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"Le Monde inverti"
de
Christopher Priest

Editeur :
Gallimard (28 février 2002)
 

"Le Monde inverti"
de Christopher Priest



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Ayant atteint l’âge de mille kilomètres, Helward Mann doit prêter serment et devenir apprenti dans une guilde. Parmi les six corporations veillant sur la ville, il choisit celle du Futur. Mais, comme l’exige l’immuable tradition, Mann doit parfaire sa formation au contact des cinq autres. Pour cela, il doit sortir de la cité. Le jeune homme découvre alors l’incroyable vérité : dans ce monde hyperbolique où chaque extrémité de la courbe tend vers une valeur infinie, la ville se déplace sur rails, cherchant sans jamais y parvenir à atteindre un point-optimum qui fuit vers l’avant. Le sol lui-même se meut à vitesses variables selon une accélération exponentielle. Arrivé au terme de son apprentissage, Helward se voit confier une mission : reconduire les femelles tooks à leur village après qu’elles aient accouché. La ville a en effet besoin d’enfants et d’ouvriers. C’est pourquoi, au gré de son parcours, elle échange nourriture et assistance médicale contre femmes et hommes en mesure de travailler sur les chantiers. Une situation que supportent de plus en plus difficilement les populations extérieures affamées. Helward Mann quitte alors la ville et Victoria son épouse pour un périple qui le changera à jamais...


Ce roman a rendu Christopher Priest célèbre, la suite n’a fait que confirmer son talent. Écrivain au style polymorphe, Priest semble déployer une double activité littéraire : l’appropriation d’univers façonnés par d’autres (Wells avec La machine à explorer l’espace, David Cronenberg avec la novélisation de son film ExistenZ), ou le développement de préoccupations personnelles à travers des récits comme Le Don ou Le Prestige. Le Monde inverti appartient sans nul doute à cette seconde catégorie. L’auteur signe ici une œuvre amère sur le devoir et la perte des certitudes, belle et désabusée, rappelant Le désert des tartares de Dino Buzzati. Une réédition nécessaire, à mettre sur le compte de Folio SF qui, après la reprise d’ENtreFER de Iain Banks, réalise décidément un parcours sans faute.


Le Monde inverti, Christopher Priest, Gallimard, coll. Folio SF. Traduction : Bruno Martin. 388 p.


Xavier Meauméjean






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