SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No104
103
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Interviews -  Paul W. S. Anderson, Réalisateur Alien Vs Predator
Interview de Paul W. S. Anderson, Réalisateur Alien Vs Predator
Par Marc Sessego

Dernier ajout : lundi 29 novembre 2004

"Paul W. S. Anderson, Réalisateur Alien Vs Predator"

Interview de Paul W.S. Anderson
Réalisateur d’Aliens Vs Predator

MS : Comment avez vous approché ce film ?
PA : (Il rit) ...comment l’ai-je approché ? avec beaucoup de trépidations et d’excitation. Il est incroyable de se retrouver avec une telle franchise et aussi d’emboîter le pas à certains des metteurs en scène qui sont de véritables génies.

MS : Qu’est ce qui vous a le plus influencé ?
PA : Je pense que nous avons repris le meilleur des deux franchises surtout au niveau des deux premiers films d’alien. Puis nous avons pris énormément au niveau de la bande dessinée « alien contre prédator », surtout le tout premier, avec le concept de cette reine alien captive des prédators et qui est supposée donner des oeufs qui, devenus des aliens, doivent être chassés par les prédators. Puis, je me suis penché sur la grande question : comment est ce qu‘un alien et un predator feraient pour se battre entre eux ? (il rit)

MS : Comme dans le premier opus, le héros principal est... une héroïne, l’avez vous fait exprès ?
PA : Nous étions très embêtés car si vous regardez les films, dans les prédators c’est un héros masculin, et dans les aliens l’héroïne est une femme. Ce qui m’a persuadé sur le choix d‘avoir une héroïne c’était de reprendre le la bande dessinée où c’est aussi une femme qui est le personnage principal. Mais il faut aussi dire - et j’espère ne pas le gâcher pour vos lecteurs - c’est le prédator qui devient le leader masculin dans AVP.

MS : Comment en êtes-vous arrivé à imaginer tout ce concept de la pyramide ?
PA : C’est un concept qui, en fait, est né des deux séries. L’un est le design de Ron Cobb qui n’a jamais été utilisé pour « Alien » car dans le tout premier script d’Alien les humains ne découvraient pas les œufs dans le vaisseau abandonné mais dans une pyramide, sur le chemin de retour du Nostromo. La tempête cessait et ils apercevaient cette pyramide et c’est là qu’ils trouvaient les fameux œufs. Il y avait aussi énormément de hiéroglyphes dans l’enceinte de cette pyramide, qui montraient d’anciens rituels impliquant les aliens.... C’est de là qu’est venu une partie du concept de la pyramide. Ajouté à cela était ma propre croyance personnelle : dans la fin de prédator 2 vous voyez l’intérieur du vaisseau prédator avec beaucoup de dessins aztèques, ces dessins rejoignent directement ce que nous voyons dans le film c’est-à-dire les prédators devenus des dieux en quelque sorte.

MS : Est-ce que Lance était dans votre tout premier jet ?
PA : Oui, le rôle a toujours été écrit pour Lance ! Vous savez, il me fallait Lance sinon le film n’aurait pas marché.

MS : Combien de temps vous a t’il fallu pour écrire le script . ? ..
PA : Environ quatre mois. Quatre mois pour l’écriture du premier jet, mais ça c’est le fruit de 10 ans de pensées personnelles et d’études du concept des deux monstres ensemble. Quand je suis allé voir le Studio Fox j’avais un long et détaillé résumé de ce que je voulais faire. Ca m’a pris environ 20 minutes pour raconter l’histoire. Vous savez, toute la pré écriture du script avait été faite dans ma tête depuis déjà bien longtemps.

MS : L’avez-vous écrit pour un large public ou seulement pour les fans ?
PA : Sur un projet pareil vous devez pouvoir satisfaire les deux publics, fans et non fans. Vous vous devez de satisfaire le fan d’alien/prédator - comme je le suis - et faire un film qui puisse fonctionner dans la mythologie déjà établie. Mais en même temps il faut que le film fonctionne pour un public qui, le cas échéant, n’ait jamais entendu parler de ces films. Je peux vous garantir que si vous faites ce film uniquement pour les fans - et je sais qu’il y en a - il vaut mieux faire un film avec un très petit budget si vous voyez ce que je veux dire.

MS : Est-ce que le studio vous a fait écrire plusieurs jets et est ce qu’il n’a pas été trop difficile ?
PA : J’ai écrit plusieurs jets, mais pas plus que pour un projet normal. Sur le script, ils m’ont fait couper des scènes, bien évidemment pour sauver de l’argent, tel le concept de la pyramide qui avait été coupé du premier film pour raisons budgétaires. De toute façon, nous sommes retournés tourner certaines scènes après, comme par exemple toutes les scènes sur le vaisseau du prédator car au début le studio n’en voulaient pas : ils nous disaient « vous n’en avez pas besoin, vous pouvez faire sans ». J’ai toujours pensé qu’elles étaient très importantes pour le film et je dois dire que sans elles, une fois le film terminé, il manquait vraiment quelque chose.

MS : Pourquoi avoir choisi le scope pour AVP ?
PA : Le seul film où je suis revenu au format normal était « Resident Evil », et j’ai choisi le scope pour AVP, parce que c’est un grand format et je pense que c’est parfait pour le genre d’histoire complètement visuelle que nous racontions. Cela me semblait tout à fait approprié, et aussi nous avons de très grands décors que je voulais mettre le plus possible en valeur. Je dois dire que j’ai adoré la photographie anamorphique que Ridley a faite sur ALIEN et la profondeur de champs qu’elle a apportée au film. Ce qui lui a permis de très bien cadrer la créature, et c’est un peu le même look que j’ai voulu pour AVP. Je voulais le plus possible remontrer la beauté du monstre de Ridley si l’on peut dire car je trouve que les derniers films de la série ont complètement perdu tout le côté mythique du monstre..

