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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Female Vampire

"Female Vampire" de Jess Franco


Titre Original : La Comtesse Noire
Autre titre : Les Avaleuses / Erotikill / La Comtesse aux Seins Nus
Réalisateur : Jésus Franco

Avec : Lina Romay - Jack Taylor -
Alice Arno - Monika Swinn -
Jean-Pierre Bouyxou - Jésus Franco -

Durée : 90 minutes
Origine : France / Portugal / Belgique
Année : 1973
Genre : Horreur / Erotique
Editeur : Dutch Film Workshop - "Extreme Sexy"

Cotation : 1 / 10

Résumé :

La Comtesse Irina Karlstein, une jeune vampire nymphomane et bisexuelle tue une série de personne, généralement en leur suçant le sang durant les fellations prodiguées à ses victimes.

Critiques :

La proximité de Noël nous vaut, sans doute, une véritable mode consacrée au petit Jésus, lequel se signale depuis près d’un demi-siècle, par des séries Z souvent affligeantes.

Le nom de Jésus Franco ne dira sans doute pas grand chose aux djeuns nourris de blockbusters. Le bonhomme est pourtant né en 1930 et, dès 1960, il imprime sur pellicule certaines œuvres, dans un beau noir et blanc poétique, comme "L’Horrible Dr Orloff" ou "Les Maitresses du Dr Jekyll".

Mais, très vite, le cinéaste semble pris d’une véritable frénésie et, à partir des seventies, il se lance dans une entreprise visant, sans doute inconsciemment, a accumuler le plus de films possible en un minimum de temps. Il tourne alors environ quatre films par ans, souvent des back to back filmés avec la même équipe. "So many movies, so little time" aurait-il pu chanter aux temps du disco.

Il livre ainsi une série consacrée au Divin Marquis : "Justine" (1968), "Les Inassouvies" (1969) et "Eugénie" (1970) avant sa trilogie hommage : "La Fille de Dracula", "Les Expériences Erotiques de Frankenstein" et "Dracula prisonnier de Frankenstein", en 1972.
Franco a pourtant à son actif l’un ou l’autres titres de gloire comme "Les Nuits de Dracula", une très fidèle adaptation de Stocker avec le grand Christopher Lee ou "Jack The Ripper", un gore servi par l’interprétation de Klaus Kinski. Citons aussi, pour la fine bouche, le très culte "Vampiros Lesbos", le célèbre "Une Vierge chez les Morts Vivants" et, enfin, "les Prédateurs de la Nuit", sympathique série B aussi gore qu’érotique dans laquelle on retrouve les belles paires de Brigitte Lahaie ou Caroline Munro.

En 1980 il arrive même à figurer sur la fameuse liste des video-nasties avec "Mondo Cannibal" (alias "Man Hunter", alias "Chasseur d’hommes") ce qui lui vaut une petite renommée auprès des plus déviants.

Le film qui nous occupe aujourd’hui date de 1973, une époque bénie pour Franco puisqu’il craque pour Lina Romay, jeune débutante à peine majeur qui n’hésite pas à se dénuder et à se montrer dans toute les positions devant sa caméra. Bientôt, le couple (toujours ensemble à l’heure actuelle) allait se lancer dans des entreprises encore plus bizarres, les films de Franco étant alors truffés d’inserts porno et souvent retitrés, comme "Sexorcismes", "Shining Sex" ou "Les Gloutonnes". Ensuite ce fut l’escalade dans le X pur et dur comme en témoignent "Les Nuits Chaudes de Linda" ou "Célestine : Bonne à tout faire".

Notre "Comtesse Noire" n’échappa d’ailleurs pas à cette folie puisqu’elle ressortit sous le titre plus suggestif de "La Comtesse aux seins nus" avant de terminer par le très direct "Les Avaleuses".

Cette critique concerne donc le director’s cut (carrément, oui monsieur !) de Jésus Franco, largement fourni en scènes érotiques mais pratiquement dénué, hélas, de la moindre goutte de sang. Le film est sorti sur le label "Extreme", une collection de DVD spécialisé dans le culte, le gore et l’érotisme. Que du bonheur, surtout que la version française permet d’acheter tout ça à prix modique.
Produit par Eurociné (mauvais signe, déjà !), "La Comtesse Noire" se révèle rapidement un véritable supplice pour l’amateur le plus indulgent, tant le rythme est anémique. L’absence de toute logique et le scénario incompréhensible, proposé en guise de prétexte, épuise également les plus résistants. Les images se suivent donc sans que l’on puisse y découvrir la moindre continuité, dans la grande tradition de Jésus Franco.

Le fantastique n’a hélàs droit qu’à la portion congrue et la mise en scène consiste à zoomer sur les corps dénudés d’une poignée de starlettes, dont la débutante Lina Romay.
Sans doute conscients de la nullité du résultat, les producteurs le caviardèrent de séquences pornos afin, sans doute en pure perte, de lui donner un certain intérêt. Ce produit totalement nul existe donc en (au moins) trois versions : une purement horrifique dénuée de sexe, une autre érotique ponctuée d’un brin de fantastique (celle critiquée ici) et, enfin, une dernière ouvertement pornographique.
Sacré petit Jésus !

Pizzoferrato Fred (2004)



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