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  Sommaire - Interviews -  Lance Henriksen, acteur ds AVP
Interview de Lance Henriksen, acteur ds AVP
Par Marc Sessego

Dernier ajout : lundi 29 novembre 2004

"Lance Henriksen, acteur ds AVP"

Interview de Lance Henriksen
Acteur dans ”Aliens contre Predator”

LH : Donc vous avez vu le film, j’espère que vous l’avez aimé !!! Vous pensez qu’il fera 70 millions le premier week-end ?

MS : Oui excellent et j’espère qu’effectivement vous casserez la baraque ce week-end !!!
LH : je me suis amusé comme un petit fou sur ce film, et pourtant je me fais abattre par un prédator. Une nuit j’ai commencé à écrire une liste avec le nombre de fois et de quelle manière je mourais : c’était vraiment dégoûtant.... J’ai été tué tellement de fois ! John Woo m’a brûlé, les gens me regardent et se disent j‘aimerais bien vous zigouiller !!

MS : Lance vous avez tellement de fans, qu’est ce que cela vous fait ?
LH : Je suis marié et j’ai une petite fille de 4 ans, j’ai aussi une fille de 15 ans et, quand je ne joue pas, je fais de la poterie. Je ne suis pas vraiment dans le show biz, hors tournages je ne vais pas dans les parties, par contre quand j’ai un rôle je suis très heureux car souvent je vais dans un autre pays. Pour moi, le cinéma c’est aller d’une aventure à une autre. Vous savez à New York, il y a longtemps maintenant, j’ai eu une période très difficile dans ma vie aussi lorsque quelque chose de positif se passe je l’apprécie le plus possible.

MS : Comment vous êtes vous embarqué dans l’aventure AVP ?
LH : Paul Anderson m’a invité au Beverly hills hôtel pour me rencontrer, et nous nous sommes assis dans le jardin à boire du café et à discuter pendant plus de 2 heures car il habite à 2 minutes de là ! Il m’a décrit chaque scène du film. J’avais du mal à y croire c’était tellement bien détaillé.... et l’idée était tellement bonne ! Paul est un cinglé de SF et il faut dire que tout le genre SF/Horreur est le langage métaphorique que nous utilisons de nos jours. Auparavant c’était le western, ou le film de détectives, etc.... en tous cas, maintenant, nous sommes dans cette ère, et je ne sais pas où l’on va à partir de là..... Je crois qu’il y aura une longue vie avec le CGI (images par ordinateur, ndlr) une fois qu’ils sauront vraiment bien le maîtriser.

MS :Pensiez vous que l’alien reviendrait ?
LH : Non absolument pas. Je n’aurais jamais pensé que je retournerais dans le monde d’alien.

MS : Quelle fut la différence entre ce rôle et celui de Bishop ?
LH : James Cameron et moi avions travaillé ensemble sur deux films, sur « Terminator » et « Aliens » et je dois dire que sur « Aliens » ce n’est pas comme si il m’avait donné le rôle, j’ai dû auditionner !, et j’étais à la maison pensant « comment vas-tu t’y prendre pour ce rôle ? » car j’étais en compétition directe avec Rutger Hauer et j’avoue que j’étais terrifié. Je me suis dit alors que je ne pouvais pas jouer un androïde, il fallait que je joue une partie de moi même à 14 ans car le personnage de Bishop est super complexe... Fort heureusement, ça a marché : j’ai eu le rôle ! J’étais tellement heureux de me trouver à Londres et de tourner à Pinewood , en ce temps là c’était 12 millions le film et c’était énorme. C‘était vraiment énorme et tout cet argent se voit à l’écran. Moi j’étais au paradis. De mon opinion personnelle j’ai toujours pensé que Ridley aurait dû faire « Alien 3 » et Jim (Cameron) « Alien 4 » ça aurait été génial.

