SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No102
103
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  S à Z -  The Phone
"The Phone"
de Lee Yu Jin

Interprété par Ha Ji Won
Kim Yu Mi
Choi Wu Je
Eun Seo Wu
Corée / 104 minutes / 2002.

Verdict : 7 / 10

Résumé

Une jeune femme reçoit de mystérieux coups de téléphone sur son portable qu’elle attribue à un maniaque. Lorsque sa jeune nièce répond à un de ces appels, son comportement change dramatiquement. Effectuant son enquête, la jeune femme découvre que toutes les personnes ayant précédemment possédé son numéro de mobile sont décédées dans des circonstances mystérieuses.

Critique

Voici un nouvel exemple de fantastique coréen de bon niveau. Certes on peut reprocher au film d’emprunter des sentiers déjà balisés par des films tels que "Ring", "The Eye" ou la trilogie "Whispering Corridors" (dont on connaît ici le second volet, à savoir "Memento Mori") mais le film possède ses propres qualités. Et ses défauts. Il commence très fort par une efficace scène d’angoisse dans un ascenseur mais l’épouvante semble constituer davantage un moyen qu’une fin pour le cinéaste et ce "Phone" s’éloigne rapidement de cette volonté frissonnante pour privilégier le drame intimiste.
Les personnages sont assez efficacement croqués, en soulignant des détails inhabituels dans le cinéma de genre, comme l’impossibilité pour une des protagonistes d’enfanter et son recours désespéré à une mère porteuse. Ou encore cette attirance très oedipienne d’une fillette pour son père adultère. Comme souvent dans le fantastique asiatique récent, la clé de l’intrigue se trouve dans une histoire d’adultère sordide. Le scénario n’est donc pas particulièrement original mais il fourmille de détails intéressants et fonctionne sur une narration très éclatée multipliant les flash-back et les sous-intrigues au risque de perdre le spectateur, surtout dans son second tiers où l’intérêt retombe parfois.
Le spectateur doit donc s’accrocher pour suivre les non-dits, ellipses et allusions du script, ce qui peut paraître désorientant pour les habitués des productions américaines au déroulement linéaires dans lesquelles chaque élément important est souligné à gros traits, voire répété ad nauseam.
Le final retrouve - enfin ! dirons certains - une atmosphère beaucoup plus tendue et recèle quelques belles idées poético-horrifiques comme ce cadavre emmuré dont les cheveux ont continués à pousser jusqu’à former une sorte de toile d’araignée au centre de laquelle on trouve un...téléphone portable encore fonctionnel.
Voici donc une production intéressante mais très inégale - un peu languissante parfois - servie par une réalisation efficace mais sans esbroufe superflue. Par contre on louera les qualités d’interprétation de l’ensemble de la distribution et particulièrement de la très jeune Eun Seo Wu, laquelle livre une prestation absolument tétanisante. On imagine difficilement un réalisateur occidental proposer à une actrice aussi jeune (on lui donne environ 7 ans) un pareil rôle sans songer au traumatisme possible sur son développement futur. Sans le moindre effet spécial et en usant uniquement de son talent, Eun Seo Wu livre tout simplement la performance la plus hallucinante qu’il m’ait été donné de voir sur le thème de la possession.
En résumé, une bonne approche d’un fantastique original qui se réfère à une mythologie différente, possède ses propres clichés horrifiques et bénéficie d’une narration complexe (parfois trop) et d’acteurs (enfin surtout d’actrices !) excellents.

Pizzoferrato Fred



Retour au sommaire