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  Sommaire - DVD -  A - F -  Destins violés (Taking lives)
"Destins violés (Taking lives)"
de D.J. Caruso

Avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Kiefer Sutherland, Tcheky Karyo
Warner Home Vidéo

L’inspiration Seven n’a pas fini de régner. En témoigne ce nouvel avatar d’une chasse au serial-killer plutôt retors dans les rues de Montréal. La (très jolie Jolie) profiler Illeana Scott est une des meilleures du FBI. Suite à la découverte d’un cadavre, la police de Montreal lui demande ses services car il pourrait s’agir d’un meurtre signé par un serial-killer, suite à plusieurs indices déroutants. Effectivement, l’agent Scott détermine rapidement qu’ils sont bien en présence d’un dangereux psychopathe qui s’octroie l’identité de ses victimes pour un temps avant d’en changer. En recoupant plusieurs faits, Illeana parvient à rentrer en contact avec un homme qui aurait échappé au tueur. Lui seul pourrait donc le reconnaître, même sous une nouvelle identité.

Et on ne va pas plus loin sous peine de trop en dévoiler. Mais même ainsi, Destins violés ne ménage guère de surprises, on devine rapidement le pot aux roses, le vrai du faux, le suspect et le véritable coupable. Seule la saisissante séquence d’ouverture mérite véritablement des éloges. Autrement, Destins violés sous ses airs différents, et malgré les propos de son réalisateur qui se croit vraiment très exceptionnel, ne s’avère être rien d’autre qu’un « serial-polar » de série. Il aurait pu en être autrement, si il n’y avait pas eu toutes ces petites intrigues dont on devine aisément l’issue, si l’ambiance avait été plus noire, oppressante, si il n’y avait pas eu ces rivalités de pacotille entre les flics québécois (interprétés par des français bien de chez nous : Karyo, Anglade et un des plus mauvais acteurs au monde, Olivier Martinez : quand on pense que ce gars-là a joué un caïd dans SWAT, on en reste encore interloqué : il y a donc si peu de choix en ce moment ?) et Scott. Pourtant, en regardant bien, il y avait matière à obtenir un bon polar : le climat froid de Montreal ajouté aux actes dépourvus de toute moralité du tueur, le prologue qui donnait le ton, un profiler femme à la sensibilité à fleur de peau et une fin qui aurait pu être aussi forte que celle de Seven. Hé bien non, même si, justement en parlant de la fin, elle surprend, tout l’effet est annihilé par l’ultime révélation. Reste quand même qu’on attendait mieux de D.J. Caruso, auteur d’un génial petit road-movie sorti directement en vidéo, Black cat run, une course poursuite quasiment en temps réel en plein désert, et qui avait quand même surpris avec son plutôt bon Salton sea, polar noir avec Val Kilmer dans la mouvance Blood simple & Co. Ici, même si on lui reconnaît quelques qualités, force est d’admettre qu’elles s’effacent devant la standardisation du produit. D’accord, il y a largement pire que Destins violés (qui vaut cent fois mieux que l’exécrable Instincts meurtriers, par exemple, avec Samuel L. Jackson sorti en même temps quasiment) mais force est d’admettre qu’on se lasse de ces films similaires qui ne vont jamais jusqu’au bout de leurs ambitions. Ce qui est un comble si en plus il a réfèrences à Seven. Mais ça, c’est une autre histoire qui repose en gros sur le bon vieux schéma du « ce qui a marché une fois ne remarchera pas une seconde fois » ; et comme personne ne veut tenter le coup... Niveau DVD, des bonus très commerciaux quant aux documentaires, avec aussi une dizaine de scènes inédites sans intérêt, et un bêtisier où on voit que casser un miroir n’est pas à la portée de tout le monde ! Edifiant, mais là où on constate le naufrage quasi total de Destins violés, c’est lorsque Caruso défend son film : à l’entendre, c’est une date dans l’histoire du genre ! Hé ben, on se méfiera quand son prochain arrivera à celui-là, tiens !

Stéphane Thiellement

Note : film : 3/10 DVD : 4/10
Bonus (vostf) : scènes coupées ; bêtisier ; reportages sur différents points du film avec interventions des acteurs et de l’équipe technique.



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