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"Ventus"
de
Karl Schroeder

Editeur :
Denoël (9 juin 2002)
 

"Ventus"
de Karl Schroeder



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Karl Schroeder partage la particularité d’être né dans le Manitoba avec un grand nom de la SF, Alfred E. Van Vogt. Pour ce Canadien de tout juste 40 ans, Ventus est le premier roman que Denoël a entrepris de faire découvrir au public Français alors que simultanément paraît au Canada Permanence, son troisième ouvrage de SF. L’homme se voit déjà comparé à un Banks ou un Simmons, c’est dire.


Il y a bien longtemps des intelligences artificielles pensantes, appelés Vents, ont terraformé Ventus désormais ouverte à la colonisation humaine. Ce qui devait devenir un paradis pour l’homme se révèle être un enfer. Préservant l’écosystème planétaire, les Vents y règnent tels des dieux, contraignant l’humanité à se passer de développement technologique et à vivre engoncée dans ses superstitions. Le jeune Jordan Maçon, travaillant au manoir de Castor, est sujet à d’étranges visions où il voit la défaite des forces du Ravenon, la mise à mort du général Armiger et sa renaissance. Armiger, demi-dieu façonné par l’IA mégalomane 3340, est arrivé sur Ventus pour s’approprier le secret des Vents. C’est pourquoi les forces de l’Archipel ont envoyé deux agents galactiques, Axel Chan et la bio-améliorée Calandria May, pour le neutraliser. Bien que May ait détruit 3340 avec l’aide de l’entité Choronzon, la mercenaire subodore qu’Armiger porte en lui les graines de résurrection de son maître défunt. Pour May, Jordan est le seul moyen de retrouver Armiger et de l’anéantir.


Le décor et les personnages sont plantés. Il ne reste plus que l’action. Et il ne faut pas bien longtemps à Schroeder pour tisser une toile d’intrigues et balancer les protagonistes dans une quête de pouvoir. Car ce que met en jeu Karl Schroeder dans Ventus, c’est l’hégémonie des IA pour leur survie. Cela produit une lutte titanesque entre les Vents, jaloux de leurs prérogatives, les entités divines et les hommes. On regrettera peut-être le combat trop rapidement mené entre le nouveau prophète Jordan et 3340.


La complexité de l’œuvre, la beauté stylistique, la puissance imaginative et l’ampleur de la problématique de ce planète-opéra ne laissent pas de surprendre. Cela exige du lecteur une immersion profonde dans un univers foisonnant où Schroeder fait la part belle à la nanotechnologie et en déjoue ainsi l’utilisation classique. On frissonne en découvrant que dame Nature, sur Ventus, est le produit de l’artificiel, du mécanique. Et ce n’est pas la moindre des surprises. L’idée de procurer un langage à la nature, de faire naître un conflit entre Médiation et Thalience sur l’interprétation à avoir du message originel, suscite étonnement et admiration. Ventus est un formidable roman, une infection virale qui ne nécessite aucun remède.


Ventus, Karl Schroeder. Éditions Denoël, Collection Lunes d’encre. Traduction : Michèle Charrier. 2 vol. de 400 p.


A. Marcinkowski






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