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  Sommaire - Livres -  M - R -  J. K. Rowling, la magicienne qui créa Harry Potter



"J. K. Rowling, la magicienne qui créa Harry Potter"
de
Sean Smith

Editeur :
Favre - Dossiers Temoignages (25 avril 2002)
 

"J. K. Rowling, la magicienne qui créa Harry Potter"
de Sean Smith



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En quelques années, la masse des informations disponibles sur J. K. Rowling est devenue considérable, l’intéressant se mêlant au pire, sans que le chercheur ait la possibilité de les vérifier, faute de références à des affirmations souvent conventionnelles ou fantaisistes. Le succès de Rowling a suscité l’intérêt des médias depuis la parution de Harry Potter à l’École des Sorciers, en 1997. Ils ont repris en chœur le parcours d’une Cendrillon mère célibataire et sans ressources, écrivant dans un café avec sa fille dormant dans sa poussette, qui devint célèbre et riche en quelques années. Un tel conte de fées ne peut que séduire les médias. Rowling n’accorde que très peu d’interviews, se répète souvent, donne finalement peu d’informations sur elle-même. Bien conseillée par son agent et son éditeur, elle a compris qu’une partie de l’intérêt qu’on lui porte vient du relatif mystère qui l’entoure et aussi de l’ignorance où ses lecteurs sont tenus sur ses intentions. Elle fuit les journalistes et se tient le plus possible à l’écart du monde.


Ce livre d’un journaliste constitue le premier pas vers ce que pourrait être une biographie suffisamment objective pour être valide. L’auteur cite ses sources dans ses notes, donne des noms de témoins, fournit des indications que le traducteur a revues et augmentées éventuellement pour le lecteur français. Mais, par exemple, on ignore si Rowling a collaboré avec l’auteur, combien de fois elle l’a rencontré. L’a-t-il seulement rencontrée ? Le lecteur a plutôt l’impression qu’il s’agit d’un travail de compilation bien fait, mais sans données de première main venant de l’auteur confirmant les informations sujettes à caution. Dans bien des cas, les références sont trop succinctes. L’éditeur suisse, pour des raisons inexpliquées, n’a pas jugé bon de reproduire la bibliographie complète des sources de l’auteur (articles de presse, entre autres, et nombreux liens Internet), qui figure dans l’édition anglaise. Mais au moins les nombreux fans de Harry Potter auront à leur disposition un livre rassemblant en un ensemble cohérent nombre d’indications regroupées en chapitres et chronologiquement classées qui étaient jusqu’alors dispersées.


Le livre a le mérite de ne pas être apologétique et ne constitue pas une biographie officielle. L’auteur ne nous cache pas les tendances contradictoires de Rowling, ses changements de vie soudains, la faisant passer du travail solitaire et presque de l’ascétisme (si on veut bien faire abstraction de ses drogues, le tabac et le café, toujours consommés en grande quantité) à une vie beaucoup plus agitée, avec des sorties et des amies. L’image qui ressort de Rowling devient très différente de celle, aseptisée, qui figure à la fin des romans. Dépouillée des images d’Épinal romantiques chères aux mythomanes de l’artiste maudit, Rowling en sort plus humaine et plus vraie que la légende de la littéraire qui vit, misérable, pour devenir brusquement un phénix à partir d’une idée venue par illumination un jour de blues...


L’auteur a essayé, avec un bonheur inégal, de trouver des rapprochements entre les conditions d’existence de Rowling et les éléments qui se trouvent dans son œuvre. Sa tâche a été facilitée par ces innombrables lecteurs un peu maniaques qui passent leur temps à rechercher les liens les plus tenus entre le monde de Potter et une réalité souvent interprétée. Sean Smith accorde de l’importance aux lectures de Joanne enfant et adolescente, et fournit des détails intéressants sur ces auteurs, compléments utiles à ceux qui se sont limités au monde sorcier : Les Mondes magiques de Harry Potter de David Colbert (Le Pré aux Clercs) et Le Livre de l’apprenti sorcier, un guide du monde magique de Harry Potter d’Allan et Elizabeth Kronzek (L’Archipel). Le livre est surtout indispensable aux amateurs parce qu’il braque le projecteur sur Joanne K. Rowling, une femme au moins aussi passionnante que son héros.


J. K. Rowling, la magicienne qui créa Harry Potter, Sean Smith. Ed. Favre. Traduction : Jean-Daniel Pellet. 282 p.


Roland Ernould






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