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"Les Mannequins"
de
John Varley

Editeur :
Denoël
 

"Les Mannequins"
de John Varley



(The Barbie Murders)

Denoel / Présence du Futur / 1982 / 345 pages

John Varley n’est pas le plus connu des auteurs de science-fiction. Il faut dire que sa production est assez restreinte. Niveau roman on citera la trilogie de "Gaia" (sur le thème des artefacts extraterrestres), "Millenium" (adapté - ou plutôt massacré - par le tâcheron Michael Anderson) et surtout l’extraordinaire "Canal Ophite", mélange débridé de hard-science, d’humour et de sexualité très libérée.

Ces neufs nouvelles se situent dans le même univers puisque Varley intègre la plupart de ses textes à un monde futur cohérent. Dans ce lointain avenir les astronautes ont renoncé à leurs jambes pour devenir des mutants dotés de quatre mains / podes ; les libertins changent de sexe plusieurs fois au cours de leur vie pour goûter à tous les plaisirs ; les riches se clonent eux-mêmes pour revivre plusieurs enfances insouciantes ; les spacemen vivent en symbiose avec des créatures plus ou moins conscientes ; les bombes atomiques informatisées discutent avec les démineurs et les envahisseurs ont conquis la terre, obligeant les humains à se réfugier sur la lune.

John Varley c’est un peu l’imagination au pouvoir, sans véritable souci de réalisme. C’est l’envie de raconter des histoires originales et de pousser une situation absurde dans ses derniers retranchements. Il aime aussi les sectes totalement délirantes...quoiqu’il en existe sûrement des plus barges aux Etats Unis. Dans l’histoire "Barbie Tuerie" il imagine ainsi une Eglise transformant chacune de ses adeptes en sorte de poupée Barbie dénudée de la moindre identité personnelle. Dans "Equinoxiales" une bande d’illuminé a décidé de se rapprocher de la sainteté en peignant en rouge les anneaux de Saturne. Il expose aussi le cas de féministes persuadées que les hommes sont des "Mannequins" morts manipulés par des parasites décidés à infecter les femmes par le sperme. On dirait une idée de série Z mais chez Varley c’est surtout un texte très drôle. Citons aussi "Adieu Robinson Crusoe", une intrigue fine qui nous montre les tentatives désespérées d’un ministre pour jouer au pirate, cloné dans le corps d’un enfant, afin d’échapper pour quelques années à ses responsabilités. Chaque nouvelle de Varley aurait put devenir un mauvais roman chez un écrivaillon. Lui, il sait ce que rigueur et concision veulent dire. Au lieu de diluer son talent, il l’épure et élague le superflu. Pourquoi étirer une idée sur trois cents pages alors qu’on peut la traiter en profondeur sur moins de quarante ? A l’heure où les écrivains se perdent souvent dans des cycles interminables qui confondent un foisonnement de détails inutiles avec une construction cohérente d’un univers complexe, il est agréable de se ressourcer avec un auteur aussi doué que Varley. Que l’une ou l’autre histoire paraissent plus faible est alors sans grande importance, tant l’ensemble s’avère plaisant et original.

Pizzoferrato Fred.






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