MS : Pourriez-vous nous parler de l’aventure « Alien 3 » qui selon tous les dires a été très mauvaise ?
LH : Fincher était dans une très mauvaise passe, car il y avait deux versions du script, il y avait la version où ils vont sur une planète qui est comme un monastère, très religieux et tout ce qui s’ensuit, et puis il y avait la version qui était une planète prison et quand je l’ai lu je me suis dit « oh non, pas ça, c’est hyper mauvais », et la seule chose importante qui se passe c’est qu’elle tombe dans du fer en fusion. C’est vraiment nul et ça n’a aucun sens. Je crois que je n’aurais même pas envie de voir ce film. Il n’y a pas un personnage qui soit intéressant, ce ne sont que des violeurs et des meurtriers, même le docteur avec qui Ripley couche a tué plusieurs personnes avec de mauvaises seringues. Lorsque le film est sorti et que je l’ai vu, croyez-moi, je me serais bien enfoncé six pieds sous terre ! J’ai aussitôt pensé que cette fois « Alien » était bien mort et qu’ils n’en feraient plus aucun. Et pourtant, nous voici encore une fois.

MS : Des deux monstres, Quel est celui que vous préférez ?
LH : Je les hais, mais chacun pour des raisons très spéciales (il se met à rire). L’alien, est tellement terrifiant qu’on ne peut même pas négocier quoi que ce soit avec lui : on ne peut pas devenir ami.... l’autre est un gros crabe à 2 pattes, c’est le guerrier primaire, je n’aimerais pas devenir copain avec lui non plus. Le pire c’est que si vous regardez bien, que ce soit avec l’un ou l’autre, il n’y a aucune négociation ni échange possible....

J’ai remarqué une chose et désolé si je dévie un peu du sujet du film mais, depuis ma naissance, j’ai vu la deuxième guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Vietnam et maintenant l’Irak et la guerre contre les terroristes dont le départ en a été le 11 septembre 2001 : vous savez, hélas, absolument rien n’a changé !

MS : Pourtant dans ce film vous êtes surarmé...
LH : Oui mais ça ne représente rien vis a vis de l’instinct primitif. Allez donc dans la jungle avec le plus sophistiqué des équipements vous n‘aurez pas - de toute façon - le savoir des aborigènes, ils vous descendraient quoi qu‘il en soit.
Dans ce script, il y a quelque chose que j’aime beaucoup, c’est la dignité des personnages. Quand il faut survivre, vous découvrez beaucoup de l’humanité des gens : ce qu’ils veulent être et ce qu’ils sont vraiment.....

MS : Etes vous heureux de votre carrière ?
LH : Je peux diviser ma carrière en deux. Il y a ce genre de films qui vous sert à payer vos factures, et il y a une seconde section où vous pouvez apprendre quelque chose du projet. Je suis assez chanceux dans tout ce que j’ai fait jusqu’a présent....
Par exemple, il y a un rôle que j’aimerais faire : celui d’un potier nommé Georges Ohr. Il est potier et artiste et c’est un rôle que j’aimerais vraiment jouer.
Maintenant, je commence tout juste à obtenir de bons rôles, j’adorerais, par exemple, faire une comédie. Je ne dis pas que je suis drôle mais j’aime les situations drôles alors pourquoi pas ?

MS : Comment équilibrez-vous dans votre vie les films et la poterie ?
LH : Bonne question. Je fais de la poterie depuis environ 35 ans, et j’adore ça, c’en est presque devenu une obsession chaque fois que je commence une nouvelle pièce. j’ai mon propre studio avec tous les éléments dont j’ai besoin. Je viens d’ailleurs de signer un contrat pour faire des tuiles et des assiettes portant l’alien et le prédator : c’est la première fois pour moi qu’il y aura une fusion ce genre. Vous savez j’aimerais bien voir une personne rentrer dans une cuisine et voir un « face hugger »(l’horreur de bestiole qui saute sur les visages pour vous imprégner de l’alien dans les films, ndlr) sur le mur et dire « qu’est ce que c’est que de truc ? ». Franchement le résultat est bien au delta de ce que je pensais, tous les gars qui ont travaillé sur ce film en tant que sculpteur m‘ont donné un coup de main et je leur ai dit exactement ce que je voulais.

MS : Quand seront ils disponibles ?
LH : Probablement au même moment que la sortie du film en dvd, je dirais fin novembre.

MS : Pouvez vous nous les décrire ?
LH : Il y aura des tuiles de 13 par 13 inches et des assiettes de 22 par 22 inches.

MS : Félicitation, ce doit être la première fois qu’un acteur a l’idée de faire une chose aussi originale....
LH : Merci beaucoup !

Propos recueillis par Marc Sessego le 9 août 2004
Correction Andrée Cormier


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