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  Sommaire - Films -  A - F -  Downton Abbey (Id.)
 


Réalisateur : Michael Engler
Scénariste : Julian Fellowes
Avec : Michelle Dockery, Hugh Bonneville, Maggie Smith, Laura Carmichael, Max Braun.
Distribué par Universal Pictures International
122 mn - Sortie le 25 Septembre 2019 - Note : 8/10

Qui connait « Downton Abbey » ? Quasiment tout le monde, au moins de nom ; maintenant, le sujet attire moins qu’un « Game of Thrones », c’est certain. Mais de 1999 à 2015, « Downton Abbey » fit un carton –même aux USA, paradoxal pour une histoire complètement définitivement british ! -, les producteurs décidant son arrêt en plein succès toujours présent, ce qui parfois s’avère un choix judicieux, un peu comme une disparition soudaine en lieu et place d’une mort lente et longue pour une star : le souvenir demeure celui du plaisir toujours présent, aucune lassitude, et aucune fin frustrante. Dans ce cas-là, l’excellent « Banshee » le prouva récemment. Et donc, « Downton Abbey » également –même si selon certains fans, on sentait venir la fin… -, et pour contenter le public, on parla d’un éventuel film à venir… 4 ans plus tard, le « rêve » est devenu réalité, « Downton Abbey » se (re)découvre en long-métrage, et qu’on soit fans, qu’on replonge enfin dans cet univers, ou qu’on le découvre pour la première fois – comme l’auteur de ces lignes, hé oui, mais c’est important de le signaler pour ce qui va suivre…-, le résultat est là : excellent, différent de la production actuelle, savoureux, un régal, tout simplement !
Après la première guerre mondiale, la famille Crawley, résidente de la magnifique propriété de Downton Abbey, revit et continue son quotidien, sur la famille, gérer le domaine, partager son quotidien avec le personnel. C’est alors qu’une nouvelle tombe : le couple royal, George V et sa femme Mary, en visite dans la campagne du Yorkshire, feront une halte d’une nuit à Downton Abbey. C’est le branle-bas de combat, accentué par le fait que le couple vient avec son propre personnel. Pour les résidents de Downton Abbey, qu’ils soient personnels ou châtelains, le combat sera le même : seuls eux auront le droit de recevoir le Roi et la Reine, avec tous le respect leur étant dû, pour faire de cet évènement un souvenir extraordinaire, qui rappellera également l’ensemble des petits bouleversements que cela va causer, pour le bien de chacun.
On peut craindre le pire – et là, c’est le novice qui parle – d’une telle hsitoire so british, très bavarde, avec cet espèce de mise en place de règles sociales sorties d’un autre univers, le tout tiré d’une série où si on n’en a pas vu ne serait-ce que 6 secondes, on en comprenne rien. Et rien de tout cela, très vite, les personnages prennent leur place, dans l’histoire, dans la géographie de l’espace de Downton Abbey (autre nom d’un château simplement étourdissant qui existe vraiment, incroyable !), dans ce rapport de castes, dans l’équilibre qui au fil des années s’est installé entre chacun quel que soit son statut. On pouvait craindre un épisode TV trop long, très TV justement : re-belote, c’est du cinéma, les moyen sont là, on prend plus de temps à soigner la mise en scène et la réalisation, et surtout à sortir de la « petite lucarne ». Et très vite, on se laisse aller à remonter le temps, avec une histoire étonnamment variée, et riche, touchant plusieurs sujets, même actuels mais qui devaient donc déjà exister à l’époque – l’homosexualité se vit cachée -, des personnages passionnent plus que d’autres mais chacun y trouve son compte et son intérêt, et l’ensemble prend une vie inédite, palpitante, foisonnante, n’en oublie pas d’être lucide sur cette microsociété, arrive même à émouvoir via une love-story des plus jolies, drôles via certains caractères, et donne aussi un très grand rôle à Downton Abbey elle-même : être le théâtre d’une époque qui n’est plus, excessive sur certains points, mais qui vivait très bien son temps en mélangeant beaucoup pour un résultat plus équilibré qu’on ne le pense. Alors oui, on peut ne pas connaitre une série TV et découvrir son univers sur grand écran via une tranche de vie. « Downtown Abbey » le prouve, c’est du très bon cinéma d’un autre temps, avec des dialogues dignes de ce nom, et moderne, humain, une cure de Jouvence bienvenue, par ces temps de superhéros qui aseptisent le cinéma… Si, si.

Stéphane THIELLEMENT

Chronique de Françoise Toquet

Nous sommes en 1927 et nous suivons l’itinéraire d’une missive provenant de Buckingham Palace jusqu’à sa destination, Downton Abbey demeure des Crawley. Ceux-ci vont vivre l’événement le plus important de leur vie : la visite du roi et de la reine d’Angleterre. Tout le monde s’y prépare fébrilement, les ordres fusent et Lady Mary Crawley (Michelle Dockery) ira jusqu’à faire appel à l’ancien majordome Carson (Jim Carter) maintenant à la retraite.
Mais cet événement ne tardera pas pas à déclencher scandales, intrigues amoureuses et manigances qui pèseront sur l’avenir même de Downton.
Après le succès phénoménal de la série télévisée, le challenge pour ce long métrage était que le film soit autant apprécié des fans comme des spectateurs découvrant cette demeure avec une histoire où tous les personnages puissent être impliqués.
Le réalisateur Michel Engler a parfaitement su assumer la responsabilité de ce projet ambitieux. La réalisation est très soignée avec une reconstitution historique parfaite, (Notons la Royal Horse Artillery avec environ 80 cavaliers à cheval) des costumes exceptionnels jusque dans les moindres détails, des robes sublimes. Tout est bien rythmé avec un humour très « british » et des répliques très savoureuses.
Le contexte politique et social (on est quelques années après la 1ère guerre mondiale) est très bien décrit. L’attachement d’une famille à son nom, ses terres, la monarchie. Tout est hyper hiérarchisé tant dans la famille que pour les domestiques avec à leur tête un majordome Mr Carson (Jim Carter) qui contrôle tout dans les moindres détails.
D’ailleurs le casting est d’un très haut niveau. Notons la présence de la grande actrice Maggie Smith dans le rôle de la comtesse douairière de Grantham, farouchement attachée aux traditions, de celle de Michelle Dockery qui joue une Lady Mary Crawley très froide mais cherchant toujours la perfection ainsi que Imelda Staunton (Lady Maud Bagshaw) que l’on connaît et admire depuis longtemps.
Ce film traite de sujets comme l’héritage, la nostalgie du passé, les conflits, les épreuves, la hiérarchie à la verticale en ce début du 20ème siècle mais l’on s’aperçoit, presque 100 ans plus tard, que les choses n’ont pas vraiment changées puisque, certes dans un autre contexte nous avons toujours les mêmes préoccupations.
Cette adaptation est vraiment très réussie et ce film réjouira par la beauté des décors et des costumes tout le monde, les fans de la série comme les autres car on y rit aussi beaucoup grâce à cet humour so british.

Françoise Toquet

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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