébétées et certaines presque vidées de leur sang... Arrêtée, la comtesse resta hautaine et ne regretta jamais ses crimes. Elle ne fut pas exécutée, contrairement à ses complices et emmurée vivante dans sa chambre où elle mourut de mort « naturelle » à l’âge de cinquante-quatre ans... Toujours aussi belle, paraît-il, ce qui n’est pas peu dire à cette époque où cet âge était celui de la vieillesse avancée.
Vlad Tepes (1431 - 1476) - Tepes veut dire : l’empaleur) n’était pas un buveur de sang, mais un vrai psychopathe. Ce seigneur de Transylvanie, plus précisément la Valachie, province des Carpathes qui servait de communication avec la Moldavie, trouvait dans la guerre contre l’envahisseur turc la justification de la lutte pour la chrétienté contre l’islam afin d’assouvir son sadisme. Il s’agissait de Vlad Dracula (ce qui signifie : fils de Dracul, Dracul signifiant du dragon) qui pratiqua le supplice du pal envers ses ennemis et qui prenait grand plaisir à déjeuner en plein air en assistant aux tortures innommables qu’il faisait subir à ses prisonniers. Dracul signifiant également « diable » en roumain et « vampire » en moldave, la réputation de ce cruel seigneur ne se fit pas attendre. La légende de Dracula fut d’autant plus tenace qu’après sa mort, on n’a jamais retrouvé le corps de Vlad Tepes... C’est ce psychopathe dangereux qui inspira le personnage de « Dracula » (1897) à Bram Stoker. Personnage franchement mauvais chez l’écrivain irlandais, il est devenu personnage positif sous la plume de l’écrivain Fred Saberhagen (« Un vieil ami de la famille » - 1979 et ses suites) qui devient alors la source d’inspiration du scénariste du « Dracula » de Francis Ford Coppola.
Ces psychopathes, la comtesse et Gilles de Rais, l’empaleur Vlad Dracula, dit Tepes, ont inspiré de vrais machines littéraires qui ont encore tout le succès que l’on sait aujourd’hui, avec de nombreuses adaptations cinématographiques.
Il en est de même avec d’autres psychopathes comme Jack l’Eventreur, le bourreau de Düsseldorf qui ont inspiré des chefs-d’œuvre comme le film « M. le maudit » (1931) de Fritz Lang, dont Joseph Losey a réalisé un habile remake en 1951.
Qu’est-ce qui est plus fécondateur pour la fiction que la folie meurtrière ? D’où vient cette horreur intérieure qui conduit des êtres humains à devenir terrifiants à tel point que la mémoire collective en fait souvent des êtres humains possédés par le démon, des créatures non humaines, des monstres bestiaux ou des morts-vivants ? Ils furent des êtres humains biens réels, de chair et de sang, dont l’histoire individuelle et la position sociale les conduisit à des actes terrifiants...
Aujourd’hui encore, la société découvre avec horreur de tels psychopathes, comme ce couple d’Anglais qui ont exécuté de nombreuses jeunes filles, dont leurs propres enfants, victimes dont ils enterraient les corps dans leur jardin et leur cave. L’homme s’est récemment pendu dans sa cellule... N’y a-t-il pas du Gilles de Rais dans cette histoire contemporaine, la seule différence résidant, position sociale oblige, dans le nombre des victimes ? Et, comme Gilles, cet homme ne connaît le remords qu’une fois arrêté et ses crimes exposés au grand jour. C’est comme si, tant que ses crimes restaient affaire individuelle entre lui-même, son inconscient et l’idéologie qui justifie ses actes, il restait innocent, seule la société et ses créations idéologiques et morales, contraires à la sienne, comme les lois et la religion, faisant apparaître la satisfaction de ses désirs comme de graves délits. Et que dire du développement actuel des profanations de sépulture, le satanisme invoqué comme explication « rationnelle » de ces actes nécrophiles n’étant que l’équivalent de la démonologie et de l’alchimie pour excuser les actes de Gilles de Rais ? Ceux qui ont, en quelque sorte, donné le signal de la multiplication de ces actes, ont imité la scène d’ouverture du film de Tobe Hooper, « Massacre à la tronçonneuse » (1974), qui met en scène, justement, de terribles psychopathes qui font de la chair à saucisse avec les innocents touristes qui passent. Ces skinheads ont profané le cimetière juif de Carpentras en 1990 en empalant le corps exhumé sur sa tombe profanée. On peut ainsi remarquer le lien entre la réalité et la fiction : ou ces skinheads avaient vu le film de Tobe Hooper, ou, tout simplement, on retrouve le fascisme ordinaire des psychopathes du film dans le néonazisme des profanateurs de Carpentras. Ce qui est sûr, c’est que les psychopathes ne peuvent agir qu’en justifiant leurs actes par une idéologie, un support d’idées, que ce soit la démonologie, le satanisme ou le nazisme... ou même la morale ! Dans son film « Seven » (1995), le cinéaste David Fincher l’a bien compris en mettant en scène un psychopathe qui tue de manière horrible en motivant ses crimes par la punition des sept péchés capitaux. Et quelle punition ! Fincher avait déjà mis en scène une vraie bande de psychopathes mystiques dans « Alien3 » (1992).
Ne pouvant pas assumer entièrement leurs actes tant ils sont terribles, les psychopathes deviennent alors des sociopathes. Et ce sont de ces derniers que l’on fait les meilleurs guerriers et tortionnaires...

Bibliographie des ouvrages utilisés pour cet article :
La folie dans la littérature fantastique. Gwenhaël Ponnau. Editions du CNRS. 1990
L’énigme des vampires. Jean Markale. Pygmalion. 1991
Sang pour sang, le réveil des vampires. Jean Marigny. Gallimard. 1993
Là-bas. J. K. Huysmans. Gallimard. 1993
Loups-garous, vampires et autres monstres. Jean Gœns. Editions du CNRS. 1993
Gilles de Rais... Alain Jost. Marabout. 1995
Jung. Christian Gaillard. PUF. 1995
Voies de la déportation. Alain Pelosato. Naturellement. 1995
Anne Rice et les Vampires. Phénix N° 39. 1995

Alain Pelosato


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