MS : Comment avez-vous fait votre casting ?
PA : Lance était le seul pour lequel le rôle de Charles weyland avait été écrit . J’ai par exemple écrit un rôle pour Colin Salmon que vous avez vu aussi dans « Resident Evil », mais ces deux personnages-là étaient les seuls que j’avais en tête.

MS : Pouvez vous nous parler de votre collaboration avec ADI ? avec lequel vous avez travaille depuis des années ?
PA : Oui je suis très satisfait de leur travail, et je pense qu’ils ont rendu l’alien, à l’écran, de la meilleure manière : il n’a jamais eu un aussi bon look... Je dirai même peut être mieux ! Ca a été une très longue collaboration car ils se sont également occupés du prédator, et ils ont dû prendre un peu de recul pour retrouver l’ancien look classique de l’alien. Dans « Alien 3 et 4 » l’alien commençait à changer de look, et j’ai toujours adoré le design original de Giger qui est le look noir biomécanique. Nous voulions retrouver ces racines et nous voulions revenir sur cette base, car dans « Alien 3 » ils combattent plus une bête qu’un entité biomécanique. Oui, je pense qu’ils ont fait un excellent travail.

MS : Parlez-nous de cette fameuse séquence de la bataille alien/predator.
PA : Cette séquence nous a pris deux mois de tournage, c’était très compliqué car nous voulions faire le maximum de choses au niveau pratique, et j’avais pris cette décision dès le début, après avoir revu tous les films de la série : les films les plus faibles avaient le plus de CGI.... La grande force des films de James Cameron et Ridley Scott tient justement dans le fait d’avoir quasiment tout fait. Nous avons pensé faire la même chose en y ajoutant juste quelques détails par ordinateur : par exemple, un alien est vraiment là mais faire bouger sa queue très vite c’est très difficile, et l’arme fatale c’est la queue de l’alien ! Elle représente en elle-même beaucoup de plans... on a donc pris le vrai alien mais la queue est en CGI . Vous avez donc ainsi 80% de réalité, 20% de faux. C’est un des aspects de ce film sur lequel je suis très fier : tout a l’air vrai et l’intégration CGI, éléments pratiques, a donné d’excellents résultats. Il faut dire que cette scanne a demandé beaucoup de préparation car ils éclatent littéralement la pièce dans laquelle ils sont. Apres il a fallu tout nettoyer et tout remettre en place... C’est amusant car quand nous avons commence à tourner, tout était censé être en pierre noire et à la moitié de cette scène, nous nous sommes aperçus que quelque chose clochait, c’était en fait le décor qui n’était plus noir mais gris : nous avions tellement tout éclaté et avions tellement remué de poussières que tout le décor était devenu gris.

MS : Le son sur AVP est sensationnel, l’avez-vous supervisé ?
PA : Je me suis toujours très impliqué dans le son de mes films car je pense qu’avec un film d’horreur c’est essentiel : un film d’horreur sans un bon son ne véhicule plus la peur et j’étais très excité à l’idée de ces deux créatures car ils émettent tous deux des sons très spécifiques, c’est un des attraits du premier prédator ou Mc Tiernan use tellement bien le son pour amener les approches de la créature que ça fait peur ; ça vous flanque la trouille rien qu’avec le son. Nous avons essayé d’exploiter le son de la manière créative la plus précise possible. Nous sommes aussi retournés écouter les bandes son du premier « Alien » pour retrouver les premiers cris.

MS : Y’aura t’il un director’s cut sur le dvd ?
PA : Je suis très content avec notre montage actuel, donc il n y ‘a vraiment rien que je veuille vraiment réinsérer, mais je pense que nous y mettrons plusieurs scènes coupées et nous avons par exemple tourné une autre ouverture pour le film, qui se déroulait en fait en 1904, cent ans avant que notre film ne se passe, c’était dans la station de Weyland, et vous voyez un type et vous avez bien l’impression que c‘est le dernier survivant de ce qui a pu se passer . Cela explique toute l’histoire. En fin de compte nous l’avons coupée car j’étais tellement heureux avec le premier plan d’ouverture du satellite et son rendu visuel.

MS : Oui, on a l’impression de voir une reine Alien...
PA : Tout à fait, nous avons en fait construit un satellite et si vous le regardez d’un certain angle vous avez l’impression de voir une reine Alien. et c’est le plan classique de « Aliens » la toute première fois où vous apercevez la reine. J’ai pensé que ce serait parfait pour introduire notre film. Cela donne immédiatement le ton. Certains m’ont dit qu’ils ne pensaient pas que le plan fonctionnerait et le résultat est, en fin de compte, spectaculaire.

MS : Avez vous tout tourné à Prague ?
PA : Nous avons TOUT tourné à Prague ! La seule séquence que nous n’avons pas tournée là-bas est celle de Sana sur la montagne dans son tout premier plan. Je n’ai jamais eu à subir une température aussi froide de ma vie, moins 80 avec certains vents.

MS : Un mot sur votre prochain projet ?
PA : Je n’ai encore rien en ligne pour l’instant : j’ai travaillé sur deux films en trois ans avec celui-ci et « Resident Evil 2 ».

MS : Quelle est votre fonction sur « Resident Evil 2 » ?
PA : J’ai écrit le scénario et je l’ai produit donc j’ai été très impliqué dans le film. Je vais produire deux autres films par l’intermédiaire de ma société de production, « the dark »

Propos recuellis par Marc Sessego


Retour au sommaire