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  Sommaire - Livres -  M - R -  Katie Maguire



"Katie Maguire"
de
Graham Masterton

Editeur :
Fleuve Noir
 

"Katie Maguire"
de Graham Masterton



443 pages
2001

Verdict : 7 / 10

On reconnaît le métier d’un écrivain à sa capacité à passionner le lecteur avec une intrigue rabâchée. Ce roman témoigne donc du talent de Masterton puisqu’on le lit d’une traite. On en ressort pourtant un peu déçu. Il témoigne en effet du nouveau style de l’écrivain, depuis "Les Papillons du Mal" et avant "Corbeau" et se concentre davantage sur les personnages que sur l’intrigue.
Et, heureusement, le personnage principal, la commissaire irlandaise Katie Maguire, est vraiment bien dépeinte avec ses forces et ses faiblesses.
Elle vit avec un mari qu’elle n’aime plus, une sorte de loser alcoolique qui la trompe avec la copine d’un caïd local, pleure un enfant mort en bas âge, tente de concilier sa droiture avec l’obligation de parfois pactiser avec la pègre, essaie de rester femme malgré les contraintes de son métier, etc.
On sent que Masterton désire élargir son lectorat avec un sujet proche de la littérature générale. Mais il garde sous le coude une intrigue policière classique de tueur en série et de rituels païens celtiques.
Hélas, les passages horrifiques sont trop clichés pour vraiment convaincre. De plus, l’auteur s’est déjà montré plus inspiré dans le gore et l’érotisme, autrefois ses marques de fabrique. Ici aussi, on sent qu’il se retient pour garder un public assez large.
La fin est, une fois encore malheureusement, bâclée et l’élément fantastique si laborieusement mis en place ne sera pas exploité. Un comble ! On eut aimé un dénouement apocalyptique digne de "Manitou" ou "Tengu". Non, la maléfique reine des fées fait frémir quelques branches et s’en retourne en enfer. Frustrant.
Le roman est également très prévisible. Témoin, le personnage de Lucy. Elle est jeune, universitaire, très belle et sexy, fait tourner la tête des hommes bien qu’on la devine lesbienne, possède de gros seins "fermes et pleins" et connaît les rites celtiques sur le bout des doigts. Désolé mais il faudrait être complètement idiot pour ne pas comprendre où le romancier veut en venir, non ? Je ne vous gâcherai pas la petite surprise finale (gratuite elle aussi) mais que ceux qui ont vu "Ténèbres" de Dario Argento ou "Sleepaway Camp" ne le dise pas aux autres...
Notons aussi une certaine tendance de Masterton à écrire très vite et sans se relire : les dialogues frisent parfois le ridicule et les invraisemblances abondent, ainsi que les détails ratés. Ainsi, lorsqu’on découvre la première victime, l’écrivain nous décrit son cœur arraché en détail. Dix pages plus loin on apprend que le seul organe manquant sur le cadavre est précisément son cœur ! Pour un type qui a trente ans de métier derrière lui, ce genre de couacs est gênant !
Ne croyez pas pour autant que "Katie Maguire" soit un mauvais roman : on ne s’y ennuie pas et le rythme est souvent haletant, malgré le manque flagrant de gore et de sexe. Sachez simplement qu’il s’agit davantage d’une chronique policière que d’un vrai récit d’horreur.


Fred Pizzoferrato (2004)






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